Jérôme Fernandez (handball), Yannick Agnel (natation), Ugo Legrand (judo), Jean-Michel Lucenay (escrime), Steeve et Christophe Guénot (lutte gréco-romaine) partagent avec vous leur journal de bord et leurs ambitions olympiques d'ici aux Jeux de Londres (27 juillet - 12 août 2012).
"Un sursis de 48 heures"
Par Jérôme FERNANDEZ
Par quoi commencer ? Il n'y a finalement pas grand chose à dire quand on voit la tronche de notre match. On est avant tout heureux d'avoir gagné même si tout était loin d'être parfait. Je crois, qu'en ce moment, on ne peut se contenter que de la victoire.
Je ne vais pas vous mentir. J'ai vécu un match pénible. En début de partie, j'ai commencé à droite. J'ai été en échec dès mes premiers tirs et n'ai pas été capables de faire la différence sur les duels. Ça ne s'est pas bien passé. En défense, je n'ai pas été bon non plus. Et la Slovénie, qui a profité de nos largesses défensives, a rapidement pris quatre buts d'avance. Heureusement, on remonte au score juste avant la pause. La seconde période a été légèrement meilleure avec quelques mais rares exploits individuels et du mieux en défense. Je m'en suis voulu d'avoir raté le tir à 6m en fin de rencontre. Un but nous aurait mis à l'abri.
Alors quand j'ai marqué le 28e et dernier but, j'ai craqué. Pourquoi ? C'est un tout. La frustration mais surtout ma situation personnelle. Comme vous le savez peut-être, ma mère se bat contre la maladie. Ce n'est pas simple à vivre évidemment. J'ai tellement envie de bien faire. Pour moi. Pour l'équipe. Mais surtout pour elle.
Après mon but, Guillaume (Gille) m'a pris dans ses bras. "Titi" également. Tous mes coéquipiers sont au courant de la situation. Ils me soutiennent énormément et m'aident beaucoup à ne pas craquer.
Maintenant qu'on a gagné, on respire un peu. Un sursis de 48h nous est offert. Avant la Slovénie, l'espoir était très mince. Ce soir, il est... mince. Si on arrive à se sublimer et à l'emporter, même d'un seul but, contre la Croatie, on se mettra à y croire un peu plus. Dans le même temps, il ne faut pas que les Hongrois gagnent leurs deux derniers matches (contre la Slovénie et la Croatie).
Un mot du vestiaire ? On a tous poussé un ouf de soulagement. Il y avait de la cohésion dans ce groupe. On a tous eu des mots sympas les uns pour les autres. On veut se remotiver. On a conscience de la galère dans laquelle on s'est embarqué. Par notre faute. On est tous dans le même wagon. Alors on se soutient. Depuis le début de l'Euro, personne n'a été bon sur les quatre matches. Contre la Russie ou contre la Slovénie, on s'en est sorti car il y a eu trois-quatre mecs (ce soir, je pense notamment à Thierry et Xavier) qui sont sortis du lot. Mais c'est tout.
Parfois, on me demande d'expliquer pourquoi on en est arrivé là. Ce n'est pas sorcier. On n'est pas bien rentré dans cette compétition. Le doute s'est installé. Ce qui a occasionné moins de lucidité et a freiné notre performance. On a perdu notre qualité de jeu en attaque. Et comme offensivement, on n'y arrive pas, on galère en défense. On cogite tellement...
Là, on est déjà tourné vers la Croatie. On sait que si on n'est pas bon, on ne fera pas que perdre : on prendra une raclée. Je n'ai pas beaucoup vu jouer les Croates depuis le début de l'Euro. Hormis un bout de match ce dimanche contre l'Espagne. Ce n'était pas fameux. Mais comme on a montré qu'on était loin du niveau de l'Espagne en Serbie, on va éviter de se croire supérieurs à eux et nous voir plus beaux qu'on l'est.
A bientôt.
Jérôme























