Malgré deux chevilles gravement blessées, deux nouvelles chutes en essais libres et deux "tout droit" lors des qualifications, au cours desquelles il a signé samedi le 5e temps, l'Espagnol Jorge Lorenzo reste optimiste à la veille du Grand Prix de France, dimanche au Mans. A croire que le dauphin de Dani Pedrosa au classement général du championnat du monde MotoGP est indestructible... Il y a deux semaines en Chine, une lourde chute lors des essais libres semblait condamner le pilote Yamaha au forfait. Mais il avait serré les dents et arraché une 4e place inespérée.
Sa fracture de l'astragale de la cheville droite et sa rupture du ligament interne de la cheville gauche auraient dissuadé plus d'un pilote de courir au Mans. Lui a finalement demandé et obtenu le feu vert des médecins, bien qu'il ait toujours interdiction de poser le pied par terre. ondamné provisoirement au fauteuil roulant ou aux béquilles, il continue pourtant à affoler les chronos sur la piste… "Cela fait quinze ans que je travaille sur les Grands Prix et que je me pose la même question comment font-ils pour arriver à rouler avec de telles pathologies?", sourit Bernard Achou, ostéopathe qui officie sur tous les Grands Prix. "C'est psychologique" , avance-t-il en guise de réponse. "Ils vont chercher dans la douleur des ressources mentales excessivement importantes."
"J'ai mal partout"
En Chine, Lorenzo a bien subi une infiltration qui a permis d'anesthésier la douleur "pendant 20 à 25 minutes", "mais il ne peut pas utiliser son corps à 100%", précise Bernard Achou. "Il est obligé de rattraper la moto avec les membres supérieurs. En outre, c'est un sport excessivement réfléchi. Si on n'est pas en forme physique, on perd sa concentration."
Lorenzo, lui-même, expliquait vendredi ne pas avoir "autant confiance que d'habitude" lorsque il "entre dans les virages". Chose vérifiée samedi matin, lorsqu'il a fini par tomber après avoir tergiversé avant d'attaquer une courbe. Sorti sur civière, l'Espagnol semblait souffrant. "Il va bien" , a immédiatement assuré son équipe. Verdict confirmé par le corps médical, puis par l'intéressé. "Une fois la peur passée, je me suis remis en piste", explique-t-il.
"Ce n'est pas la fin du monde, poursuit le double champion du monde 250 cc (2006, 2007). Je suis tombé vendredi et ce samedi matin, mais par le passé, j'ai connu des situations plus difficiles. Je suis deuxième du championnat et malgré des erreurs, je suis cinquième sur la grille. Je suis content." Il se dit même "positif" et "pense pouvoir faire mieux", mais réussir à terminer la course dimanche sera encore un exploit au vu de sa forme. "Ma condition physique et mentale n'est pas optimale, reconnaît-il. J'ai mal partout. Après les interviews, je vais dormir trois heures pour oublier..." Et rêver de la fin de ce calvaire. Sans doute encore diminué en Italie dans deux semaines, Lorenzo, 21 ans, devrait être rétabli pour le Grand Prix de Catalogne, le 8 juin à Barcelone.
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