"J'ai trouvé Montpellier emprunté"

"J'ai trouvé Montpellier emprunté"
le 28/05/2012 à 10:39

Dans le premier match de barrage, j’ai été plutôt contrarié par le jeu produit par Montpellier. Non pas par leur défaite, car ce serait désobligeant les Castrais qui n’ont rien volé loin s’en faut, mais par l’incapacité des joueurs montpelliérains à donner au jeu une forme et une dynamique qui correspondaient mieux à leurs performances précédentes depuis deux ans. Sans en faire les favoris du Top 14, leur jeu parfois insaisissable dérangeait les meilleurs et il est dommage que cet esprit de jeu ne se soit pas mieux exprimé.

Quand on perd sans avoir fait valoir ses arguments, on est forcément déçu. Les très bonnes équipes, ce sont celles qui savent régulièrement entretenir le jeu qui les a fait reconnaitre, parce qu’il a été aussi le jeu qui les a amené à gagner.

J’ai trouvé Montpellier emprunté et mal à l’aise dans ce mouvement général qui fait justement sa force. J’ai vu des joueurs ne pas prendre leur responsabilité sur les chandelles adverses, autant de ballons sur lesquels habituellement, ils s’appuient pour relancer efficacement le jeu. J’ai trouvé leur rugby soudainement très compliqué, particulièrement en généralisant et abusant dans leurs mouvements collectifs de leurres inefficaces qui ne s’imposaient pas. Ils y perdirent du même coup en fluidité. Le jeu d’appui et de soutien profond autour du porteur de balle, qui faisait la robustesse de leurs intentions, n’a pas de fait pu s’exprimer et du même coup, le potentiel de certains joueurs particulièrement précieux dans ce jeu de mouvement n’a pas pu s’exprimer comme on était en droit de s’y attendre

N’imposant pas son jeu prioritaire, Montpellier est devenu le temps de ce match une équipe « normale », pour employer un mot à la mode, et cela ne pouvait suffire pour battre un CO qui  n’a, de fait, jamais douté et a largement mérité sa place en demi-finale.

Le match Toulon – Racing Metro nous a gratifié d’un match d’une plus grande intensité et vitesse. Les Racingmen regretteront longtemps d’avoir perdu un match qui était dans leurs cordes. Ils  avaient su plutôt bien maitriser le défi de l’affrontement que leur proposèrent près des phases de ruck les Toulonnais, mais faillirent sur la quasi seule action au large proposée par leurs adversaires. Celle-ci a été d’ailleurs remarquablement bien jouée, a contrario des approximations entrevues dans ce style de jeu chaque fois ou presque que les rouge et noir s’y aventurèrent.

Pour les bleu et blanc, ils pourront regretter de ne pas avoir su, alors que le score était largement favorable (13 – 3 mi-temps), repartir avec la même envie et les mêmes intentions de jeu, ce que regretta d’ailleurs Pierre Berbizier, interviewé sur la touche. Le match s’est perdu beaucoup plus avant cet essai, que sur le final où 2 pénalités manquées pouvaient encore les conduire à une victoire, que les Toulonnais empochèrent et concrétisèrent sur une mêlée qui, symboliquement, est la marque de fabrique de la culture toulonnaise.