La magie des Jeux, c'est aussi des petites histoires, des anecdotes croustillantes et des images décalées. Quand les anneaux olympiques s'emmêlent les pinceaux...
Il y a trois mois, il n'avait jamais fait d'aviron
Il y eut Eric Moussambani en 2000 à Sydney, le nageur de Guinée Equatoriale qui avait bouclé, seul, sa série du 100m nage libre en 1’52’’72. Il y a désormais Hamadou Djibo Issaka. Le Nigérien n'avait jamais grimpé dans un bateau d'aviron avant mai dernier. Lorsque son pays a reçu une wild card pour participer aux épreuves d'aviron il y a trois mois, on lui demande de rejoindre Tunis pour participer à un camp d'entrainement. A 35 ans, Hamadou ne connait rien de l'aviron, lui le nageur, jardinier et préposé au nettoyage de la piscine, qui tentait de percer dans les bassins. Qu'importe, le voilà rameur engagé dans les séries puis les repêchages du skiff.
"Pas de technique, juste de la force"
"Je n'ai pas de technique, j'ai juste de la force", reconnaît celui qui est déjà devenu la coqueluche de la presse populaire britannique. Sa principale crainte était de ne pas tenir la distance (2 kilomètres). Il boucle les 2000 mètres en 8'25"56 en série puis 8'39"66, un record insolite sur la distance. "C’est vraiment un grand moment pour moi", a expliqué le néophyte, premier Nigérien engagé dans les épreuves d'aviron aux JO.
"Ce sont mes premiers Jeux et j’ai découvert ce sport il y a trois mois seulement. Tout au long du parcours, c’est incroyable comme les gens m’ont encouragé. Je les entendais, ça m’a donné la force pour aller au bout. Cela va peut-être changer les choses pour l’aviron au Niger." Hamadou ne baisse pas les bras et espère bien revenir à Rio, dans quatre ans. "Nous n'avons pas de bateaux", poursuit-il. "Nous avons commandé des skiff mono et double places et des rames." Les JO ne se contentent plus de susciter des vocations. Elles les provoquent.























