Zéro pointé

Zéro pointé - Jeux olympiques - Londres 2012AFP

Sur les 16 sports qui avaient ramené au moins une médaille à la France à Pékin, quatre ont quitté Londres sans le moindre podium. Gros plan.

ESCRIME: REPARTIR DE ZERO
Pékin 2008: 4 médailles, 2 en or
Londres 2012: 0 médaille

Un constat douloureux et un chantier immense. Des quatre sports cités ici dont l'échec a été patent, celui de l'escrime est évidemment le plus symbolique. On a souvent loué, à juste titre, à quel point l'escrime était un moteur de l'équipe de France olympique. L'échec londonien n'en est que plus douloureux. Pour tout dire, nous l'avions écrit ici, nous le redoutions, mais sans imaginer l'ampleur du fiasco. L'absence de médailles n'est pas une totale surprise, dans la mesure où les Bleus n'étaient présents que dans deux épreuves par équipes et, surtout, souffraient d'une absence de leaders en individuel. Mais la faiblesse d'ensemble des résultats (pas un seul demi-finaliste, un seul quart de finaliste en individuel !) dépasse les scenarios les plus pessimistes. L'internationalisation de l'escrime est une réalité, mais elle constitue une réponse trop courte. L'Italie, nation traditionnelle elle aussi, a su s'adapter. Elle a bouclé ces Jeux avec sept médailles dont trois titres. L'escrime française s'est voilé la face depuis trop longtemps. Le déclin a été lent mais réel depuis plusieurs années. Certains arbres (l'épée masculine notamment) ont caché la forêt. Aujourd'hui, c'est toute une façon de fonctionner qui doit être repensée, des athlètes aux dirigeants en passant par les staffs. Faute d'avoir entrepris sa mue quand il était encore temps, la France doit maintenant repartir de zéro...

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BOXE: AU BORD DE L’ECOEUREMENT
Pékin 2008: 3 médailles
Londres 2012: 0 médaille

De ces Jeux, on retiendra évidemment les larmes de colère d'Alexis Vastine, dont la rage et le désespoir après son élimination injuste en quarts de finale ont pris aux tripes tous ceux qui ont assisté à cette scène. Un drame personnel pour Vastine, mais aussi une catastrophe pour l'équipe de France de boxe qui comptait sur son poids mi-moyen pour sauver ses Jeux. Pour la première fois depuis Atlanta en 1996, les boxeurs tricolores sont rentrés bredouilles des JO. A Sydney, Athènes et Pékin, ils avaient cumulé six médailles.  Pour Vastine, mais aussi pour Nordine Oubaali (battu en quarts de finale lui aussi en 52 kg) et Jérémy Beccu (en 16e de finale des -49 kg), la France a ressenti un fort sentiment d'injustice. On a même été jusqu'à parler de "vol" et de "malhonnêteté" dans le staff tricolore. La sanction en boxe amateur est terrible. Les Jeux sont tous les quatre ans. Un échec n'a évidemment pas la même portée que chez les pros où la notion de deuxième chance est plus concrète. On peut donc comprendre la détresse d'un Vastine, qui a remis pour la deuxième fois, pour son plus grand malheur, son destin olympique entre les mains aléatoires des juges. Oubaali, lui, s'est carrément dit "dégoûté" de la boxe amateur. "Soit je passe pro, soit j'arrête", a-t-il confié. Les Français n'ont pas été les seuls à se plaindre de décisions arbitrales douteuses. Reste que, à l'exception de Vastine et Oubaali, cette équipe de France ne possédait pas la même densité de talents que ses devancières. A Pékin, il y avait, déjà, eu des décisions contestables et d'ailleurs très contestées, mais la France avait tout de même décroché trois médailles.

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HALTEROPHILIE: LOIN DES OBJECTIFS
Pékin 2008: 1 médaille
Londres 2012: 0 médaille

La déception n'est évidemment pas du même niveau que pour l'escrime. L'haltérophilie, en France, n'est plus une discipline pourvoyeuse de médaille depuis longtemps. Mais l'argent récolté par Vencelas Dabaya à Pékin en 2008 (la première médaille pour l'haltérophilie tricolore depuis... 1976) avait constitué une réelle embellie que Londres, malheureusement, n'a pas confirmé. On peut parler d'échec dans la mesure où la Fédération tablait sur deux médailles. Mais en -69 kg, Vencelas Dabaya et Bernardin Kingue Matam ont tous les deux raté leurs trois premiers essais à l'arraché et n'ont donc pas été autorisé à participer à l'épaulé jeté. Quelques jours plus tard, même désillusion pour Benjamin Hennequin en 85 kg. Lui non plus n'a pas réussi à soulever la moindre barre. Un peu comme en escrime, au-delà de l'absence de podiums, c'est cette faiblesse collective qui laisse un goût amer. Chez les filles, Mélanie Bardis, 7e à Pékin, a terminé à la 10e place. Difficile de parler de note positive. Il va maintenant falloir reconstruire dans l'optique de Rio. 

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TIR A L'ARC: UN SIMPLE COUP D'ARRET?
Pékin 2008: 1 médaille
Londres 2012: 0 médaille

Le cas du tir à l'arc est plus proche de celui de l'haltérophilie que de l'escrime, dans le sens où ce sport ne compte pas parmi les gros fournisseurs de médailles. Mais après le bronze ramené de Pékin par les filles dans l'épreuve par équipes, l'objectif était de confirmer à Londres afin de ne pas revivre la même disette qu'après le titre de Sébastien Flute à Barcelone en 1992. Cette fois, les plus gros espoirs reposaient sur les garçons, toujours dans l'épreuve par équipes. Classés à la deuxième place mondiale, les Français avaient largement les moyens de monter sur le podium. Leur défaite contre le Mexique, en quarts de finale, a donc constitué une énorme déception. "C'est notre pire score de l'année", a d'ailleurs regretté Thomas Faucheron. En individuel, le podium était plus difficile à atteindre. Bérangère Schuh, quart-de-finaliste, a fait un bon tournoi, mais la marche supérieure était un peu trop haute pour elle. Romain Girouille, chez les messieurs, a déçu en disparaissant d'entrée. Reste Gaël Prévost. Le benjamin de la troupe, du haut de ses 18 ans, a atteint les huitièmes de finale, où il s'est incliné d'extrême justesse face au champion olympique en titre. Il a payé son inexpérience, mais en s'installant d'ores et déjà dans les dix meilleurs mondiaux, il a pris date pour l'avenir. Si le bilan londonien est décevant et frustrant, il porte tout de même en lui quelques raisons d'y croire.