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Du talent et une pointe de romantisme : Zarco et Tech3, le tandem parfait pour nous faire rêver

Du talent et une pointe de romantisme : Zarco et Tech3, le tandem parfait pour nous faire rêver

Le 22/03/2017 à 21:59Mis à jour Le 23/03/2017 à 12:38

MOTOGP - Johann Zarco débarque dans le pinacle de la vitesse mondiale cette saison avec de belles références et un cote d'amour extraordinaire auprès du public français.

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La France espère un vainqueur de Grand Prix depuis 1999. Allez, n'ayons pas peur de le dire : elle attend son premier champion du monde en catégorie reine. On sait que ça n'arrivera pas cette année mais pourquoi nourrir un complexe ? Johann Zarco débarque en MotoGP avec deux titres de champion du monde en Moto2 et la tête trop sur les épaules pour revendiquer un objectif fou. Comme d'habitude, il ne s'emballe pas. Son approche depuis qu'il a intégré les rangs de Yamaha Tech3 ? C'est son nouveau patron, Hervé Poncharal, qui la résume le mieux en déclarant : "Tu sens que dans la tête de Johann, il y a un plan. Il est impressionnant de calme, de sérénité, de sang-froid."

Hervé Poncharal, Johann Zarco (Yamaha Tech3) - Tests Cheste 2016

On s'en réjouit : l'as avignonnais reste le même. Posé, méthodique, bosseur. Il vit au présent, prend la mesure de son défi et sait qu'il aura bien le temps de revoir ses ambitions à la hausse. Pour l'heure, c'est encore le boss de Bormes-les-Mimosas qui parle pour lui en assignant le titre de meilleur rookie comme but de 2017. Réaliste mais pas anodin car il établit au passage une différenciation vis-à-vis de son autre pilote débutant Jonas Folger, par ailleurs très bon en simulation de Grand Prix du Qatar lors des tests. Mais un palmarès, ça forge une réputation, des a priori favorables. Il n'y a pas de mal à ça.

Le MotoGP plus ouvert aux nouveaux vainqueurs

La dernière fois qu'un pilote avait suscité autant d'enthousiasme en France - pardon aux autres - c'est lorqu'Olivier Jacque était monté en 500cc chez Yamaha Tech3, dans la foulée de son titre de dingue en 250cc. On avait aimé cette histoire, cette promesse.

En 2001, 2002 et 2003, le Lorrain et sa M1 "satellite" avaient eu du mal à émerger d'un peloton verrouillé par les machines d'usine de Valentino Rossi, Massimiliano Biaggi et Sete Gibernau. C'est simple : ces trois-là avaient tout croqué en trois ans, hormis cinq victoires pour Alex Barros, Tohru Ukawa et Loris Capirossi.

Il ne faut pas s'y tromper, les cadors d'aujourd'hui sont aussi fantastiques et Valentino Rossi s'en porte caution. Seulement, le règlement a lissé les écarts techniques entre les machines (électronique, disparition des ailerons, etc...) et rendu la catégorie plus homogène. Plus révélatrice. On en veut pour preuve les neufs vainqueurs différents sur les 18 Grands Prix de 2016, un record absolu. Et quatre "primo-accédants" - Jack Miller, Cal Crutchlow, Andrea Iannone et Maverick Viñales - c'était tout simplement du jamais-vu depuis 1982.

Un romantisme extraordinaire

Armés par Honda VDS et Honda LCR, Miller et Crutchlow avaient aussi remis un team satellite en haut d'un podium, pour la première fois depuis 2006. Oui, on vit une époque extraordinaire, foisonnante d'opportunités et Tech3 peut en profiter à son tour. Johann Zarco a donc largement de quoi oublier l'échec de ses détractions avec l'usine Suzuki.

Disons-le clairement, il n'est pas indispensable de voir un Français piloter pour une équipe française mais on ne résiste pas au charme de ce romantisme. La personnalité Johann Zarco fera le reste. Cette saison, on le verra encore concentré dans les difficultés qui ne manqueront pas de surgir. Parfois perplexe, toujours rationnel. Maverick Viñales expliquait il y a quelques jours que Valentino Rossi faisait tout avec calme, et l'Azuréen tient sûrement là un beau point commun avec l'Italien. Le plus dur sera peut-être finalement de le combattre - on lui souhaite - en piste. Il devra alors désacraliser l'idole.

Quant aux sauts périlleux qui ont fait sa marque de fabrique - un truc bien à lui qui ne fait pas faux - on patientera. On attend une Marseillaise en Top classe depuis 1999 mais Johann Zarco ne nous doit rien finalement. Pas tout en tous les cas, ni tout de suite. On va déjà le voir débuter ce week-end à Losail et ce sera un sacré plaisir.

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