“La victoire castraise ne se discute pas”

“La victoire castraise ne se discute pas”
le 06/06/2013 à 18:03

Castres a laissé peu de place aux Toulonnais pour réaliser le doublé Coupe d’Europe- Top 14. Une victoire que les Tarnais doivent pour une grande partie à leur judicieuse défense. Celle-ci n’a rien cédé sur les tentatives de pénétrations des Rouge et Noir quelle que soit la puissance des impacts. Il faut dire qu’en évoluant jamais très loin des zones de blocages et de plaquages, les Toulonnais ne choisirent pas d’étirer la défense au delà de Matthieu Bastareaud, une option qui ne surprit pas les Castrais. Jouer plus loin aurait étiré la défense, ouvrant ainsi dans un temps de jeu successif des zones plus dégagées. L’option “avancée individuelle” de leurs habituels perforateurs dans le rideau défensif ne fut jamais suffisante, ni décisive, pour concerner et attirer vers la ligne de pénétration les défenseurs castrais placés latéralement.

Quand les Toulonnais recherchèrent la solution par le jeu latéral, ils durent jouer devant une défense toujours en place qui avançait. Sous pression, ils rendirent ainsi autant de ballons à leurs adversaires et les approximations dans leur jeu de passe en sont la conséquence.

Les quelques temps forts toulonnais, créés à la suite d'un pilonnage sévère à l’approche de la ligne de but adverse furent les seuls moments qui auraient pu bouleverser le contexte tactique de ce match, d’autant que le collectif de la Rade était orphelin du manque de réussite de Wilkinson qui, dans ce match, a tenté d’animer le jeu plutôt que de le gérer comme il sait très bien le faire quand son équipe mène au score.

Dans cette finale, le CO ne s’est pas contenté de maintenir un rideau défensif parfaitement étanche. Il a su réaliser des actions collectives efficientes qui auraient pu leur permettre d’inscrire un, voire deux essais à celui de Kockott qui , juste avant la mi-temps, sut exploiter judicieusement un espace aux abords d’un ruck. Espace laissé par la défense toulonnaise, focalisée sur l’ouvreur Tales placé en position de drop. Dans ce jeu situationnel, parfaitement lu, le demi de mêlée n’eut besoin de personne pour filer par le plus court chemin à l’essai dans l’espace libre. Il donnait alors avant de rentrer au vestiaire un avantage au score qui psychologiquement allait devenir déterminant pour la suite.

Un petit commentaire sur Tales. L’ouvreur castrais a su évoluer dans un registre très propre tant en attaque qu’en défense, il a animé et a pesé sur le jeu avec justesse et précision. On pourrait lui reprocher sur deux pénalités d’avoir rendu deux ballons à ses adversaires mais comment ne pas louer la pertinence de ses deux drops dans un moment du match particulièrement crucial ?

La victoire castraise ne se discute pas. Au stade de France, les joueurs étaient bien à Pierre-Antoine, comme le clamaient les supporters. Ce titre récompense à la fois la force mentale de ce collectif dans ces phases finales et le club, qui depuis plusieurs saisons rivalise avec les meilleurs. Cette consécration en est la logique. Bravo !