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Mondiaux 2017 : La France n'est plus dans la cour des grands

La France n'est plus dans la cour des grands
Par Vincent Guiraud via AFP

Le 31/07/2017 à 16:30Mis à jour Le 31/07/2017 à 16:31

MONDIAUX 2017- Avec une triste douzième place au classement des médailles, l'équipe de France de natation repart de Budapest avec un maigre bilan. Hormis le bronze de Metella synonyme de belle promesse et la dernière en or de Lacourt, la natation française est en net recul.

La France ne fait définitivement plus parti du gratin mondial de natation. Partie en petit comité, l'équipe de France de natation achève les Championnats du monde de Budapest avec deux médailles, l'or de Camille Lacourt et le bronze de Mehdy Metella. Si ce n'est pas une surprise, ça n'en reste pas moins un franc recul.

Depuis une dizaine d'années, la natation française avait pris l'habitude d'occuper ses étés à accumuler les médailles et même les titres internationaux. On se souvient de la moisson inédite - dix médailles (dont deux en or) - à Shanghai, en 2011, ou encore du rang de troisième nation derrière les géants américains et chinois à Barcelone en 2013 (neuf médailles, dont quatre en or).

2 médailles, 12ème nation mondiale

En arrivant dans la capitale hongroise, les Bleus restaient sur un bilan de six médailles, dont quatre en or, récoltées à Kazan (Russie) en 2015. Ils la quittent avec deux récompenses, une en or remportée par Lacourt sur 50 m dos pour ses adieux aux bassins, à 32 ans, et une en bronze décrochée par Metella sur 100 m libre, l'épreuve reine. Conforme à l'objectif fédéral de "deux à quatre médailles selon l'alignement des planètes".

"Ce n'est pas une surprise", reconnaît le Directeur technique national par intérim, Laurent Guivarc'h. Même si la natation française s'attendait à un maigre bilan, il faut remonter à 2003 pour trouver trace d'une récolte plus minces (deux médailles de bronze). A l'époque Simon Dufour sur 200m dos et le relais 4 × 100 m nage libre des jeunes Gilot et Bousquet étaient repartis avec une médaille. Ce bilan hongrois, qui vaut à la France une douzième place au classement des nations, ne fait finalement que confirmer ce qu'on savait déjà : avec les départs post-Rio de sa génération dorée (Manaudou, Agnel, Gilot...), la natation tricolore a changé d'époque. Et la relève, dont une partie (Pothain, Mignon, Joly) a trébuché sur l'année post-olympique, se fait attendre.

Metella seule satisfaction

La bonne nouvelle, c'est que les neuf qui ont fait le voyage à Budapest se sont dans l'ensemble bien comportés. Dans le détail, les Bleus ont totalisé sept finales, plus trois demi-finales, pour seize épreuves nagées. Quatre records de France sont tombés (100 m papillon, 50 m libre et 50 m papillon deux fois) et la plupart des nageurs ont fait progresser leur meilleur temps de la saison.

A 25 ans, Metella s'est même invité dans la cour des grands en montant sur la troisième marche du podium du 100 m derrière Caeleb Dressel, la nouvelle bombe du sprint américain, et sa valeur sûre Nathan Adrian. Le Guyanais, médaillé mondial en individuel pour la première fois de sa carrière, est devenu au passage le Français le plus rapide hors combinaisons sur l'aller-retour (47.65). Prometteur.

Ce qui inquiète en revanche, c'est que le seul titre mondial de la semaine, conquis par Lacourt, est venu d'un nageur désormais retraité. "C'est une sacrée page qui se tourne", concède le nouveau président de la Fédération française de natation (FFN), Gilles Sézionale. "Mais derrière, il y a des jeunes, certains n'ont pas pu se qualifier, l'année post-olympique n'est pas toujours facile mais il ne faut pas enterrer toute cette nouvelle génération, il faut qu'ils s'aguerrissent", positive-t-il.

" Tokyo peut voir l'éclosion de jeunes nageurs"

"Mehdy a montré qu'il est dans les meilleurs sprinters du monde. Autour de lui, comme à l'époque autour d'Alain (Bernard, champion olympique du 100 m en 2008, ndlr), il y a une équipe qui va certainement se mettre en place. Il peut entraîner et décomplexer les jeunes qui vont reconstruire demain l'équipe de France", estime-t-il. "Il y a une relève qui va être très pertinente dans les années qui arrivent", abonde Guivarc'h. "Tokyo-2020 peut voir l'éclosion de nageurs. Il y en a qui ont du potentiel, comme Damien Joly, Jordan Pothain, qui peuvent exploser en trois ans, affirme Sézionale. Je ne suis pas trop inquiet."

Comment faire alors pour y arriver ? "Il faut retravailler ensemble, remettre de la cohésion entre les entraîneurs nationaux, accompagner les nageurs du mieux qu'on peut", esquisse le président de la FFN. A eux de jouer.

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