Sans la pression d'une structure d'usine comme ce fut le cas chez Kawasaki, l'année passée, ou lorsqu'il était chez Aprilia, pour sa dernière saison en 250ccc, Randy de Puniet devait courir de manière plus relâché et réussir même quelques grosses performances pour un team LCR entièrement dévoué, en principe, à sa cause. La présence de Lucio Cecchinello, l'ancien pilote 125cc, à la tête de l'écurie monégasque, l'apport de son mécanicien en chef Christophe Bourguignon et le fait qu'il avait vécu ses plus belles heures avec cette équipe dans la catégorie du quart de litre devaient être des éléments déclencheurs vers la performance...et la confiance à fortiori.
Les résultats des essais hivernaux plaident d'ailleurs en sa faveur. Parfois meilleur temps des séances avec des pneus de course, à Sepang, et souvent dans le top 3, de Puniet se montre très prometteur pour la saison à venir. Mais comme souvent, les tendances du début d'année lors des tests se transforment rarement en vérité au moment d'aller chercher les résultats. S'il s'est montré raisonnable lors du premier rendez-vous, au Qatar, avec une neuvième place, la suite s'est compliquée avec un abandon pour des raisons mécaniques à Jerez. Surtout, c'est l'inexplicable chute dans le dernier tour à Estoril qui a probablement servi de détonateur mais dans le mauvais sens.
Quel avenir pour Randy ?
Alors qu'il vient de se débarrasser avec autorité de James Toseland (Yamaha Tech3), le Français part à la faute et perd de précieux points. Ses performances en qualification deviennent également déclinantes alors que l'exercice chronométré reste pourtant son point fort. Ses neuf pole positions acquises en 250 pour 5 victoires en sont la preuve. Une déliquescence explicable en partie par l'aspect dépassé de la Honda 2007, assurément la machine la moins rapide en vitesse pure de tout le plateau.
De Puniet avoue également être gêné par le feeling avec le train arrière depuis deux ou trois courses. Pourtant, les déconvenues se répètent et il semble que la situation chez LCR devienne de plus en plus compliquée. Toujours est-il que de Puniet a encore déchanté, ce week-end au Mugello, en finissant dans le bac à gravier. "Au sixième tour, Vermeulen m'a touché et j'ai perdu le contrôle de ma machine. Je suis tombé et me suis fait mal à mon petit doigt gauche ", explique-il. Une excuse difficile à accepter surtout pour une équipe qui se bat financièrement et dont l'avenir est incertain pour l'horizon 2009.
Le matériel mis à sa disposition est évidemment différent mais l'heure est à la remise en cause. Les rendez-vous vont désormais se succéder avec pas moins de cinq courses en sept semaines. Le prochain à Montmelo, l'un de ses circuits fétiches (il a fini 6 fois dans le top 8 et y a réalisé le doublé pole-victoire deux ans de suite), sera assurément décisif pour son avenir et probablement la suite de sa carrière.
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