"Veiller à l’éthique des deux Coupes d’Europe"

"Veiller à l’éthique des deux Coupes d’Europe"
le 18/10/2012 à 13:14

La Coupe d’Europe nous propose chaque année une compétition particulièrement intéressante qui conjugue, qualité de jeu et incertitude jusqu’au dernier match pour connaître les qualifiés aux ¼ de finales. Cette qualification devient d’autant plus difficile que l’élévation du niveau de jeu, notons le, particulièrement défensif, a pour effet d’entraîner un resserrement des valeurs, comme en Top 14, entre les meilleurs et les moins bons. Il y a obligation de prendre tout le monde au sérieux et ne rien lâcher : surtout pas les éventuels bonus qui prennent une place déterminante dans le classement final des poules.

Il s’agit bien dans cette compétition d’être compétitif mais pour qu’il en soit ainsi il faut avant tout placer tous les clubs, dans toutes les compétitions (Top 14, Premiership, Ligue celte), dans les mêmes conditions et exigences de qualification.

Aujourd’hui se pose la question de savoir comment faire pour que l’éthique sportive, avec une "grande Coupe d’Europe" et une "petite" soit clairement respectée. Seulement, cette éthique est mise à mal puisque la désignation des clubs participant à la H Cup n’est pas identique pour tous.

En effet, les provinces irlandaises, les franchises galloises, écossaises et italiennes sont chaque année qualifiées sur des critères autres que ceux liés à leur performance dans la compétition qui les opposent.

L’objectif, au départ, était d'offrir aux équipes irlandaises, galloises et écossaises et plus tard aux Italiens une compétition de meilleur niveau en lieu et place des affrontements purement nationaux jugés trop faibles. C’est maintenant chose faite et le niveau de jeu de cette compétition est maintenant concurrentiel. Il devient donc logique de placer la Ligue celte dans les mêmes conditions que les clubs français et anglais qui utilisent leur compétition nationale et le classement qui en résulte pour qualifier les meilleurs en H Cup et les autres dans la seconde compétition européenne.

Cette facilité d’accession leur permet de se préparer dans les meilleures conditions aux exigences de la compétition européenne qui tend à devenir leur seule priorité. Une commodité plus difficilement praticable en France et en Angleterre où la formule utilisée du style "cut en golf ", désignant les qualifiés à l’issue de la saison légale, interdit les impasses sous peine de ne pas accéder aux phases finales.

La réflexion actuellement menée à l’ERC concernant une nouvelle formule de qualification me parait particulièrement pertinente. En terme d’éthique et de compétitivité sportive dans une compétition, il me parait logique de placer tout les participants sur les même bases d’accès à la qualification. S’il s’agit bien de considérer les douze équipes de la Celtique League et de faire accéder, via les mérites de compétitivité, les six premiers à la H Cup, on élèvera aussi et forcement le niveau de performance pour se positionner dans le haut du tableau.

Certainement dans un premier temps, les plus pénalisés seront les deux franchises italiennes. Dans cette compétition, il faut bien le dire, même s’ils sont de plus en plus performants, ils ne sont pas à leur place, ce qui tend à favoriser les clubs qui sont dans leur poules.

En ce qui les concerne, dans le cadre d’une nouvelle formule, leur éventuelle non qualification pour la compétition majeure provoquera certainement des soucis d’ordre économiques qu’un handicap sportif . Au contraire, je dirais même qu’ils trouveront dans cette deuxième compétition européenne, légèrement moins performante que la H Cup, un niveau de jeu plus adapté qui leur permettra de gagner plus souvent, d’élever leur niveau et de revenir plus fort et avec encore plus d’ambition la saison suivante en Ligue celte, et ainsi,se donner les moyens de leurs ambitions, à savoir rivaliser enfin au plan du jeu avec les meilleures équipes celtes.

L’assertion qui est tenue pour les deux équipes italiennes peut être, certes à un degré moindre, déclinée pour l’une des deux franchises écossaises.

Enfin, dans ce cadre compétitif , il conviendrait, pour demain, de ne pas oublier de mettre en place une troisième compétition pour les clubs européens de niveau inférieur. A part la Roumanie et l’Espagne, aucun autre pays via un club ou franchise ne sont invités à participer. La visibilité d’une telle mesure influencerait favorablement le développement du rugby dans leur pays. Mais bien sûr, cela à un coût.