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JO Sotchi 2014 - Didier Gailhaguet (FFSG) : "J'ai manqué de vigilance"

Gailhaguet : "J'ai manqué de vigilance"
Par AFP

Le 22/02/2014 à 15:08Mis à jour Le 22/02/2014 à 20:34

Didier Gailhaguet, le président de la Fédération française des sports de glace, assume du bout des lèvres le troisième zéro pointé olympique consécutif.

. 0 médaille

"Le bilan comptable est très vite fait, y a pas de quoi pavoiser, on ne peut pas être satisfait, c'est évident. Constater que nous sommes un grand pays de ski ludique, oui. Je dis bien ludique. Un petit pays de glace, oui. C'est une réalité. Aujourd'hui, tout le monde cherche à me faire assumer tous les résultats. Pour certains, j'en suis responsable mais pour d'autres non. En 98, j'étais à la Fédération et c'est le record de médailles, on en a fait 3. Celui de 2002, c'est aussi le mien, on avait une en or, c'était pas formidable mais bien. En 2006 je ne suis pas là. En 2010, je venais d'arriver en 2009. Celui de Sotchi je l'assume totalement. Je suis complètement solidaire de mes athlètes et de façon indéfectible".

. A qui la faute ?

"Nous avions ici trois chances de médaille, trois possibles. Il y avait Péchalat/Bourzat, on n'en est pas loin. Il y avait le team event (épreuve par équipes, NDLR) où il y a eu l'erreur du couple, Florent [Amodio] qui ne s'est pas donné à fond et on se retrouve 6e à un point. Et il y avait Alexis Contin. Une médaille n'aurait pas fondamentalement changé le bilan comptable de la Fédération. Je me pose donc la question : pour vivre les Jeux olympiques heureux, ne vaut-il pas mieux les vivre à la télévision comme le font d'autres. On a commis des erreurs, je les assumerai, seul. On ne juge pas une action fédérale sur une quinzaine olympique mais sur quatre ans. Je laisserai au mois de juin une fédération politiquement stabilisée avec des problèmes juste avec deux clubs".

. Un président en cause

"Considérer que je suis le seul responsable de tout y compris de la manière dont patine les athlètes, c'est comme si on jugeait l'action de Luc Tardif à la tête du hockey où il a fait des choses formidables, exclusivement sur le fait de manière négative parce que son équipe de hockey ne s'est pas qualifiée. Comment une fédération organisée en confédération de 10 sports dont 8 olympiques, modeste en taille avec 30 000 licenciés, avec des disciplines sans équipement, un budget de 4,5 millions d'euros, à savoir celui des partenaires de la fédération de ski ou celui de la seule fédération de patinage artistique de la Chine peut lutter ?"

. Des erreurs

"Je le sais par coeur et pourtant je me fais avoir à chaque fois, quand tout va bien, tout ne va pas tarder à aller mal parce qu'on est Français ! Oui, j'ai manqué de vigilance. Mais j'ai été pris par l'euphorie de bons résultats. J'aurais pu jouer l'omnipotent président. Et maintenant on va me reprocher d'avoir laissé faire la direction technique nationale ! Ou je suis un dictateur ou je suis un laxiste mais je ne peux pas être les deux ! La Fédération est stabilisée économiquement. Il y aura une prochaine équipe avec un nouveau président, un nouveau DTN. Ne me refilons pas la responsabilité des Jeux Olympiques depuis leur naissance!

. Des circonstances

"Parmi les concours de circonstances négatives, nous avons eu notre lot de blessures. Il y a aussi une deuxième explication à cet échec, c'est la transition entre deux générations d'athlètes. La nouvelle est encore en devenir. On peut parler de Méité, Lepape, James et Ciprès, les bobeurs. Et l'ancienne. Brian est venu, il a rugi un dernier programme court d'anthologie mais sa carrière était derrière lui, tout comme Nathalie [Péchalat] et Fabian [Bourzat]. Thibaut Fauconnet a plus d'années derrière lui que devant. Et puis des erreurs de stratégies sportives. Pourtant depuis quatre ans, nous avons remporté 56 médailles dans des grands championnats. Et ce dans toutes les disciplines. Nous avions des indicateurs au top, pourquoi aurions nous changé à ce moment là ?"

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