Vincent Vittoz : "La médaille du relais a une histoire"

Vittoz : "La médaille du relais a une histoire"

Le 27/02/2014 à 11:48

De notre partenaire nordic MAGAZINE

Vincent Vittoz, consultant pour Nordic Magazine durant les Jeux olympiques, dresse un bilan plutôt élogieux des performances françaises à Sochi. Le champion du monde 2005 souligne aussi les dominations russe et norvégienne dans les épreuves de distance...

A Sochi, le roi et la reine sont Dario Cologna et Marit Bjoergen

"Je ne suis pas franchement étonné par Cologna car il est arrivé encore bien préparé malgré un mois de novembre sans compétition. Il a maintenu son niveau physique par différents moyens (fauteuil handisport, piscine…) et dès le mois de janvier, il a retrouvé un bon niveau et des sensations en compétition. Avec de la fraîcheur, il est arrivé disponible sur ces Jeux et sans doute revanchard.

Concernant Bjoergen, elle a réussi ses Jeux avec des profils qui lui convenaient bien, des mass-start où elle pouvait jouer sur sa puissance. Malgré tout, je crois qu’elle pouvait afficher six médailles ! Elle en a été empêché par quelques petits couacs, notamment matériel… Je retiens aussi le titre de Kowalczyk en classique et l’énorme performance de Charlotte Kalla très impressionnante sur son retour lors du relais. La Suédoise a fait de grands JO… sans doute mieux que Therese Johaug qu’on pouvait attendre comme dauphine de Bjoergen."

Des Jeux historiques pour le relais français

"Historique oui, comme en 2006 avec la médaille de Roddy Darragon ! Comptablement parlant, on reste sur une médaille mais c’est vrai qu’une médaille en relais montre le travail d’une équipe, la force d’une nation. J’ai vécu ce relais au bord de la piste : c’était une grande chance, avec beaucoup de stress, et à la fin une délivrance et un immense bonheur.

Ils ont fait le job mais c’est vrai que ce relais a une histoire : 10 ans après la victoire de La Clusaz ! Manu Jonnier et Alexandre Rousselet étaient aussi sur place, on a partagé ce bonheur ensemble. C’est le résultat d’une performance collective."

Des top 10 prestigieux pour les fondeurs et fondeuses

"Ils ont fait beaucoup de places d’honneur : ça montre leur capacité à être présent sur les Jeux, comme cela avait été le cas en 2006 et 2010. Là, les top 10 sont plus nombreux ce qui me fait dire que le bilan Français est plutôt bon. Ces athlètes arrivent à maturité comme Robin, Jean-Marc, Maurice, Aurore et Coraline ; ils sont en pleine possession de leurs moyens. J’espère qu’ils seront capables de s’améliorer encore en vue des prochaines échéances comme les mondiaux de Falun en 2015. Les filles en relais peuvent le faire, Célia Aymonier va prendre encore de la maturité et progressé et c’est tant mieux pour le relais notamment. L’enjeu sera de rééditer ces belles places voire d’aller chercher mieux encore. Les Français seront attendus : il faudra se remettre en question."

Les Russes écrasent le 50 km…et les Norvégiennes le 30 km

Pour moi, ce sont les deux plus grandes nations du ski de fond mondial avec deux énormes réservoirs ; d’un côté le sport national en Norvège, de l’autre un immense pays. Ce sera compliqué de rivaliser constamment avec ces nations mais par contre sur un 15 km skate c’est jouable quitte à faire des impasses, à se préparer vraiment pour un objectif.

En classique, on est encore un peu en retard même si niveau matériel on a progressé. C’est plutôt une approche culturelle à revoir, travailler ce style, la formation au niveau des jeunes… Dans le sport de haut-niveau, il faut du temps pour trouver des solutions.

Photos Agence Zoom

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