"Giteau ou Palisson peuvent bouleverser la défense clermontoise"

"Giteau ou Palisson peuvent bouleverser la défense clermontoise"
le 17/05/2013 à 12:45

Nous allons bien avoir une finale franco–française. Ce n’est pas la première fois que cela arrive. Toulouse avait battu Perpignan dans le vieillot "Landsdowne Road" qui était loin d’être plein. On peut espérer, à l’Aviva Stadium, un public plus nombreux. Je ne parle pas des supporters des deux clubs mais bien du public rugbystique british ou celte qui, je n’en doute pas, aurait préféré la présence d’un de leur représentant. Mais l’intérêt sera ailleurs et ce qui prévaudra pour attirer ces spectateurs, c’est la présence dans chacun des collectifs de stars mondialement reconnues.

Pourtant les résultats significatifs de Clermont et Toulon tant dans le Top 14 qu’en Coupe d’Europe ne devraient pas laisser insensibles les amateurs du rugby Outre-Manche. Les deux clubs présentent un parcours sans faute et de fait, l’incertitude sur le vainqueur de cette rencontre est grande. D’ailleurs, aucun des deux protagonistes ne semble vouloir endosser le statut de favori ; l’intox bat son plein, la politesse est de rigueur pour déclamer, à qui veut l’entendre, que le meilleur, c’est l’autre.

Effectivement, ce match présente, en terme de forces collectives et individuelles, un magnifique équilibre. Il faut espèrer que les stratégies qui viseront à bouleverser cet équilibre ne seront pas trop contraignantes, au risque d’un match fade. Les capacités créatives des uns et des autres seraient alors inexploitées, ce qui serait dommage pour le spectacle. Les entraîneurs trouveront-ils les clefs du code, celles qui malgré l’enjeu insuffle de la vie au jeu ?

Quel seront les facteurs déterminants ?


  1. Le jeu des Toulonnais s’appuie sur la puissance des avants qui avancent et poussent à la faute, permettant à Jonny Wilkinson de meubler le score grâce aux pénalités. Mais Wilko n’est pas le seul à profiter de cette avancée: dans le sillage du pack, leurs virevoltants joueurs des lignes arrières comme Giteau, Palisson ou Smith (si il joue) peuvent bouleverser l’ordre défensif adverse, même si celui de Clermont est pourtant plutôt bien conçu. Un jeu défensif qui ne sera efficient que s’ils acceptent d’aller chercher très haut les Toulonnais, une option qui tout en même temps les amènera à prendre le risque de subir le jeu au pied court, celui dans lequel justement excelle l’ouvreur varois.

  2. Le jeu plus libéré des Clermontois se déclenche de tous les coins du terrain... et souvent de celui où l’on s’y attend le moins. Cette capacité des asémistes à se mobiliser efficacement autour du porteur du ballon pour préserver l’avantage du déséquilibre acquis est devenu au fil des années leur meilleur fond de commerce. La conception de leur rugby leur permet d’agir et de réagir mieux et plus vite que les adversaires. Cette activité autour du porteur de balle contribue à apporter des options de jeu à multiples sorties . Dans ce jeu qui mobilise les capacités perceptives et décisionnelles, les habiletés techniques sont en permanence éprouvées et font aussi la richesse d’un jeu qui est devenu naturel aux Clermontois. Cet optimum leur sera nécessaire pour faire sortir les Toulonnais du cadre de leur rugby sans être obligé de rechercher un surpassement qui les amènerait à déjouer.