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Et si Riner poussait jusqu'en 2024 ?

Et si Riner poussait jusqu'en 2024 ?

Le 13/08/2016 à 08:47

JO RIO 2016 - C'est l'idée un peu folle avancée par le Directeur technique national du judo français. Si Paris obtient les Jeux de 2024, Teddy Riner pourrait être tenté de prolonger l'aventure jusque-là. En attendant, le désormais double champion olympique des lourds a déjà 2020 dans le viseur. Pour une troisième couronne. En terre japonaise.

En 2000, après son deuxième sacre olympique, David Douillet avait dit stop. Partir sur un triomphe. Ce n'était pas du cabotinage. Si son corps l'avait voulu, David le Goliath aurait prolongé sa carrière. Mais il ne le voulut point. Teddy Riner l'a rejoint vendredi dans la constellation des doubles champions olympiques des lourds. Mais lui ne s'arrêtera pas en si bon chemin.

Invaincu depuis huit ans en grand championnat dans sa catégorie, il n'est ni usé ni rassasié. Après tout, il n'a que 27 ans et si son corps ne l'a pas toujours laissé tranquille ces dernières années, il n'est pas cabossé au point de devoir, tel un Douillet, ranger le kimono en même temps que sa deuxième médaille d'or.

De retraite, il n'est point question pour le grand Teddy. Il n'a pourtant pas voulu évoquer le sujet à sa descente du podium. "Là, je n'ai pas envie d'y penser, a-t-il balayé. J'ai envie de partir en vacances, de souffler." En vacances, pas à la retraite. Jean-Claude Senaud, le Directeur technique national, n'a pourtant pas fait mystère des intentions de celui qui est désormais un monument du sport français. Oui, il a bien Tokyo 2020 dans son viseur. Arriver là-bas, au pays du Soleil-Levant, au pays du judo, en tant que double tenant du titre, voilà un défi à sa mesure.

" Même s'il n'avait qu'une médaille de bronze à Paris, ce ne serait pas grave, ce serait génial"

"Bien sûr qu'il ira concurrencer les Japonais chez eux en 2020, assure le DTN. C'est prévu." On l'imagine déjà excité à cette idée. "C'est le genre de trucs qu'il aime, le genre de défis dont il a besoin", poursuit Senaud. Comme il a besoin d'être titillé. La montée en puissance d'Harasawa, et les déclarations du Japonais, qui n'avait pas hésité à dire qu'il voulait être le premier à mettre fin à l'hégémonie rinerienne, avaient titillé le géant de Levallois. "Teddy est très satisfait que les autres combattants commencent à vouloir lui rentrer dedans. Il aime ça", explique Jean-Claude Senaud.

Teddy Riner versus Or Sasson

Teddy Riner versus Or SassonAFP

Il faudra évidemment voir comment se déroulera l'Olympiade qui va s'ouvrir. La précédente n'a pas été de tout repos pour Teddy Riner, souvent touché dans sa chair. A l'approche de la trentaine (il aura 31 ans à Tokyo), pas sûr que les choses se calment à ce niveau-là. Mais si le corps tient, et s'il demeure compétitif, mais ce second point n'a pas lieu d'inquiéter a priori, le Japon le verra et le judo nippon accueillera le double champion olympique sortant avec une envie décuplée de lui reprendre son bien.

Mais au-delà de Tokyo, Jean-Claude Senaud a évoqué un pari plus lointain encore, un pari un peu fou : celui de voir Teddy Riner achever sa carrière en… 2024, à Paris. Huit ans, c'est tout de même loin et pour l'instant ces Jeux n'appartiennent à personne, mais visiblement, l'idée reste dans un coin, bien au chaud, au cas où. "Normalement, il a prévu d'arrêter en 2021, explique le DTN du judo tricolore. Mais qui sait ? Si Paris a les Jeux de 2024… Après tout, ça ne fait que trois ans de plus. Si on lui aménage un peu le truc, pourquoi pas ? Même s'il n'avait qu'une médaille de bronze à Paris, ce ne serait pas grave, ce serait génial." Un peu fou, mais génial. Mais après tout, rien ne semble vraiment impossible avec lui. Alors…

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