Sur un plan strictement chronométrique, Alain Bernard pointe actuellement loin dans les bilans mondiaux en arrivant dans le Var, un bassin où il a connu l'éclosion en juin 2007 en devenant à l'époque le deuxième performeur de tous les temps sur 100 m nage libre (48.12). Que ce soit sur sa distance de prédilection (100 m NL) ou sur 50 m libre, épreuve qui lui a valu une médaille de bronze aux JO-2008, l'Antibois est 19e. Au niveau national, il est troisième sur 50 libre (22.71) et quatrième sur 100 libre (49.58). Pas de quoi pavoiser. D'autant que ses chronos de référence ont été réussis lors de sa rentrée en janvier au Luxembourg.
Depuis ? "Je suis déçu", avait-t-il expliqué après les réunions de Nice et Paris. Et fin mars à Amsterdam, il avait évoqué de "la fatigue" et "une nage brouillonne", lors de sa dernière apparition avant Saint-Raphaël alors qu'il n'avait même pas réussi à se qualifier pour la finale du 100 m libre. Mais dans son camp, on refuse de parler de début de saison "raté". "Non, sûrement pas, répond Denis Auguin. Dans le sens où, on est dans la construction de quelque chose qui doit rendre Alain très performant aux JO de Londres." Cette "construction" expliquerait donc les performances en demi-teinte de Bernard. Cette stratégie sur deux ans a commencé dès le lendemain des Mondiaux de Rome, d'où Bernard est reparti avec l'argent sur 100 m libre et le bronze sur le relais 4x100 m libre, avec un entraînement allégé pendant quatre mois.
"On ne s'affole pas"
"C'est une année de transition avec beaucoup de découvertes. Il a repris très fort dès le mois de janvier, c'est peut-être ça qui a causé une fatigue plus importante que d'habitude. Il y a aussi une charge de travail qui augmente de façon très violente", justifie l'entraîneur qui évoque également la fin "des combinaisons" comme élément perturbateur. Mais avant des Championnats nationaux, sélectifs pour les Championnats d'Europe, cet été à Budapest (9-15 août) avec des minima peu évidents à réaliser en séries et en demi-finales, Auguin ne semble pas inquiet.
Et ce même si Bernard a passé des examens médicaux complémentaires, notamment sanguins, après la réunion d'Amsterdam pour vérifier que la fatigue ressentie n'était pas liée à un souci de santé. "On ne s'affole pas plus que ça. Ces Championnats de France ne sont vraiment qu'un passage. On fera le point au mois d'août. Il y va pour faire les meilleurs chronos possibles et on verra bien ce que ça va donner. Ce qui ne veut pas dire qu'il ne veut pas être champion de France. Mais ce n'est qu'une étape dans la construction des prochaines années", conclut Auguin.
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