Patrick Mouratoglou dirige depuis 15 ans l'Academy de tennis qu'il a créée, reconnue comme l'une des plus performantes au monde. Ancien coach personnel de Marcos Baghdatis, Anastasia Pavlyuchenkova, Aravane Rezaï, Jeremy Chardy et Grigor Dimitrov, il entraîne désormais Serena Williams. Auteur de "Eduquer pour gagner" (2007, Ed. Amphora), il dispose d'une tribune mensuelle dans de nombreux magazines internationaux et est consultant pour les antennes d'Eurosport sur les tournois du Grand Chelem.
Jouer blessé ou pas, telle est la question
Après le genou de Rafael Nadal, le genou de Gaël Monfils... Ces deux derniers épisodes, comme d’autres avant eux - le doigt de Jo-Wilfried Tsonga, la fièvre de David Ferrer, et j’en passe – ont placé ces dernières semaines au centre de l’actualité l’équation qu’ont à résoudre la plupart des joueurs de tennis à un moment de l’année : peut-on jouer blessé ? Jusqu’à quel point ? Quand faut-il savoir s’arrêter ?
Il y a différents types de blessures: bénignes, graves et très graves. On a eu des cas de joueurs qui ont joué avec des blessures graves, lesquelles sont ensuite devenues très graves. Nadal en est un bon exemple. On peut parler aussi de Del Potro qui avait joué l'Open d'Australie avec une grosse tendinite au poignet et qui a eu ensuite un an d'arrêt et deux interventions chirurgicales à cause de ça.
Jouer blessé, ça peut aussi ne pas avoir beaucoup d’impact. C'est au personnel médical d'évaluer les dangers pour le joueur. Jouer blessé, c'est quelque chose de récurrent chez les joueurs de tennis. Les petits bobos sont fréquents, presque inévitables. Les meilleurs savent faire avec et oublier une douleur. Mais il faut savoir différencier une douleur d'une réelle blessure : jouer avec une blessure ça peut parfois être stupide car on gagne sur du court terme, mais on perd énormément sur du long terme, comme on a pu le voir – j’y reviens - avec Nadal ou Del Potro.
Il faut savoir que le stress est générateur de blessures. La quasi-totalité des joueurs ont des douleurs à l'approche d'un tournoi. Ces douleurs sont parfois bénignes et liées au stress de la compétition. Le grand challenge des staffs, c’est de savoir faire la différence entre blessure et douleur.
Au-delà du stress, le joueur de tennis est soumis à un certain nombre de blessures habituelles. L'épaule en premier lieu, car le service est très agressif pour cette partie du corps. Le dos, les genoux sont aussi des zones souvent blessées. Sans oublier les chevilles, c'est une articulation soumise à des torsions terribles. Voilà pour les zones à risques.
Je me souviens d'Andy Murray qui s'était fait une entorse spectaculaire à l'Open d'Australie il y a quelques années. C'était vraiment impressionnant et je n'aurais jamais imaginé qu'il puisse continuer à jouer. Mais on l'avait bien strappé et il avait réussi à finir le match et à très bien jouer malgré cette blessure…
Patrick MOURATOGLOU























