Wrc - Rallye d'Irlande
03/02/2009 - 12:00Sligo team par team

Analyse des performances irlandaises chez Citroën WRT,Citroën Junior, Ford WRT et Ford Stobart.
Citroën WRT - Loeb P1, Sordo P2

48e victoire en Mondial pour Sébastien Loeb et Daniel Elena (nouveau record), auteur de 11 scratches en 17 spéciales. Le quintuple champion du monde français a commis une erreur inhabituelle en se trompant de pneus pour la 1ère boucle, vendredi matin, avant de rectifier l'après-midi. "Je ne me suis pas imaginé une seule seconde que les 'neige' puissent être mieux que les asphaltes (standard) sous la pluie", explique le N.1 mondial. "Finalement, je me suis trompé. Les 'neige' sont beaucoup plus flous mais ils donnent de la confiance, on peut mieux travailler la voiture, les pneus, ça évacue mieux et finalement on a beaucoup plus confiance. Le grip est beaucoup plus régulier donc c'est plus facile".
Loeb a pris la tête de l'épreuve lors de l'ES4 et ne l'a plus quittée. Il s'est fait deux frayeurs, dans l'ES12 (vibration dans une roue suite à l'infiltration de boue sur un écart de trajectoire) et dans l'ES18 ("jardinage" sur 60 mètres).
En marge du rallye, un coup de gueule : Mosley veut imposer en WRC des S2000 sans turbo. "Je pense que c'est nul. Une S2000 n'avance pas. Un kit avec un turbo ne coûterait pas beaucoup plus cher et rendrait les courses beaucoup plus intéressantes", s'est agacé le champion.
On a retrouvé le Dani Sordo du Rallye de Grande Bretagne, précis et régulier sur des routes étroites et piégeuses. 2e sur ce rallye asphalte (comme en 2007), c'était son contrat au départ. Les garanties qu'il offre à son employeur arrivent à point nommé car 2009 est une saison importante pour lui : il est en fin de contrat.
Citroën Junior - Atkinson P5, Rautenbach P18 - Ogier P6

Au volant de sa C4 de location, Chris Atkinson a fait du Chris Atkinson. Purement dans le style du pilote Subaru WRT qu'il était, et qui avait déjà fracassé une Impreza en Irlande en 2007... L'Aussie a cogné dès l'ES6. Surpris par un changement de revêtement au premier virage, il est parti en glissade et sa C4 a tapé et arraché un poteau téléphonique côté passage... Il n'a perdu que 1 min 15 sec dans cette histoire. A noter que son navigateur, Stéphane Prévot, avait déjà vu un poteau de près, dans la Citroën Xsara lorsque François Duval avait tapé au Monte Carlo 2005...
Des progrès significatifs à partir du samedi après-midi, justement soulignés : "Je suis mieux dans la voiture. Je suis capable d'anticiper ses réactions en fonction de la surface, des bosses. Donc, je suis en confiance pour attaquer beaucoup plus". 2e temps entre Loeb et Sordo dans l'ES13, 3e derrière Loeb et Latvala dans l'ES14. Incorrigible encore : il tenait la 4e place quand une nouvelle figure, dans la dernière vraie spéciale (ES18), l'a rangé au 5e rang. Sans budget, il va faire l'impasse sur l'impasse sur la Norvège. Il espère revenir au Portugal, avec, il faut le craindre pour lui, l'obligation d'avoir un sponsor.

Vu sa victoire au Monte Carlo IRC, on savait que Sébastien Ogier avait tiré les enseignements de sa mésaventure du Rallye de Grande Bretagne 2008. Il a adopté la même réserve en Irlande, cadré par son patron Olivier Quesnel. Parti vendredi avec les mauvais pneus (standard) et un set-up sous-vireur, il a mis sa sortie de route, "tanké" sur un talus dans l'ES9, sur le compte d'une erreur partagée entre pilotage et piège non signalé dans ses notes (1 min 15 sec perdues). Globalement, des chronos sages : 4e dans l'ES6 et dans la superspéciale finale.
6e au final à 10 min 44 sec, il dresse un bilan ultra positif : "Nous avons énormément appris sur ces 350 kilomètres chronométrés. Nous avons découvert un nouvel environnement, une nouvelle épreuve et nous avons affronté des conditions dantesques en passant derrière les premiers. Chaque rallye complété est une mine d'informations pour nous".
L'équipe avait nommé Conrad Rautenbach pour le championnat Constructeurs et elle le regretta rapidement. Plus malin (en "neige") vendredi matin, il a fini dans un fossé à l'attaque du deuxième jour. Reparti dimanche en superallye.
Ford WRT - Hirvonen P3, Latvala P14 - Al Qassimi P8

Pour gagner un championnat du monde, il faut prendre des risques. Le problème est que Mikko Hirvonen n'y est pas prêt, sauf quand la bataille est perdue. Le vice-champion du monde 2008 a copié Loeb en prenant des pneus standards vendredi matin, alors que tout le reste des équipe M-Sport avait des "neige" bien plus appropriés. Normal, Latvala les avait testés sur le mouillé et les savait plus performants. Le problème est que l'équipe a tellement peu confiance en Jari-Matti Latvala, trop instable, qu'elle a été suiveuse. Déjà à plus de 20 sec de Sordo vendredi soir, Hirvonen a perdu une minute à cause d'un problème de direction assistée samedi. Il a pris des standards dimanche alors que tout Citroën jouait la sécurité en "neige". 20 sec récupérées sur les Rouges. Bien trop maigre pour casser le doublé rouge.
Troisième pilote qui donne ses couleurs au Ford WRT, Khaled Al Qassimi a pris une belle 8e place.

Jari-Matti Latvala avait testé les "neige" sur le mouillé et savait qu'ils étaient mieux adaptés que les standards vendredi matin. Ce fût son seul coup de génie (scratch dans l'ES1) car il a tapé, crevé ses deux roues avant et endommagé suspension et direction assistée dans l'ES2. "Ça c'est Jari-Matti" , a commenté sans même s'énerver Chrisitan Loriaux, directeur technique de Ford. "Après la première spéciale, il avait 42 sec d'avance. On lui a encore dit "Calme, calme, calme", mais il a été trop vite, il est sorti". JML est reparti en superallye samedi et a ajouté deux points au crédit de Ford WRT.
Ford Stobart - H. Solberg P4, Aava P10 - Wilson P7

L'autre équipe couvée par M-Sport marque autant que le Word Rally Team principalement grâce à la 4e place de Henning Solberg, qui obtient son meilleur résultat sur asphalte après une rude bagarre contre Chris Atkinson, fautif dans l'ES18. Matthew Wilson, non nommé pour le Mondial Constructeur, sans génie mais régulier.
Bien chaussé, Urmo Aava, transfuge hivernal de Citroën PH, s'est payé le scratch de l'ES2 et a été leader à l'issue des ES2 et 3 (malgré une crevaison dans l'ES3) avant de partir en travers dans l'ES4. En galère samedi matin : il était obligé d'essuyer la buée de son pare brise en conduisant.
















Vous êtes authentifié comme journaliste :
Commentaires
Actualiser
0 Au 0 sur 0