Yannick Agnel est un homme pressé. Dans et en dehors du bassin. Supersonique dans l'eau, le nouveau roi de la natation française l'est également une fois sur le plancher des vaches. Passé sans s’attarder devant la presse après son triomphe sur 200 mètres et sa deuxième médaille d'or londonienne, le Français a affiché un large sourire, sans se dépareiller de sa concentration. Il faut dire que son planning londonien est très rempli. Mais qu’il gère parfaitement son affaire jusqu’ici. Jugez-vous même : Athlète "olympique" depuis dimanche, Agnel a déjà décroché plus de titres que ne le feront la quasi-totalité des participants à la fête quadriennale.
Le "pire", c'est que cela n'est pas peut-être pas fini. Sacré champion olympique du 4x100 mètres dimanche, vainqueur du 200 mètres lundi, Agnel prendra part aux séries du 100 mètres nage libre dès mardi (11 heures). Pas le temps de souffler. Ni de savourer. Mais qu'importe, le rêve est en marche. "C'est au-delà de mes attentes, de mes espérances. C'est un rêve de gosse qui se réalise. Je savais que j'étais le nageur le plus rapide de la finale sur 100 mètres dans l'absolu, il fallait que je m'extraie du peloton le plus rapidement possible, ce qui a été fait. Après, j'ai essayé de garder ma vitesse et de terminer avec les tripes sur le dernier 50 mètres. Je ne sais pas quoi dire... Je suis content que ça ait marché. Je suis ravi", a-t-il lancé après avoir reçu sa deuxième médaille d'or, lundi.
"On est sur le chemin"
Quand on signe un 46''74 départ lancé sur 100 mètres, que l'on réussit 1'43''14 sur 200 mètres, un chrono que seuls Michael Phelps et Paul Biedermann ont battu dans l'histoire, on peut voir grand. Très grand. "Depuis (dimanche) soir, je me suis mis à rêver à d'autres choses que d'une simple médaille d'or. On est sur le chemin. J'espère que ça le fera pour les autres courses. J'en attends pas mal", a lancé le Niçois, comme pour prévenir ses futurs adversaires, James Magnussen en tête. Le pire pour l'Australien et les autres fauves, c'est qu'Agnel a d'ores et déjà réussi ses premiers Jeux et que si sa concentration reste intacte, son relâchement est total et optimal : "On va y aller sans pression, simplement avec beaucoup de plaisir et d'amusement, ce qu'on fait depuis le début de la semaine. Pour l'instant, je profite simplement."
Sur le bord de la piscine, Fabrice Pellerin, son coach, se régale également. Son protégé, qui détient 33% des titres olympiques de l'histoire de la natation française, a fait la course parfaite lundi à l'Aquatic Center. "Je crois vraiment qu'il a rassemblé tout ce qu'il est et tout ce qu'il a travaillé pour faire la course idéale le jour J. C'est vraiment une course digne d'un champion olympique. Il a vraiment mis le paquet ce soir. Tous les éléments préparés, travaillés et parfois ratés sur les meetings, ce soir ils étaient tous en place. Yannick était à la fois serein et très déterminé", a analysé celui qui le dirige depuis six ans. Le travail accompli a payé. Et ce n'est peut-être pas fini
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Reuters