"L'Italie a choisi un rugby total"

"L'Italie a choisi un rugby total"
le 07/02/2013 à 15:49

Il convient avant tout de valoriser la performance qualitative des Italiens dans ce match. Le mérite appartient bien sûr aux joueurs, mais comment ne pas louer Jacques Brunel. Lui qui a su insuffler à son collectif la confiance utile pour aller défier les cousins français dans un registre offensif qui, d’habitude, est plutôt le leur. Ce sont du moins les qualités développées par les Tricolores en octobre contre l’Australie et l’Argentine.

Les Italiens ont su privilégier dès le départ le jeu à la main.  Ils ont utilisé avec pertinence les ballons conquis et ont pris à leur compte le jeu au pied abusif des français. Les « azzuris » ont réalisé un match plein tant en attaque qu’en défense. Ils ont su tout au long du match croire au jeu proposé et ne se sont jamais démobilisés même lorsque la France a pris l’avantage. Des intentions qui se sont avérées suffisamment efficaces pour donner l’impression aux « tifosi » que cette fois les dominés étaient bel et bien les adversaires.

Lorsque Pierre Berbizier dirigeait l’équipe italienne, elle produisait  des séquences de jeu particulièrement intéressantes mais au fil des minutes, le collectif avait tendance à s’effriter. L’ère Brunel s’inscrit clairement dans le prolongement du bon travail réalisé par Pierre. Les progrès en rugby sont liés à l’histoire du jeu aux idées reçues qu’il s’agit de faire évoluer. Ce fut la force du collectif italien dans ce match.

La « squadra » était plutôt attendue dans certains secteurs du jeu, comme celui des avants et de la mêlée. Mais paradoxalement c’est le choix d’un rugby total qui a permis de faire chavirer le stade Olympique. Le public a été sensibilisé tout autant par la manière et la brillance de la production que par le résultat. Même si celui ci aurait pu s’inverser dans les toutes dernières minutes, la respiration aurait été la même.

Bien sûr, il ne s’agit que d’un match réussi. Demain il s’agira de ne pas mollir. Tout ne sera pas rose mais l’objectif de gagner enfin deux matchs dans un Tournoi n’est plus utopique. Si les Italiens continuent à se perfectionner dans les mécanismes d’interactions collectives et dans l’alternance au pied il faudra compter avec eux. Pour autant il va falloir s’approprier une pensée tactique plus riche, mais en ce sens cette première victoire va les rassurer pour avancer dans la bonne direction.

Très significatif de cette volonté, les comportements collectifs sur le jeu de contre attaque. Les joueurs en soutien du réceptionneur ont chaque fois mis les français en difficulté. Attention, une telle production va générer enthousiasme et optimisme. Mais cette équipe peut connaître le temps d’un match « du moins bien » générant pessimisme et doute. La progression passe par l’acceptation de ces deux contraintes qui sont, en terme de progression, aussi dangereuses l’une que l’autre.