Quatre jours après ses trente ans, Gévrise Emane a ajouté une ligne olympique à son palmarès pléthorique en récoltant une médaille de bronze en moins de 63 kg, mardi à Londres. La licenciée du Levallois Sporting Club s'inscrit ainsi dans une certaine continuité pour le judo français, puisqu'avant elle Priscilla Gneto, Automne Pavia et Ugo Legrand avaient obtenu la même récompense.
Favorite du tournoi, la quadruple championne d'Europe (2006, 2007, 2011 et 2012) et double championne du monde (2007 et 2011) a avoué à sa descente de tatamis avoir été stressé par son statut voire déprimée par l'enjeu, au point de se demander ce qu'elle faisait dans l'Excel londonien. D'un naturel explosif, la native de Yaoundé n'a jamais pu réellement se libérer au cours des cinq combats qu'elle a dû livrer. Quatre d'entre eux ce sont d'ailleurs achevés au golden score, les trois minutes de prolongation au judo qui suivent les cinq minutes réglementaires.
D'entrée, on a compris que la journée de "G" serait compliquée en la voyant dominer la Britannique Gemma Howell sans autrement concrétiser qu'à travers une pénalité pour manque de combativité de la locale, puis finalement une disqualification pour geste dangereux. Dominée, passée ensuite tout près de la correctionnelle contre la Cubaine Yaritza Abel Rojas, la Francilienne s'est sauvée dans les trois minutes du golden score en inversant la tendance dans l'esprit des arbitres.
Véritablement en sursis, la tête de série N.2 se montrait incapable de riposter aux initiatives de la Mongole Munkhzaya Tsedevsuren en quarts de finale, et se voyait orientée en repêchage par les juges. Sans donner le sentiment d'être heureuse sur le tapis, Gévrise Emane bénéficiait de la disqualification de l'Israélienne Alice Schlesinger mais dominait finalement la longiligne Sud-coréenne Da-Woon Joung pour la troisième place ex-æquo. Une médaille libératoire autant qu'étrange, sans la saveur d'un moindre point marqué sur une offensive. Sa première et dernière dans le monde de l'olympisme : elle vient d'annoncer qu'elle ne serait pas à Rio de Janeiro en 2016.



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