Plutôt Crosby ou Ovechkin ?

Plutôt Crosby ou Ovechkin ?
le 17/02/2010 à 14:02



D'un côté, Sidney Crosby, alias Sid the Kid. 22 ans, numéro un de la draft 2005, vainqueur du trophée Hart (MVP) en 2007 et surtout de la Coupe Stanley avec Pittsburgh en 2009. De l'autre, Alexander Ovechkin, 24 ans, Alexander the Gr8, en référence à son numéro. Numéro un de la draft 2004, lauréat du Trophée Calder (rookie de l'année) 2005 et du Trophée Hart ces deux dernières années.

Ce sont les deux meilleurs joueurs du monde (même si Evgueni Malkin aurait son mot à dire) mais surtout les deux mégastars de la NHL. Leur rivalité est partie pour pimenter les dix années à venir, d'autant qu'ils s'apprécient modérément. Dur de choisir entre Rembrandt et Picasso, Mozart et Beethoven. C'est affaire de goût. Pour rester dans le domaine du sport nord-américain, c'est un débat à la Peyton Manning/Tom Brady. Sauf que dans le cas des deux stars de la NFL, trentenaires, leur longévité offre des éléments de comparaisons supérieurs. Sans que, pour autant, le débat ne soit tranché.

Alors, un débat sans fin? Peut-être, car il semble bien compliqué de départager les deux hommes. Mais difficile de résister à la tentation de poser la question qui agite tout les mordus de hockey, surtout avant ces Jeux Olympiques. A Vancouver, tout le monde annonce une finale entre le Canada de Crosby et la Russie d'Ovechkin. Tout le monde l'espère. Nous aussi.

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Crosby ou Ovechkin ? Vous êtes sérieux là ? Sidney Crosby évidemment. Il faut être aveugle pour ne pas voir que le gars est un phénomène. LE phénomène. Crosby, c'est un hockeyeur comme on en croise que trop rarement dans une vie. En tout cas, à Pittsburgh et du côté du Canada, personne ne se pose la question. Sidney Crosby est né avec une crosse dans les mains. Mieux, elle a été greffée à ses poignets. Phénoménal et attendu depuis son plus jeune âge, Crosby n'a jamais cédé à la pression. Un peu à l'image d'un LeBron James en basket, on parlait de lui avant même qu'il ait atteint l'âge d'en découdre sur la glace avec les professionnels.

Arrivé en NHL à 18 ans, Sidney Crosby n'a jamais déçu les observateurs et, franchement, le Canada espère que ça continuera durant le tournoi olympique dont le Canada est, avec la Russie, l'immense favori. Gagner à Vancouver avec l'équipe à la feuille d'Erable serait la consécration ultime et clorait le débat. Si tant est qu'il soit ouvert... Sérieusement, quand on est capitaine des Penguins à cet âge-là, que l'on a déjà remporté une Coupe Stanley (ce que Ovechkin n'a pas encore fait accessoirement...), que l'on fait preuve d'un tel talent et d'une telle créativité, difficile de trouver à redire. Certes, le Canadien est moins puissant que le Russe et, en un-contre-un, aurait du mal face à Ovechkin. Mais, jusqu'à preuve du contraire, le hockey sur glace se joue en équipe...

Cette saison encore, Sidney Crosby est au niveau. Auteur de 42 buts en NHL, le numéro 1 de la draft 2005 a déjà atteint la meilleure marque de sa carrière. Parti sur un drôle de rythme, le Canadien devrait, à cette vitesse, terminer la saison régulière avec 56 buts au compteur. A Pittsburgh, seuls Mario Lemieux et Jaromir Jagr ont fait mieux dans l'histoire de la franchise. Ovechkin, qui a déjà inscrit 65 buts en une saison, ne sera pas impressionné. Le Russe est un immense buteur. Crosby, lui, est tout simplement un immense joueur.

MaximeMaxime DUPUIS



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J'avoue qu'entre les deux spécimens, mon cœur penche à l'Est. Crosby est effectivement un fabuleux playmaker et je n'ai pas grand-chose à répondre à ceux qui assènent que Sid the Kid, lui, a déjà une Coupe Stanley en poche. Si ce n'est qu'il ne s'agit pas de savoir ici lequel des deux a le plus grand palmarès au tiers de leur carrière. D'autant qu'Ovechkin, jusqu'à cette année, n'était sans doute pas aussi bien entouré à Washington que Crosby à Pittsburgh.

Ovechkin a tout de même pour lui d'avoir été désigné rookie de l'année devant Crosby en 2006. Il vient aussi de remporter le trophée Hart ces deux dernières saisons. Je ne sais pas si Ovi est meilleur que Crosby, mais je le crois un peu plus dominant. Offensivement, je pense même qu'il s'inscrira à terme comme l'un des plus grands joueurs de l'histoire du hockey. Vu le rythme qui est le sien depuis le début de sa carrière, il peut espérer battre un jour le phénoménal record de Wayne Gretzky (894 buts en carrière).

Surtout, à mes yeux, le Tsar est un joueur tellement plus excitant. Un phénomène qui électrise la glace. Il y a un adjectif qui colle à merveille à Ovechkin et que je n'emploierai pas pour définir Crosby: flamboyant. La star des Capitals déploie une telle passion dans son jeu qu'il est difficile de ne pas succomber. Moins gentil garçon que Crosby, il embrase là où Crosby caresse. Crosby, c'est les Beatles, Ovechkin, les Stones. Sur la forme, il en fait parfois des tonnes, notamment quand il célèbre ses buts. On aime ou on n'aime pas. J'aime.

Sur le fond, certains jugent son jeu excessivement physique, voire dangereux. Un reproche que Crosby lui-même a déjà adressé à son rival. Cet engagement total lui vaut parfois de mettre à mal l'intégrité physique de ses adversaires, comme la sienne. Mais c'est précisément cette alliance du vice et du talent qui le rend si spécial. J'admire le jeu de Crosby mais celui d'Ovechkin me fascine. Ses détracteurs lui prédisent un destin à la Lindros. Une étoile filante, si vite au firmament, si vite éclipsée. Je n'y crois pas. Au contraire. La NHL tend à devenir de plus en plus physique et, à ce titre, l'avenir appartient sans doute à Ovechkin.

LaurentLaurent VERGNE