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Galles et Irlande, les meilleurs élèves
Le premier round du Tournoi 2012 a confirmé les résultats de la dernière Coupe du monde et a suivi la logique donnée par le classement international de l’IRB. A ce jour, France et Pays de Galles sont les prétendants les plus sérieux à la victoire du Tournoi.
Si, maintenant, on se penche sur la qualité des différents matchs –à l’exception d’Ecosse-Angleterre, que je n’ai pas visionné- on est bien obligé d’attribuer la meilleure note aux Gallois et aux Irlandais. Leur capacité à produire du jeu pendant 80 minutes ne s’est pas démentie. Les rôles de gagnant et perdant auraient même pu s’inverser sans la moindre contestation. Chaque équipe a eu ses temps forts, prenant successivement l’avantage au score. Mais jamais de manière décisive, ce qui a généré du jeu malgré l’enjeu assurant ainsi le spectacle et l’émotion qui va avec.
Comme tout le monde, j’ai particulièrement aimé ce match qui a démontré la capacité des uns et des autres à entreprendre avec beaucoup de pertinence à la main et au pied, sans calcul stratégique abusif. Derrière ce rugby engagé, et rapide proposé par les deux collectifs, le volume de jeu est logiquement devenu la conséquence de la dynamique de mouvement développé. Initiatives individuelles et intelligence collective se sont harmonieusement insérées dans la vie du jeu, dans la variabilité des séquences et de leurs formes, relativement au rapport de force attaque-défense rencontré. En fin de match, le dernier essai des Gallois est symptomatique de la confiance qui anime cette équipe et de la foi qu’ils vouent à leur capacité à avancer par le seul jeu à la main. Un choix d’autant plus impressionnant au vu de la distance qu’il fallait remonter en seulement deux minutes pour aller chercher "la gagne". Ce fut suffisant pour provoquer la faute adverse. Cette cohérence tactique du jeu gallois nous sort du jeu quelquefois caricatural et contagieux du trio "conquête-occupation-défense".
Les jeux gallois comme irlandais se forgent dans les compétitions inter-provinciales dans lesquels ils sont engagés. Reproduire ces schémas en équipe nationale ne les perturbent pas. Dans leur tête, le résultat passe par là. Soit dit en passant , dans le Top 14, c’est aussi avec cet état d’esprit que Bègles-Bordeaux s’est largement imposé avec la manière devant Lyon. C’est d’ailleurs devenu le jeu référent de ce collectif, quels que soient les adversaires, celui qui leur permettra sans doute de rester dans l’élite.
France-Italie fut un match moins enlevé. Soyons clair, le but du jeu était de gagner. Le faire en marquant quatre essais est on ne peut plus louable. Marquer ces essais avec un minimum de passes est idéal et on aurait tort de s’en priver quand cela se présente. Dans cette rencontre, cela a suffi pour battre des Italiens. Selon moi, ils sont en progrès dans le jeu offensif, surtout en deuxième mi-temps où il surent mieux déplacer le jeu sur la largeur. Ils se donnèrent ainsi l’occasion de marquer deux essais. Le pilonnage, certes puissant, qu’ils firent subir aux Français en première mi-temps leur permit de monopoliser le ballon. Mais sans réelle efficacité, par manque d’avancée significative. La défense des Italiens reste encore trop naïve. Elle manque de constance et d’équilibre dans la distribution latérale et profonde. Sur les turn-over concédés, ils autorisent à leurs adversaires - et pas seulement les Français- des essais, inattendues conséquences de ce jeu minimaliste.
La France n’a pas eu à forcer son talent. Le prochain match contre l’Irlande nous édifiera davantage sur les capacités de cette équipe à répondre au défi d’un jeu différent, dans la forme, dans la consistance et richesse.























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