L’énigme curling

L’énigme curling
le 16/02/2010 à 23:02

C'est le moment tant attendu de ces Jeux. Celui dont le Canada entier rêve la nuit : le tournoi olympique de curling a commencé mardi. Enfin ! Dans un pays où ce sport est roi (1 million de licenciés), personne ne se pose la question de savoir s’il a sa légitimité aux Jeux Olympiques. Cet avis n'est que le mien mais je dois avouer que le curling m'étonne et que sa présence lors du grand rendez-vous quadriennal m’interpelle. Pour ceux qui ne savent pas de quoi il en retourne, voici une rapide description, sans doute caricaturale, j’en conviens. Le curling est un sport d'adresse dans lequel il faut mettre des pierres dans la maison, en s’aidant d’un balai. Grossièrement, une sorte de pétanque sur glace.

Né en Ecosse au XVIe siècle, le curling a eu deux vies olympiques. La première dès 1924. S'ensuivit un très long tunnel. Tunnel dont la discipline est sortie en 1988 à l'occasion des Jeux de Calgary... au Canada. Sport de démonstration jusqu’à Lillehammer, le curling est entré dans la famille des sports olympiques officiels à Nagano (1998).

Même si on a vu un Ethiopien (Robel Teklemariam) prendre part au 15km libre de ski de fond lundi, les Jeux d'hiver n'ont, par essence, pas la portée universelle des JO d'été en raison de la particularité des sports pratiqués. Néanmoins, on peut tout de même se demander s'il est bien raisonnable de consacrer sport olympique une discipline qui regroupe 94% de ses pratiquants dans un seul et même pays, le Canada. Le cricket, qui a récemment été adoubé par le CIO, peut désormais postuler afin d’entrer un jour dans le programme olympique. Même si les Jeux d’été sont surchargés, l’exemple du curling ne peut qu’encourager la fédération internationale de cricket (ICC) à le faire. Elle aurait tort de se priver.

Maxime Par MAXIME DUPUIS