Trois beaux champions !

Trois beaux champions !
le 31/05/2010 à 17:12

Samedi 29 mai 

Huit jours après les Européens, c’est le jour des trois autres grandes finales : les Anglais, l’Hémisphère Sud, les Français ; les Espoirs d’Agen ont manqué la leur, dimanche dernier, sur le stade de Malemort : deux petits points perdus contre leurs homologues de l’ASM ! Pourtant, la pénalité de Stéphane Guénin, à l’ultime minute, a bien failli faire mouche : distance O.K, mais quelques centimètres envolés, à gauche des poteaux ; c’est vrai que le tir du jeune ouvreur partait d’au-delà de la ligne médiane. Comme prévu, le duel à 3 et même 4 – Radolsjevic finit en 10 quand le jeune Chenut prit place derrière la mêlée des Jaunards – donna le tempo à la rencontre : Bales perçant pour, dans la foulée, une réalisation de Leka, Châteauraynaud inscrivant par la suite un essai plein d’opportunisme sur un drop dévissé de Lamoulie. A ce moment-là, à l’heure de jeu, nos Bleus menaient de 8 points mais le break ne dura que le temps d’un renvoi mal négocié – terribles renvois – à la chute du ballon et Rado, peut-être plus lent et moins brillant que ses vis à vis, se chargea en parfait stratège, de mettre les siens sur le chemin du Bouclier : 32-30.

Parmi les spectateurs, Jean-Marc Lhermet d’un côté, Christian Lanta et Christophe Deylaud de l’autre ; la preuve de l’intérêt des coachs pour les jeunes de leur club. Julien Malzieu et Thomas Domingo derrière les Jaunards mais pas de pros agenais – Max Carabignac est maintenant albigeois.- : petite déception. Par contre, pas mal de supporters des deux camps : mention très bien.

Emotion chez le Président de l’Association de l’ASM à la fin de la rencontre : ses Crabos venaient d’enlever le titre contre l’Aviron Bayonnais : «Jamais deux sans trois…nous aurons le Brennus, samedi prochain…» nous déclare t-il, la joie au cœur. A midi, à la table des dirigeants, en compagnie de Vivi Salesse, j’avais eu l’occasion d’échanger longuement avec le Clermontois ; son budget est le double de celui du SUA. Normal que la plupart des jeunes contactés par nos soins, un peu partout dans l’Hexagone, choisissent l’Auvergne ! Argent et Michelin mis à part, l’ASM fait un sacré boulot au niveau de la formation.

Cinq de nos jeunes vont se consoler de leur échec en disputant, en Argentine, le championnat du Monde des moins de 20 ans : Sylvain Abadie, d’abord auscitain, Alexi Bales, premiers pas à Fumel, Mathieu Lamoulie, débuts à Casteljaloux, Antoine Erbani et Brice Dulin, 100 % SUA seront nos représentants. Comment ne pas regretter la non sélection de Benjamin Pètre ? Sous la houlette de Christophe Deylaud, le bulldozer de Verdun a progressé tout au long de la saison ; il ne mérite pas sa mise à l’écart.

Malgré la défaite, les poulains du duo Jeannot Crenca et François Gelez n’ont pas à être déçus car leur saison ne fut pas loin d’être parfaite : l’année prochaine, la maîtrise en plus (un an de plus ) la mêlée plus forte, ils seront difficiles à …mettre à terre.

A 17 heures, les Bulls et les Stormers disputent la finale du Super 14. Avouons qu’un certain désenchantement nous a gagné lors des matchs de classement de cette épreuve longtemps exemplaire ; d’ailleurs le public ne s’y est pas trompé boudant beaucoup de rencontres. Par contre, les aficionados se retrouvent en masse pour le choc ultime. L’ayant déjà exprimée, je renouvelle mon inquiétude quant à la portion congrue réservée aux joueurs de couleur dans les deux équipes. Chez les Stormers, deux métis : De Jongh et Habana toujours aussi pertinent dans sa défense inversée ; sur la fin, la rentrée de Januarie derrière la mêlée. Chez les gens de Prétoria, rien que des blancs à l’exception de l’intégration d’un talonneur noir, à 5 minutes de la fin, quand le score est acquis. Autre gène, dans le stade, 90% des spectateurs de la finale – d’après les images TV – étaient de race blanche. Pourtant, nous étions à Soweto !  La population ci-dessus sera-t-elle inversée lorsque le ballon rond occupera le pré ?

Victoire logique des Bulls, énormes en mêlée, hyper organisés en touche – super Matfield - longues frappes de Steyn, Hougaard intenable mais sans doute en partie à cause de la domination de son pack, comment ne pas mettre en exergue la prestation de Du Preez capable de mettre ses camarades dans les intervalles, gros plaqueur, impeccable éjecteur, variant de temps en temps son jeu au pied, l’allongeant, le décroisant, le montant, jouant vite les touches, précisant les fautes à l’arbitre, faisant intervenir le juge de touche ? Dans ce match, la tête constamment levée, il nous aura sorti toute la panoplie du demi de mêlée de très haut niveau.

Deux heures après, pas loin de la copie conforme avec la prestation de Morgan Parra : sans son numéro 9, l’ASM l’aurait-elle emporté ? Quel engagement, quelle capacité à mobiliser ses partenaires ! En fin d’après-midi, DuPreez avait ménagé l’espace pour Hougaard ; en soirée, Parra fait de même pour Nalaga. Une crainte : j’ai peur que ce guide de haute volée, si joliment formé à Metz, ne nous tombe, un de ces quatre matins, sur un P….de troisième ligne, costaud comme un camion, un Burger ? – qui nous le détruise.

La finale, sur le plan du rugby, ne nous a pas laissé les mêmes sensations que les barrages et les demies. Beaucoup de physique mais que de maladresses ! A croire que les poignées de main de notre Roselyne aient rendu glissants les doigts des participants ! Ceux qui avaient le plus faim –c’est vieux comme l’Histoire du Rugby – ont su infléchir le cours des événements en leur faveur et nous avons eu du mal à retrouver l’USAP vorace de la demi finale et comme Jérôme Porical – trop adulé dans l’avant-match ? – n’a pas renouvelé sa performance au pied, c’est très logiquement, que Rougerie, capitaine et trois quart centre irréprochable, a rejoint Vercingétorix dans la légende. Dans son ensemble, l’Hexagone ovale se réjouit de cette prise de pouvoir qui récompense une somme de travail.

C’est avec beaucoup de peine que je quitte mes amis agenais ; en 3 ans, j’avais bâti, près de moi, un «mundillo» d’amis sûrs, simples, amoureux du rugby, généreux, sincères ; difficile de réprimer la petite larme à l’œil en filant le long de la rue Pierre de Coubertin. Certes, Max Carabignac, Romain Sola, et Sofiane Guitoune m’accompagnent dans le Tarn mais j’aurais préféré que ce soit ma chère voisine qui fasse route avec moi. Impossible de la décrocher de la rue Lavoisier : SUA, quand tu les tiens !