Jeux olympiques - Vancouver 2010
19/01/2010 - 11:45Rétro JO: Garmisch 1936

Avant l'ouverture des XXIe Jeux Olympiques d'hiver, le 12 février à Vancouver, nous vous proposons de revivre quotidiennement les 20 éditions précédentes.Suite de cette saga avec l'édition 1936, organisée à Garmisch-Partenkirchen.
AU COEUR DES JEUX
Si les Jeux d'été de Berlin ont été ceux de la propagande nazie, quelques mois plus tôt, les Jeux d'Hiver de Garmisch-Partenkirchen ont servi de répétition générale. Leur organisation est confiée à Goebbels, le ministre de la propagande qui voit grand et veut montrer au monde la supériorité allemande: stade de 100 000 places, piste de bobsleigh, infrastructures hôtelières, le IIIe Reich ne se refuse rien.
Lors de la cérémonie d'ouverture, la croix gammée est omniprésente. Accueilli par des spectateurs, le bras tendu, Hitler ouvre "ses" Jeux. Sans Pierre de Coubertin qui n'a pas souhaité faire le déplacement... Les images sont prises par les photographes allemands, seuls autorisés à couvrir l'événement. Pendant dix jours, Garmish-Partenkirchen accueille près de 235 000 personnes. Des trains spéciaux partent même de Munich toutes les 10 minutes pour rejoindre la station bavaroise.
Côté compétitions, le ski alpin fait son apparition. Mais un différend entre le CIO et la Fédération internationale de ski ferme la porte à la plupart des meilleurs skieurs européens. Le CIO interdit la participation des moniteurs de ski, considérés comme professionnels. Les épreuves se déroulent donc sans Autrichiens, ni Suisses qui les boycottent, une première dans l'ère olympique.
Contrairement aux JO de Saint-Moritz et Lake Placid, les conditions météorologiques, critiques avant le début de la compétition, sont idéales. Comme toujours, les Scandinaves dominent sans partage en ski de fond, combiné nordique et saut à skis. Côté tricolore, seul Emile Allais sauve l'honneur avec du bronze sur le combiné. Les valeurs olympiques plongeront ensuite dans l'ombre pendant 12 ans, le temps pour l'Europe de se reconstruire...
A SAVOIR
Nombre de nations: 28
Nombre de participants: 646 (80 femmes, 566 hommes)
Nombre d'épreuves: 17
Dates: Du 6 au 16 février 1936
Pays le plus médaillé: Norvège (15)
Nombre de médaille française: 1
Ouverture officielle: le Chancelier Adolf Hitler
Serment: Wilhelm Bogner
LA PETITE HISTOIRE
Lors d'une visite avant les Jeux, le comte Henri de Baillet-Latour remarque des panneaux qui indiquent "Interdit aux chiens et aux Juifs". Après une entrevue avec Adolf Hitler, qui rechigne d'abord à les enlever, le Président du CIO obtient gain de cause.
Pour la première fois, un feu symbolique est allumé dans le stade lors de la cérémonie d'ouverture, et un feu d'artifice tiré pour la clôture. Six nations font leur entrée: la Grèce, l'Espagne, la Bulgarie, l'Australie, le Lichtenstein et la Turquie.
Le Canada connaît son premier échec en hockey sur glace face... à des ex-compatriotes. Pour concurrencer les nord-américains, la Fédération anglaise décide de naturaliser des Canadiens d'ascendance britannique. Ils sont neuf sur la glace à venir à bout des Canadiens 2-1 pour remporter l'or.
LES HEROS
Ivar Ballangrud (Patinage de vitesse, Norvège)
Incontestablement, LE héros de ces Jeux. Trois médailles d'or, une d'argent, le patineur norvégien est le digne successeur du Finlandais Clas Thunberg, cinq fois titré. A Garmisch, Ballangrud veut prendre sa revanche sur les Américains qui avaient modifié les règles - départ groupé et non individuel - en 1932. Il y a parviendra en ne leur laissant que des miettes.
Pour un dixième de seconde, il l'emporte sur le 500 m d'abord, en égalant le record olympique. Dès le lendemain, il s'impose sur le 5000 mètres devant deux Finlandais. S'il se contente de l'argent sur le 1500 m, derrière son compatriote Charles Mathiesen, il remporte sa troisième médaille d'or sur 10 000 mètres avec en prime, un record olympique explosé.
Sonja Henie (Patinage artistique, Norvège)
Après 1924 et 1928, la Norvégienne remporte à seulement 23 ans, sa troisième médaille d'or consécutive à Garmish. Très populaire - la police doit parfois intervenir pour maîtriser la foule à son passage- la Fée de la Glace est sacrée dans une patinoire pleine à craquer. Elle trouve même les ressources pour remporter, seulement une semaine plus tard, un dixième titre consécutif de championne du monde, record toujours inégalé.
Oddbjorn Hagen (Ski de fond, Norvège)
Pour poursuivre la tradition des fondeurs multi médaillés, la Norvège a pu compter sur Oddbjorn Hagen en 1936 et ses trois médailles en quatre jours: une première d'argent en relais 4x10, puis une autre du même métal deux jours plus tard sur le 18 km individuel. Cette épreuve servira d'ailleurs au Norvégien pour s'adjuger l'or sur le combiné nordique. Malgré une modeste 16e place en saut à ski, son avance conséquente lui suffit pour monter sur la plus haute marche du podium.
Ernst Baier (Patinage artistique, Allemagne)
Architecte de son métier, le patineur artistique Ernst Baier s'est illustré à la fois en couple et en individuel à Garmisch. Accompagné de Maxi Herber, âgée seulement de 15 ans, il remporte le "shadow skating", ancêtre de la danse sur glace, aisément. Les deux allemands ont, il est vrai, bénéficié de l'aide de leur gouvernement pour se préparer. Leur programme fut filmé et la musique conçue spécialement par un compositeur.
Après cette médaille d'or, Ernst Baier remet ça le lendemain en s'adjugeant l'argent dans l'épreuve masculine derrière l'Autrichien Karl Schäfer. Il reste à ce jour le seul médaillé olympique allemand en patinage artistique chez les hommes. Il est aussi le seul de toute l'histoire olympique à être monté sur un podium en individuel et en couple.
LA MEDAILLE FRANCAISE
BRONZE (1)
Emile Allais (Ski Alpin - Combiné)
Quatrième de la descente, Emile Allais manque une double porte sur le slalom. Il remonte la pente et finit troisième malgré tout au classement final des deux épreuves. Le Haut Savoyard offre à la France, la seule médaille de ces Jeux, la première de son histoire en ski alpin.
Il deviendra ensuite l'une des figures de proue du ski français: triple champion du monde en 1937 (descente, slalom et slalom géant), théoricien ("Méthode française de ski"), entraîneur du Canada aux Jeux de 1948, créateur de pistes et de stations comme Courchevel, Portillo du Chili et Squaw Valley qui accueillera les Jeux de 1960...















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