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Où sont les salles?
Le tournoi de tennis de Bercy 2010 a commencé, malheureusement sans Nadal ni Tsonga. Indépendamment de ces défections sportives qui nuiront peut-être à son remplissage, la proximité de ce grand événement avec le tout nouveau Open Sud de France qui s'est tenu dans la nouvelle salle de Montpellier est intéressante car elle permet de mesurer le retard pris en France en matière d’équipements destinés au spectacle, qu'il soit sportif, musical ou autre. A cet effet, il est intéressant de lire les rapports de Daniel Constantini et de David Douillet. On y redécouvre que nous n’avons aucune salle de plus de 15.000 places (Bercy, justement, qui date de 1984!), que la deuxième enceinte avant l'ouverture de celle toute récente de Montpellier était celle de Pau (7000 places).
Tout y est parfaitement décrit, et on y mesure l'étendue des dégâts. Pas besoin d'aller plus loin pour comprendre pourquoi nos équipes de clubs et nos équipes nationales de sports de salle ont du mal à être compétitives voire simplement attractives !
Certes, les travaux d'adaptation de Bercyaux exigences des organisateurs de spectacle vont démarrer en 2011. Il était temps mais ce sera une goutte d'eau dans l'océan et, en la matière, Paris n'est pas la France ! Confronté à ce sujet tout au long de mon parcours professionnel (les sections « basket/volley/hand du PSG omnisports évoluaient à Coubertin jusqu'au projet Entente/CITESPORT qui prévoit notamment la création d'un Dôme de 20.000 places près de la nouvelle gare de Sarcelles), voici mon analyse :
- Aucune des fédérations, pilotées par des élus bienveillants, peut-être, mais conservateurs par nature (et qui sont le reflet de notre système préhistorique de gouvernance du sport, on vient juste de le comprendre, merci Kysna), n'a su faire les bons choix stratégiques pour permettre le développement de la partie "spectacle" de leur sport.
- Il n'y a quasiment aucune coordination Basket/Hand/Volley, que ce soit au niveau local ou au niveau national.
- L'administration politique du sport en France n'a ni vision ni compétence « marketing » pour le "sport qui se regarde", et ce depuis plus de 20 ans.
- Les élus des grandes métropoles que sont Paris, Marseille, Lyon, Lille, Nice notamment n'ont jamais su ou voulu appréhender ce type de sujet. Il est symptomatique que ce soit Montpellier qui soit la première ville à se doter d’un équipement moderne, peut-être en raison de la puissance incontestée et soutenue (plus de vingt ans!) de Georges Frêche à sa tête (paix à son âme...). Car un des vrais problèmes pour mener à bien ce type de projet (idem pour un stade), c’est le décalage entre la “vision” et sa mise en œuvre (entre 3 et 5 ans au minimum), le temps et la multipolarité du politique impliqué (mairie, région, département, communauté d’Agglomération, voire Etat) qui induit maintes et maintes remises en cause, retard, blocage, etc...
- Les modèles économiques permettant la construction, l'exploitation de ces salles ne sont étudiés que partiellement, par des entités essentiellement politiques ou para-politiques qui ont des visions étriquées de la problématique du "sport spectacle", certes complexe mais séduisante sur beaucoup de points de vue. Une des solutions auraient été de donner réellement aux actionnaires de club, et à leurs partenaires, la possibilité de prendre possession du foncier entourant l’équipement, de monter des opérations intégrées d’aménagement résidentiel et commercial, comme cela se fait en dehors de nos frontières. Tous les acteurs auraient été gagnants, les investisseurs privés, les clubs et les collectivités qui ne se verraient pas confrontées au difficile financement de ces complexes, les fameux PPP ayant bons dos...
A l'actif du gouvernement actuel, il faut noter son intuition et sa compréhension que la candidature de la France (via ses fédérations) aux grands événements serait grandement facilitée si les équipements étaient à la hauteur. Très bien, sauf que cela fait trois ans que tout le monde attend que ça bouge, que personne ne sait qui décide (et de quoi ?). Comme dans beaucoup d'autres domaines, nous avons manqué les trains de l'histoire, par frilosité et conservatisme, alors que les bonnes volontés, les moyens et les compétences étaient là. Dommage.
LUC DAYAN























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