SON PHYSIQUE EN GENERAL : "Je ne suis pas le plus costaud de ma catégorie. Je suis plutôt longiligne. Néanmoins, j’ai un potentiel musculaire et physique qui est aujourd’hui suffisant pour battre les meilleurs. Cela prouve que ça n’est pas l’essentiel. Mais disons que j’ai une base musculaire primordiale. Quand j’ai changé de catégorie (NDLR : il est passé de 66 à 73 kilos), j’ai dû m’étoffer, j’ai dû prendre de la masse musculaire. Cela s’est fait naturellement sans que j’aie à travailler spécifiquement. Aujourd’hui, je suis arrivé à mon poids de forme. Je n’ai pas l’impression qu’il me manque quelque chose. Il faut juste que je continue de l’entretenir. Pour résumer, je suis bien avec ce que j’ai, mais il ne m’en faudrait pas moins."
LA TETE : "J’ai toujours eu l’impression que j’étais né pour faire du haut-niveau. Je ne l’explique pas. J’ai eu une espèce d’ambition démesurée, je ne doute jamais de moi, j’ai une énorme confiance en moi. Ça peut interloquer. Inconsciemment, j’ai aussi cette faculté à pouvoir distinguer des évènements importants de ceux qui le sont moins. J’ai tout connu lors des derniers Mondiaux, à Paris. Une immense déception, la plus grande de ma carrière, quand je perds en demi-finale. Le rêve d’être champion du monde s’effondre. Pour rien, sur décision des juges, et à Paris, en plus. J’ai eu l’impression de tout perdre. Je n’avais même plus envie de continuer. Je ne me suis pas reconnu. Des gens sont venus me voir pour me remettre les pieds sur terre. Avant cette défaite, je n’avais jamais pleuré en compétition. Et puis, j’ai su me remettre dedans pour aller chercher cette belle médaille de bronze."
LES YEUX ET LES OREILLES : "Avant tout, je regarde où mes mains vont se poser. En gros, ils me permettent d’être très concentré, précis dans mon travail au corps et de voir certaines failles chez mon adversaire. Les mains sont importantes, mais les yeux le sont encore plus. Tu sens le partenaire dans tes mains, mais nos yeux nous donnent aussi énormément d’informations. Les yeux servent aussi à bien gérer le combat, car le chronomètre tourne. Je ne le regarde pas souvent car je sais quel avantage au score j’ai ou je n’ai pas. En revanche, pour le temps, j’ai plus de mal. Je n’ai pas d’horloge interne. D’un match à l’autre, tu peux te dire : ‘Wouah, c’est passé super vite’ ou ‘Quelle horreur ! Il reste encore tout ce temps ?’ Les 20 dernières secondes d’un match, si tu es mené, tu les vois défiler super vite. Et a contrario, si tu es devant, ce sont les plus longues secondes de ta vie. Les yeux me servent aussi à voir mon coach. Parfois. Mais ce sont plutôt mes oreilles qui me servent dans ces moments-là. J’arrive à entendre LA voix qui doit me servir."
LES MAINS : "C’est mon point fort, depuis toujours. J’ai toujours eu de l’avance sur ça. Comme mon physique était toujours inférieur aux autres, j’ai eu des facilités dans ce domaine et je me suis rendu compte que je gênais beaucoup les autres. Mon coach, Daniel Fernandez, qui est le maître en la matière, m’a fait prendre des directions qui ne me plaisaient pas forcément, mais du haut de mes 15-16 ans, je ne pouvais pas trop l’ouvrir. Et aujourd’hui, je le remercie. Ça m’a permis de ramener de belles médailles. Après, comme tout judoka, mes doigts et mes ongles ont pris de sacrés coups. C’est là où je mets le plus d’attention, sur l'endroit où vont se poser mes mains. C’est ce qui dirige un match et te le fait remporter. Le judo commence avec le kumi kata : si tu n’as pas les mains posées, tu ne peux pas attaquer. Après il y a différents judokas : il y a ceux qui, à chaque reprise, vont les poser comme ils le sentent, un peu n’importe où. Et il y a ceux qui savent exactement où ils vont les mettre. Moi, je suis plus dans ce registre-là. A chaque reprise, je prends mon temps, je reviens à ma place et je sais exactement où ma main droite va aller dans quelques secondes."
LES BRAS : "Je ne m’en sers pas énormément. En fait, c’est la continuité de la prise de garde. Ils me permettent juste à déséquilibrer. Ce sont surtout mes doigts et mes mains qui font le gros du boulot. Dans le passé, j’ai souvent été blessé à l’épaule. Mais je ne saurais pas l’expliquer."
LES JAMBES : "J’ai des jambes assez longues. Quasiment toutes mes attaques sont des attaques de jambes. C’est une qualité chez moi. Les attaques de bras, je ne sais pas les faire. Mes jambes me permettent de développer mon judo, mon style. Elles ne sont pas très musclées, elles sont juste toniques."
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AFP





















