. K comme Kit (Atlanta 1996)
"Offerts" à la ville de Cola-Cola, les Jeux Olympiques d'Atlanta ont été historiquement les premiers JO gigantesques et démontables de l'histoire. Après un crochet par la chaleureuse Barcelone, ville de Juan Antonio Samaranch, alors patron du CIO, les JO se sont tournés vers la toute puissance américaine et la capitale de la Georgie. En quatre ans, le "village" s'est transformé en "mégalopole" pour le meilleur et pour le pire. Réussis d'un plan strictement sportif, les Jeux Olympiques d'Atlanta laissèrent un drôle de goût dans la bouche car hyper-sécurisés - ce qui n'empêcha pas un attentat - et rationnels au possible puisqu'un site tel que le stade Olympique a commencé sa mue dès la cérémonie de clôture achevée. Transformée en stade de base-ball, l'enceinte - qui avait vu les prestigieux records du monde du 100 mètres et du 200 mètres battus par Donovan Bailey et Michael Johnson - a disparu presque aussi vite qu'elle était sortie de terre. Les premiers Jeux en kit de l'histoire.
. L comme Lewis (Los Angeles 1984)
Carl Lewis est assurément le plus grand athlète de l'histoire des Jeux Olympiques. Médaillé lors de quatre éditions consécutives, le sprinteur/sauteur en longueur a réussi son chef d'œuvre à Los Angeles en 1984. Ses premiers Jeux, puisque le boycott de 1980 l'avait privé d'édition moscovite, King Carl les a réussis de A à Z. Arrivé avec l'ambition d'égaler les quatre médailles d'or de Jesse Owens, dimension politique et symbolique en moins, l'athlète du Santa Monica Track Club a réalisé une razzia en écrasant ses adversaires sur 100 mètres, dominant le saut en longueur, pulvérisant la concurrence sur 200 mètres et en égalant le record du monde du 4 x 100 mètres pour le dessert. De Séoul à Atlanta, King Carl décrochera cinq autres médailles d'or (et une d'argent). Légende.
. M comme Médailles (Saint-Louis 1904)
Si l'important est de participer, revenir des Jeux Olympiques avec une médaille autour du cou reste un moment unique dans une carrière d'athlète. C'est le cas depuis... 1904, date de l'intronisation des breloques dans le cérémonial d'après-compétition pour le vainqueur (or), son dauphin (argent) et troisième (bronze). Force est de constater que la tradition a perduré. Et ce sont les Etats-Unis qui possèdent la plus belle collection. Et de loin. Au tableau des médailles, le pays compte 2297 récompenses glanées lors des Jeux d'été. Plus du double de... l'Union Soviétique, qui n'a plus voix au chapitre depuis plus de deux décennies. Les Etats-uniens peuvent dormir sur leurs deux oreilles.
. N comme Nurmi (Anvers 1920)
Le plus grand athlète d'avant-guerre participe à sa première course olympique à Anvers, où il lance sa fantastique pèche aux breloques. En Belgique, il décroche le 10.000 mètres, le cross individuel et par équipe, ainsi que l'argent sur 5000 mètres. Au total, Paavo Nurmi, c'est 9 titres olympiques. "Le Finlandais volant" aura régné sur le fond mondial durant plus d'une décennie et aurait même pu aller chercher le marathon à Los Angeles si l'IAAF ne l'avait pas suspendu en 1932, en raison des revenus qu'il générait. Devenu professionnel, Nurmi aura été privé de la sortie qu'il souhaitait et que son exceptionnel talent méritait. Longtemps, Nurmi fut l'athlète le plus médaillé de l'histoire des Jeux et une machine sans limite, comme en témoignent ses cinq titres obtenus à Paris en 1924. A Amsterdam, la sortie fut plus discrète avec deux médailles d'argent sur 3000 mètres steeple et 5000 mètres et, tout de même, un dernier sacre sur 10.000 mètres. Pour la fine bouche.
. O comme Owens (Berlin 1936)
Jamais un triomphe n'aura eu plus valeur de symbole que celui de Jesse Owens, à Berlin en 1936. L'Allemagne est tombée dans les bras d'Adolf Hitler et du nazisme depuis trois ans quand les Jeux Olympiques font escale dans la capitale. Cette édition, dont l'Allemagne a hérité avant la prise de pouvoir du Führer, est l'occasion rêvée pour le régime de réaliser une démonstration de force, faire la propagande du nazisme et de la race aryenne. Pari globalement réussi et immortalisé par la caméra de Leni Riefenstahl. À un détail près, de taille : un athlète noir, Jesse Owens restera dans l'histoire comme l'homme de cette édition. Vainqueur de quatre titres (100 mètres, 200 mètres, saut en longueur et 4x100 mètres), le natif d'Oakville est le plus probant démenti aux thèses racistes d'Adolf Hitler. Sa place dans l'Histoire dépasse le simple cadre du sport.
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