"Un final fabuleux entre l'Australie et la Nouvelle-Zélande"

"Un final fabuleux entre l'Australie et la Nouvelle-Zélande"
le 29/10/2012 à 15:42

Australiens et Néo Zélandais doivent bien s’apprécier puisqu'ils se rencontrent souvent. A peine finie la compétition majeure du sud, ils se sont de nouveau affrontés pour un match amical. Ce match s’inscrit maintenant de manière pérenne avant la visite en Europe imposée par l’IRB à ces deux nations. On connait la rivalité qui existe entre ces deux pays. En conséquence, ce match n’a rien eu d’amical et les adversaires n’ont pas manqué de rivaliser jusqu’au bout. Le score (18-18 ) dans les dernières minutes, a même rendu la fin de match très indécise. Le désir de s’imposer à l’autre est devenu palpable pour ne pas dire plus provocateur. On aurait pu "à l’amiable" accepter de s’en tenir à ce score et de gérer gentiment la fin du match. Mais manifestement, aucun des deux antagonistes ne souhaitaient se satisfaire d’un résultat nul.

D’un coté, les Australiens, pas transcendants dans les Four-Nations et en plus battus par les Blacks deux fois lors de leurs dernières confrontations, auraient pu considérer positivement ce match nul et ainsi reconquérir une certaine confiance même si celle-ci, on le sait, est bien plus développée quand elle est construite et alimentée par le succès. Ce match nul en tout cas pouvait être acceptable pour ne pas avoir peur d’un lendemain pas évident qui les attends en Europe avec trois test-matchs à la clé, dont un capital contre les Français.

De l’autre, les Néo-Zélandais, auréolés de leur récent grand chelem dans les Four-Nations auraient pu, à la 74e minute, 18-18 dans le "money time", considérer qu’un match nul n’écornerait pas leur image de marque d’autant qu’il s’agissait bien d’une rencontre sinon mineure du moins un peu marginale dans le contexte international. Mais on connait l’orgueil néo-zélandais. Préserver un résultat qui ne leur donnait pas la victoire ne pouvait les satisfaire.

Comme les Australiens étaient dans le même état d’esprit, cette fin de match nous a gratifié d’un final fabuleux. Il n’était pas dans l’esprit ni des uns, ni des des autres, d’attendre la sirène. La stratégie des Australiens choisissant d’avancer par le plus court chemin avec un minimum de risque et de passes s’avéra efficace. De la 78e à la 84e minute, la séquence de jeu australienne initiée dans leurs propres 22m amena les Blacks à subir le jeu simpliste de "rushs" individuels successifs. Soit une séquence de 15 rucks consécutifs. Refouler dans leur camp à coup de boutoir les "McCaw boys" ne pouvaient plus concéder la moindre pénalité. Les avancées individuelles et la bonne conservation du ballon des Aussies les repoussèrent progressivement au niveau de leurs 22. Je dirais plutôt facilement puisque les Noirs ne pouvaient concéder la moindre faute et surtout ne pouvaient oser la faute utile, celle que l’on peut faire en fin de match quand on mène au score et que les trois points sont insuffisants pour donner un avantage décisif à l’adversaire. Les Australiens attendaient cette erreur qui leur aurait permis de tenter la pénalité gagnante. Mais la maitrise était chez les défenseurs, pas de faute pour les habiles All Blacks bien arc-boutés en défense et justement suffisamment lucides pour abuser les Australiens en les obligeant à s’engager illicitement dans le dernier ruck. L’adage "est pris qui croyait prendre" illustrait cette longue séquence et avec elle la fin d’un match, car il ne faisait de doute pour personne que le ballon enfin récupéré par les Blacks allait être balancé dans les tribunes.

Le choix les All blacks en demandant à la 85e minute une mêlée relève d’une bravade qui bien sûr me séduit. Un tel défi implique que sous la responsabilité du capitaine, le collectif soit disponible pour prendre ce risque. Aversion au non-risque, ce qui ne peut se faire que si "l’estime de soi" de tous est au top, ce qui traduit une force mentale supérieure pour accepter, avec l’attrait que procure une telle situation, de mettre à disposition toutes ses compétences pour réussir sans à aucun moment douter du choix.

Cela n’a pas suffi aux Néo-Zélandais pour gagner le match puisque la vague noire, après avoir balayé le terrain sur 80 mètres, s’en remit à Dan carter pour concrétiser un moment de rugby et certainement tout autant un moment de contentement hors norme si son drop était passé.