Antoine Denériaz, champion du monde de descente samedi, est-ce possible ?
A.D: "Oui ! Parce que sur un jour tout est possible. J'étais bien arrivé à Sestrières (aux JO 2006) sans avoir fait un podium de la saison et j'ai gagné l'or. Staudacher n'avait jamais fait un podium de sa vie et il est devenu champion du monde de Super-G... D'acccord, je ne suis pas au sommet de ma confiance mais tout peut aller très vite. La course est super ouverte, il n'y a pas trois gros favoris pour les médailles. En plus, j'aurai un petit dossard, et donc une piste lisse alors que les gros dossards auront une piste un peu marquée. Staudacher a bien gagné avec le dossard 12."
A contrario, qu'est ce qui vous fait dire que vous ne serez pas champion du monde ?
A.D: "Qu'il y en ait un qui aille plus vite que moi (rires) ! En fait, je n'ai pas la même confiance qu'avant Sestrières. A Chamonix, la course avant les JO, je me sentais fluide, détendu, je faisais instinctivement du bon ski. Là, je me cherche encore un peu, je n'ai pas encore trouvé la clé. En sport, il n'y a jamais rien de certain mais là, j'ai encore moins de certitudes."
Que vous manque-t-il pour retrouver cette confiance ?
A.D: "Deux jours (sourire)... (cet entretien a été réalisé jeudi). Il faut que je m'amuse avec le terrain, que je sois fluide, que je skie pour le plaisir et que je sente la vitesse. Dans un bon jour ici, je peux mettre tout le monde d'accord. Cette piste est taillée pour moi. Je le sais, au fond de moi je le sais... C'est ce qui me fait dire que j'y crois. Si c'est le vrai Antoine au départ, les autres n'ont aucune chance... Il ne me manque pas grand chose, un petit déclic, presque rien. Techniquement, je skie comme je n'ai jamais skié, physiquement je suis bien. Il me manque juste un peu de naturel, que je sois moi même."
Où en êtes-vous depuis Bormio, où vous aviez décidé de prendre du recule ?
A.D: Depuis un mois, je ne pense qu'aux Mondiaux. Je travaille beaucoup, je me suis battu pour aller au-delà de certaines craintes, pour regagner de la solidité physiquement. Mais à force de le vouloir, j'ai en trop fait en Super-G mardi (29e). A Bormio, je ne me sentais pas solide, pas capable de relever le défi de cette piste, j'avais perdu physiquement, des douleurs dans le genou. Je ne savais pas pourquoi j'étais là-bas. De l'eau a coulé sous les ponts, je suis de nouveau capable de prendre des risques et d'attaquer au maximum. Il faut juste que je retrouve l'instinct que j'avais, le plaisir. Quand je suis bien, je suis capable de skier en sifflant et ça va tout seul...
Vu d'où vous revenez, le bronze ou l'argent samedi auraient-ils le goût de l'or ?
A.D: "Le bronze, je le prends tout de suite ! N'importe quelle couleur, ça vaudra énormément, même si rien ne vaudra jamais ce que j'ai eu et vécu à Sestrières. Mais maintenant il faut effacer le passé et se remettre dans le contexte. Alors si je décroche le bronze ici, par rapport à tout ce que j'ai vécu cet hiver, cela vaudra bien plus que de l'or à mes yeux..."
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