L'important, c'est de participer. Cette célèbre citation de Pierre de Coubertin sied très bien à Laure Manaudou à Londres. Eliminée en séries du 100m dos, épreuve où elle a glané le bronze aux JO-2004, la Française est sortie par la petite porte dans une épreuve où elle se sentait pourtant à l'aise. Et malgré cette contre-performance, l'ancienne championne olympique (du 400m libre) n'arrive pas à être déçue. Vingt-deuxième temps des séries, sur la distance qu'elle maîtrise le mieux cette saison, elle relativise: "C'est pas la fin du monde, je suis quand même 22e mondiale. Après 20 kg en plus pendant une grossesse et deux ans d'arrêt, je pense que je peux me contenter de ça". Puis elle glisse: "En tout cas pour l'instant".
Révélée au grand public lors des JO-2004, Manaudou a enchaîné titres et record du monde sous la direction de Philippe Lucas, qui lui "infligeait" jusqu'à 18 km par jour. Jusqu'à la saturation. En mars 2007, elle fuit en Italie, rejoindre son petit ami de l'époque. Suit le fiasco des JO-2008 à Pékin (aucune médaille). En septembre 2009, elle annonce sa retraite pour mieux se consacrer à sa famille. En avril 2010, elle donne naissance à Manon, qu'elle a eue avec le nageur Frédérick Bousquet. "Je n'ai pas que la natation dans ma vie et le fait d'avoir une famille, ça me décharge complètement de toute contre-performance", souligne la Française, exilée aux Etats-Unis, à Auburn, pendant deux ans. Là, elle a renoué avec la natation.
"On espère toujours un miracle"
Mais elle a rangé définitivement son orgueil de championne. "Je ne pouvais pas me fixer (d'objectif) de médaille en sachant que je n'en étais pas capable. On espère toujours un miracle mais le but c'est d'être aux Jeux et de profiter de chaque moment. J'aurai la chance d'être dans les tribunes pour regarder les courses et pour encourager notamment Camille (Muffat) au 400 m et tous les autres nageurs français", dit-elle, souriante et détendue. Après avoir réussi à se qualifier lors des sélections olympiques en mars, elle avait peiné à se remettre au travail. Le coeur n'y était plus, notamment parce que Bousquet avait échoué à composter son ticket pour Londres.
"C'était assez dur de se remettre dans le bain en rentrant à Auburn (Etats-Unis). Je n'ai eu un déclic qu'une fois que Fred était parti aux Championnats d'Europe fin mai. Je me suis dit qu'il ne fallait pas que je regrette plus tard et que je me remette à bosser". Trop tard ! Le manque de travail se paye cash. L'égérie de la natation française va achever les JO avec le 200 m dos et le relais 4x100 m 4 nages. Puis elle rentrera à Marseille, où elle s'est installée définitivement avec Bousquet. Elle honorera les quelques contrats signés cette saison, notamment avec Topsec, qui inclut une clause de reconversion professionnelle. Arrêtera-t-elle la natation ? "Non, je ne vous dirai pas que j'arrête, non!", a-t-elle lancé dimanche à un journaliste de TF1. Le meilleur reste peut-être à venir.
LES JEUX OLYMPIQUES DE LONDRES SONT A SUIVRE EN DIRECT ET EN INTEGRALITE SUR EUROSPORT ET SUR EUROSPORT PLAYER.



DPPI





















