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Contador, à l'abri des commissaires...
Les règlements sont fait pour être appliqués. Qu'il s'agisse de la main d'un footballeur ou bien d'un coureur qui bénéficie de la complaisance d'une voiture de course pour recoller au peloton.
Et bien dans le vélo - comme pour le sport-roi - il y a parfois des exceptions qui échappent au collège des arbitre / commissaires, mais dont le public est témoin. La seule différence, en définitive, c'est que, dans notre sport, ça ne suscite pas le moindre débat
On était en train de commenter le final de l'étape avec Jeff. Et nos propos (comme la course) étaient - à vrai dire - assez décousus. Radio-tour ne nous parvenait pas. Et les survestes conservées par les coureurs jusqu'à l'arrivée ne nous aidaient pas non plus à identifier les quelques « vaillants » qui s'étaient faufilés dans une bordure à moins de 14 km de l'arrivée.
Les Caisse d'épargne avaient décidé de se faire la malle. Contador, comme Leipheimer, étaient piégés. Le Madrilène allait d'ailleurs au devant d'une autre mauvaise nouvelle puisque, 10 km plus loin, il dérivait brutalement dans un fourré, en compagnie d'Heinrich Haussler. Deux équipiers l'attendaient déjà, pour le ramener dans le peloton de chasse. Mais Contador allait trouver en chemin un allié beaucoup plus efficace : la voiture Rabobank.
Sur les images, il ne fait aucun doute que le véhicule ramène avec un soin particulier Alberto Contador au peloton. Pour ceux qui douteraient des bienfaits d'un abri prolongé derrière une voiture, observez - sur la vidéo - la misère des équipiers volontaires, que croise leur leader turbocompressé.
Un peu plus loin, Contador rejoint le peloton, lequel concède 17 secondes sur la ligne au leader de la course, Lars Boom, à Roman Kreuziger, mais aussi à Luis-Leon Sanchez et Alejandro Valverde, tous les deux ravis du bon coup qu'ils venaient de jouer à leurs adversaires.
Coup de fil dans la cabine des commentateurs. Jacky Durand nous prévient que Contador ne pourra pas éviter une pénalité, vu le flag dont il vient de se rendre coupable sous le regard inquisiteur de la moto-caméra. On rediffuse les images. C'est imparrable. Nous rendons l'antenne dans l'attente d'une décision du collège des commissaires.
En quittant la tribune, je croise Christian Prudhomme. Le directeur de Paris-Nice m'indique que le classement vient d'être validé par les commissaires. « Je venais d'annoncer sur Radio-Tour le panneau des trois derniers km, au-delà desquels le retard des coureurs pris dans une chute ne peux plus les pénaliser ».
Evidemment les commissaires nous l'ont confirmé. Mais alors, pourquoi une telle frénésie dans le final de la part de Contador, de ses équipiers ?
« Parce qu'ils ne connaissent pas leur règlement, ou bien parce qu'ils ne savaient pas exactement où ils en étaient dans la course », ajoute Jacky Durand que nous avons rappelé. « Je trouve que les commissaires ont fait preuve d'une grande indulgence, concernant l'abri derrière la voiture Rabobank. Ce n'est pas toujours le cas. On l'a vu au Qatar quand l'équipe Cervélo a été sévèrement sanctionnée d'une minute de pénalité pour une poussette entre Haussler et l'un de ses équipiers, lors du clm/équipe. Il y avait dans le jury un commissaire chinois qui - à mon avis - connait mieux les règlements que les usages dans les courses de la vieille Europe ! ».
Peut-être également parce qu'il s'agissait, cette fois, du meilleur coureur du monde. Jacky Durand s'interroge aussi sur l'attitude du directeur sportif de Rabobank. « Que faisait-il là ? Si loin derrière le peloton, alors que Rabobank est voiture n°1 dans la file des voitures suiveuses. Alors qu'aucun des ses coureurs n'était pris dans la chute. On peut tout imaginer ! Lui ne risquait qu'une sanction financière, alors que Contador encourait normalement une pénalité de 20, 30 secondes ou davantage ! »
En définitive, Contador ne risquait rien. Car, hier soir, à la permanence, quand nous sommes allé à la rencontre du jury des commissaires, ils n'avaient rien vu. Pas même les images de la télévision. Voici leur témoignage.























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