Coup de tonnerre dans le monde de la moto ! L'écurie officielle Honda a décidé de tourner le dos à Michelin et chaussera son pilote favori, l'Espagnol Dani Pedrosa (Honda), chez le rival japonais, Bridgestone. Le grand pas a été sauté et ne fait que confirmer les dernières nouvelles en provenance du grand manitou de la Honda Racing Corporation (HRC) Masumi Hamane. Michelin n'a pu démentir l'inévitable et a enchaîné dans la foulée par l'intermédiaire d'un communiqué. "Michelin et Honda ont décidé de ne plus fournir Pedrosa en gommes Michelin pour le reste de la saison 2008 ", selon ce dernier. Le message est clair.
Celui de Dani Pedrosa aussi puisque c'est ce dernier qui avait souhaité vivement, et le plus tôt possible, le passage vers le concurrence après la déroute de Brno, explicable également pour une blessure, contractée au Sachsenring, encore vive. On pourrait également voir derrière cette décision, la patte de son hargneux mais influent mentor, l'ancien pilote 500c Albero Puig. Et on ne peut s'empêcher de penser que cette sécession au sein du HRC ressemble à un replicata de celle que vit actuellement Yamaha avec ses deux stars, Rossi et Lorenzo, toutes deux dans la même équipe mais séparées par un mur en raison des gommes différentes qu'elles chaussent. Le choc est également double puisqu'il officialise la mise à l'écart de Nicky Hayden. Le "Kid du Kentucky" restera en Michelin. Un choix situé entre la punition et le "tout pour Pedrosa".
Michelin s'en relevera-t-il ?
Une onde de choc pour Michelin qui était liée aux Honda officielles depuis 1994 et le début de l'ère de la domination sans partage du légendaire pilote australien Mick Doohan (cinq fois titré consécutivement jusqu'en 1998). "Honda et Michelin espèrent cependant que le Championnat du monde restera une épreuve multi marques en 2009, Michelin équipera d'ailleurs l'autre Honda pour les dernières courses de la saison", conclut le communiqué de la marque au bibendum. Espèrances vaines ? Probablement car Michelin n'a presque plus de raisons de rester en MotoGP.
Avec les Dovizoso, Lorenzo, de Puniet, Edwards et Toseland ? Probablement pas car le manufacturier clermontois a besoin de têtes de gondole pour faire vendre ses gommes et pouvoir rayonner face à Bridgestone dans cette compétition impitoyable vers la performance. Déjà lesté de Valentino Rossi qui avait mis en cause les gommes françaises dans ses résultats indignes de son talent, la saison passée, sans Casey Stoner, très satisfait du travail du rival japonais depuis son arrivée chez Ducati, et désormais sans le pilote numéro un de Honda, Michelin se dirige vers un avenir sombre où c'est probablement la loi de Bridgestone qui va désormais faire foi.
De manière unilatérale ? Personne ne saurait le dire à l'heure actuelle mais tous les voyants sont au rouge pour Michelin. Entre le choc Pedrosa, la réussite de Rossi en Bridgestone et les réunions de pilotes qui susurrent plus ou moins le passage à un manufacturier unique, sous la houlette de la Dorna, la marge de manoeuvre est faible. D'autant plus qu'une réunion de la commission de sécurité aura lieu à Motegi, dans un mois, afin de valider les éventuels desiderata des pilotes de la catégorie reine. Motegi n'est ni plus ni moins que l'une des terres d'élections d'Honda.
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