Amaury Leveaux, qu'est-ce qui vous fait le plus plaisir, le record du monde ou le titre?
A.L.: "Un record du monde, c'est mieux. Quand j'ai vu les start-lists des demies, j'ai vu que j'étais plus ou moins tout seul. Je me suis dit: fais-le. Il y a longtemps, quand je parlais avec Lionel (Horter, son entraîneur, ndlr), il me disait qu'il fallait battre les records en demies et gagner en finale. Je suis content, j'arrive à faire ça. C'est chaud, mais j'y arrive. Je vais entendre la Marseillaise, rien que pour moi. C'est la première fois. Ca fait plaisir."
Il y a longtemps que vous attendiez ce premier titre?
A.L.: "Vous, vous l'attendiez depuis longtemps. J'ai essayé de nager, de prendre mon temps, d'évoluer. Il faut que je fasse mon chemin tranquillement et ne pas évoluer en une ou deux saisons comme d'autres l'ont fait. C'est un travail depuis cinq ans. C'est un travail qui est dur, sans relâchement, avec Lionel (Horter). Ca paie vraiment depuis l'année dernière. On est sur une bonne lancée et on y reste."
Quand avez-vous eu le déclic?
A.L.: "On va dire que c'est l'année 2007/2008 où il y a eu vraiment le déclic. A l'entraînement et en compétition. J'ai fait d'énormes progrès, sur la concentration et tout ça. Maintenant, je m'éclate, je m'amuse. Je fais le con et tout de suite derrière j'arrive à être concentré. Et je suis heureux dans ma vie."
Lors de votre record du monde, vous avez fait la différence sur les derniers mètres...
A.L.: "C'est vrai que je ne nage que les 10 derniers mètres. Je me lance, je rate le départ. Il n'est pas comme d'habitude, flamboyant. Je suis avec tout le monde. On fait le virage, je mets l'accent sur la coulée. Je respire trois fois de suite. Sur un 50, c'est moyen. A 10 mètres de l'arrivée, je me dis que c'est là qu'il faut y aller. C'est là que je mets le boost. Je me dis que moins de 20 secondes, c'est faisable, mais quand, je ne sais pas."
Comment s'est passée la finale avec Frédérick Bousquet à vos côtés?
A.L.: "Je savais que Fred allait être à côté de moi. C'était chaud, je n'étais pas sûr de gagner. Après, je ne me suis pas emballé. J'ai fait les choses bien, je me suis appliqué et c'est allé jusqu'au bout. En plus, j'arrive en glissant. C'est pas grave, j'ai gagné, je m'en fous."
A qui dédiez-vous ce premier titre?
A.L.: "A Lionel (Horter) et à moi. Nous deux, c'est tout. Il y en a plein qui nous ont cassés plus ou moins. Nous deux, on fait notre chemin, on s'amuse. Ca gueule aussi parfois! Et voilà, ça donne notre premier podium international."
Demain, il y aura encore une grosse bagarre lors des séries du 100 m nage libre et le champion olympique Alain Bernard...
A.L.: "C'est sûr, ça va envoyer direct. On a vu ce matin, les quatre premiers du 50, c'est quatre Français. Oui, il y a Hulk. Pourquoi pas, on va essayer. J'ai vu comment ça s'était passé aux Championnats de France. Je pense avoir la clé pour le battre."



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