Avec leurs trois petits écrins noirs sertis d’or chacun, Camille Muffat puis Yannick Agnel se sont présentés les premiers. Puis quelques mètres plus loin, Florent Manaudou les a rejoints dans la salle de conférence du Club France. Samedi soir, les trois champions olympiques français sacrés sur une épreuve individuelle ont rendu une petite visite à leurs supporters pour célébrer leur(s) différentes médaille(s). Avant cela, ils ont longuement répondu à la presse qui trépignait de les voir depuis quelques jours. Interrogé notamment sur la performance de Florent Manaudou, Yannick Agnel s’est montré enthousiaste et admiratif.
"Ce qu’il a fait est un truc de dingue. Franchement, ç’a été la surprise un peu pour tout le monde. Peut-être à part pour lui, même s’il dit que ça l’a surpris lui aussi. Mais, on n’a pas la médaille sans y croire ", estime le double champion olympique londonien. Cette finale du 50m, Yannick Agnel l’a suivie des gradins de l’Aquatics Center et en a pris plein les yeux. Comme tout le monde. "Le seul mot que j’ai à la bouche pour qualifier la course de Florent, c’est "brutal", vraiment. C’était brutal", répète-t-il. Selon le Niçois, le Marseillais a fait la différence dès le premier tiers de l’aller-simple : "Ses premiers quinze mètres ont été monstrueux. C’était une nage d’un autre monde, pendant encore dix-quinze mètres."
Des coton-tiges à la place des bras
Après la plongée et la première coulée du jeune frère de Laure Manaudou, Agnel a eu conscience que la finale était déjà terminée : "Franchement, ce n’était pas la peine d’aller le chercher sur cette course. Le 50m est une course particulière. Tout peut se passer dans les derniers mètres. Mais là, quand j’ai vu, qu’à cinq longueurs de l’arrivée, il maîtrisait son avance et qu’il ne se faisait pas trop rattraper, je me suis dit : ‘ça va se faire’. " Assis, dans les gradins, à côté de Romain Barnier, le coach de Manaudou, Agnel a dû se protéger après la touche et l’officialisation du résultat. Il en sourit : " A l’arrivée, on était comme des fous. Deux secondes après la touche, je me suis fait éjecter, c’était vraiment dingue."
Est-il possible de voir, à l’avenir, les deux Français alignés sur la plus courte des distances ? Agnel ne le pense pas : "Cela aurait pu m’intéresser mais avec mes coton-tiges à la place des bras, je ne vais pas faire grand-chose. Je ne suis pas assez véloce et réactif pour un 50m. Mais peut-être que je les travaillerais pour que ça m’aide pour le 100". Plein d’admiration, Agnel s’est fendu d’un dernier compliment pour le premier champion olympique français de l’histoire sur l’aller-simple : "Je ne sais pas si Florent réalise qu’à Londres, il est devenu l’homme le plus rapide au monde sur 50m. C’est juste génial. Brutal !". Et si c’est maître Agnel qui le dit…



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