Le Boxing Day à la française est-il recevable ?

Le Boxing Day à la française est-il recevable ?
le 03/01/2013 à 19:11

Le Boxing Day à la française est il recevable ? En France, l’Anglais est très souvent décrié mais cela ne nous empêche pas d’utiliser ses traditions et de s’en servir en justifiant le choix de jouer pendant la période des fêtes, profitant ainsi de l’engouement populaire généré. Pêle mêle on peut accepter cette "non trêve rugbystique", pour de nombreuses raisons : rentabilité pour les clubs, ciblage d’un autre public, système professionnel qui ne peut offrir de vacances à ses champions, calendrier surchargé, vente optimales dans les boutiques et bien sûr… audimat télévisuel.

Autant de raisons qui peuvent justifier l’utilisation de ces fêtes de fin d’année pour caler des matchs du Top 14 dans une période habituellement réservée et perçue comme un temps de relâche permettant le resserrement familial (Noël) et celui de retrouvailles festives entre amis (nuit de la Saint Sylvestre).

En revanche, le Boxing Day anglais s’inscrit dans une vieille et longue tradition, installée maintenant dans la culture british et tout ce qui va avec : habitudes, valeurs construites dans un cadre de référence social. Autant de facteurs qui dans ce pays, en ont fait un événement identitaire qui, de façon logique, a progressivement touché le sport, permettant ainsi d’en faire une date importante dans le calendriers sportif. Tout un environnement a été mobilisé et disponible pour vivre de manière communautaire un événement sportif dont la pertinence ne saurait être remise en cause. A contrario, en France, les matchs du Top 14 programmés ont suscités pas mal d’interrogations.

Coté français, une acculturation est- elle envisageable ? Est-il possible que la culture dominante, en l’occurrence la forme anglaise, s’impose sans qu’un vrai travail de réinterprétation soit fait pour transposer le Boxing Day anglais en créant des événements festifs et rugbystiques perçus comme appropriés pour tous les acteurs, sur le terrain, en coulisses et dans les tribunes.

A mon avis, les fortes affluences enregistrées dans les stades lors du dernier match de l’année sont liées uniquement à intérêt sportif que suscite le Top 14 , mais bien sûr aussi, à la période d’inactivité et de détente accordée pour les fêtes à un public plus disponible. Profiter de cet engouement pour donner à ces fêtes une visibilité rugbystique différente me parait essentielle. Apporter au "French Boxing Day" un relookage, une connotation "franchouillarde" ne serait pas pour me déplaire. Il s’agirait de créer cette habitude et à terme une véritable culture de cet événement. Ce n’est pas simple, mais aucune culture, surtout sportive, n’est figée. Utiliser la génialité du Boxing Day anglais et procéder par différentiation me parait intéressant.

Cette dynamique reste à créer aussi pour que les joueurs vivent ces événements autrement que dans le cadre d’un match de championnat qu’ impose le calendrier mais qu’ils en deviennent les acteurs motivés parce qu’ils auront donné un autre sens à ces fêtes de fin d’année.