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Jeux de mains...
14/08/2012 - 14:20

Jeux de mains...

Peut-on tout se permettre sous prétexte que l'on est un grand champion ? La réponse est évidement négative. Pourtant, les handballeurs français ont franchi la ligne jaune après leur sacre olympique de Londres, le deuxième consécutif, qui les a fait entrer dans la légende du sport français. L'Equipe TV s'attendait à une belle fête en recevant les Experts. Et même à être chahuté, comme l'a été un journaliste de BFM TV, déshabillé en direct par Nikola Karabatic et Xavier Barachet. Mais tout cela dans un esprit bon enfant, celui qu'on aime voir dans l'euphorie de la victoire. "Je crois que les Experts vont nous aider à démonter le studio du Club France. À leur manière...", se réjouissait donc Benoît Pensivy, directeur de la rédaction de la chaîne.

Et le studio a bien été démonté. Ou plutôt démoli. Soudain, le ton a changé : "on s'attendait à la fête, pas à la destruction massive..." Oublié l'esprit bon enfant, place à la vendetta. Un règlement de compte visiblement orchestré par Claude Onesta en réaction aux articles parus suite à l'échec des Bleus à l'Euro 2012. "Ils s'en seraient tenus à mettre le bazar, ce n'aurait pas été grave, on s'y attendait. Les joueurs sont arrivés pour mettre joyeusement le bordel dans l'émission, mais sans esprit agressif. En revanche, je suis très surpris du côté règlement de compte de Claude Onesta qui a été l'initiateur du démontage du truc", a regretté Benoît Pensivy.

"On en profite, on fête juste ça"

Sur les images télévisées, le sélectionneur, qui entretient des relations houleuses depuis des semaines avec le journal L'Equipe, amorce en effet le démontage de la table du plateau, suivi notamment par Karabatic, dans une ambiance de troisième mi-temps arrosée. "Les collabos vont être tondus", aurait lâché Onesta en préambule au massacre. L'aveu d'une préméditation. Le premier dérapage. Car le patron des Bleus a ensuite réservé le même sort au studio d'RMC, où les critiques de  Daniel Costantini, son prédécesseur, n'étaient dit-on pas non plus de son goût. L'opération mise à sac continue et laisse un écran plasma sur le carreau. "On n’est pas méchants, vous inquiétez pas", a-t-il rassuré.

De leur côté, les handballeurs plaident non coupables et surfent sur leur bonne image. "Effectivement, les studios ont été secoués, on s'en excuse, c'était dans l'euphorie de la victoire", a réagi le directeur technique national Philippe Bana. "Il n'y a pas eu de dégâts ou ils ne nous l'ont pas fait savoir. Sur Canal+, à Pékin en 2008, ils l'avaient beaucoup mieux pris quand on était passé au moment du démontage du studio", a-t-il ajouté. Le studio aurait pourtant coûté 20 000 euros. Interrogé sur cet épisode par l'AFP, Nicolas Karabatic a, lui, ironisé: "On a fait des dégâts sur les sportifs, mais sinon rien de grave. On en profite, on fête juste ça. On se laisse un peu aller". En gros, on est sympas et on est champions donc on peut se lâcher. Mais il y a des limites. Elles ont été franchies.

Et si c'était les footballeurs ?

Imaginez un instant que nos chers footballeurs se soient comportés de la sorte. Mais voilà, ce sont les Experts, les dieux de l'Olympe. Pourquoi tolérer dans certains sports ce qui ne le serait pas (à juste titre) dans d'autres ? Puis une place de 11e lors du dernier Euro ne valait-elle pas quelques interrogations et même quelques critiques ? Onesta lui-même les formulait en février dans L'Equipe. "Cette équipe peut encore très bien faire, mais elle est peut-être arrivée au bout de son aventure", s'interrogeait-il.La presse française n'est pourtant pas la plus féroce, et encore moins avec le handball. Mais, après la finale olympique, Karabatic accusait déjà : "On disait que notre équipe était vieillissante, qu'on ne voulait plus gagner. On trouvait des raisons rocambolesques pour expliquer pourquoi on n'était pas bon. Qu'on soit critiqué, pas de problèmes. Mais il faut que ce soit bien fait. Mais c'est comme ça, ça nous a donné encore plus de motivation."

C'est semble-t-il devenu la mode de faire front contre les médias pour unir un groupe. Afficher dans un vestiaire un article qui vous est peu favorable n'est pas nouveau. Mais la rancoeur apparait de plus en plus souvent au grand jour. Et elle prend parfois le dessus sur l'essentiel. Cet été, Samir Nasri avait bien sûr marqué les esprits pendant l'Euro. En basket, Chalon avait aussi déroulé une banderole dénonçant un article de Basket News juste après son titre de champion de France. Résultat : on préfère régler ses comptes au lieu de fêter un but, un titre ou une médaille d'or. Personne n'en sort grandi.

 
 
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