Comment avez-vous abordé cette finale?
Amaury LEVEAUX: Ce matin (NDLR: samedi matin), je n'étais pas bien du tout, j'étais tout tremblant, je flippais grave. Je l'ai dit à ma copine, à Lionel (Horter, son entraîneur) et Antoine (son ami). J'ai un peu cherché autour de moi ce que je n'arrivais pas à trouver en moi sur l'instant présent. Après manger, Lionel m'a proposé d'aller faire un tour. On a parlé. On est allé sur le bord de mer, on a parlé de ce qui s'est passé aux Jeux. On a galéré ces quatre dernières années. Ca fait deux semaines que je me prends plein de trucs dans la gueule. Des trucs bien, mais je ne réalise pas toujours. Quand je suis revenu, j'ai essayé de dormir. J'ai eu du mal à m'endormir dans les 5 premières minutes. Après je me suis réveillé et tout était calme. C'était redevenu comme avant.
Etes-vous en train de réaliser ce qu'il vous arrive?
A.L. : Ce matin quand je suis venu à la piscine, ça allait. En partant, j'étais tout seul dans le bus et je repensais à ce qui se passait depuis Angers (les Championnats de France la semaine dernière) et ça venait doucement. J'ai dit à Lionel: "demain je vais pas nager". En fait, je pense que demain c'est bon, c'est reparti!
Vous avez eu une crise d'angoisse?
A.L. : C'était quand même une grosse finale. Tout le monde me disait: "si tu fais moins de 45, t'es un dieu". Je n'entendais que ça. Je l'avais derrière la tête. Je me suis dit: "faut pas que tu te rates". En fait, je me suis mis la pression. C'est bien, ça va me servir pour les prochaines "compét". Je ne vais pas penser pareil.
Avez-vous le sentiment d'être entré dans une nouvelle dimension?
A.L. : Oui, quand même. A partir du moment où t'es tout seul et que c'est une grosse barrière qui a été brisée.
Racontez-nous votre course...
A.L. : Là, je viens de prendre 15 ans! J'en ai chié. Ce matin, je me suis reposé, je suis venu à la piscine. J'étais fatigué. Mes muscles ont commencé à ressentir la fatigue qui s'est accumulée depuis une semaine et demi. Au départ, j'étais un peu mou, ça faisait bizarre. Je me suis dit: "c'est sur les coulées que tu vas faire la différence". A chaque fois avant de faire le virage, j'ai relancé. Je pousse et en étant devant, je savais que je faisais mal aux autres. J'ai essayé de faire ça du début à la fin. J'ai touché et au début, je me suis dit non, ça sera 45.0. Je vois 44. Seul au monde, maintenant!
Avez-vous une idée de ce que vous allez être capable de faire en grand bassin?
A.L. : Déjà, on n'a pas fini le petit bain. On ne va pas s'emballer! Deux semaines, avant Angers, j'ai dit que l'objectif c'était les Euros. Je voulais venir pour aller chercher trois médailles et deux records du monde. En deux semaines, je me prends plein de décharges dans tous les sens! Ca fait plaisir. Après, pour le grand bain je vais me servir aussi de mes coulées et je vais travailler mes virages. Sur du plat, entre guillemets, je peux aller très vite. On va travailler.
- Sur ce sujet



DPPI




















