ANJA PAERSON, quel est votre sentiment après cette médaille d'or en descente, la 3e en trois courses ?
A.P. : "C'est trop... Quand j'ai passé la ligne d'arrivée, je ne savais pas quoi ressentir, c'était trop. Gagner une descente, aux Championnats du monde et en plus à la maison, c'est incroyable, fantastique. Gagner autant de médailles, en plus devant le Roi et la Reine (de Suède), c'est vraiment quelque chose. J'étais un peu nerveuse ce matin à cause du brouillard car je suis une fille qui aime skier sous le soleil. Mais j'ai réussi à me calmer au départ."
Il y a neuf ans, après votre première victoire en Coupe du monde, imaginiez-vous un tel scénario pour votre carrière ?
A.P. : A cette époque, j'étais un peu sûre de moi, j'aurais sûrement répondu oui (rires) ! Mes amis ne comprennent pas toujours qui je suis. Je ne me vois pas comme la personne que eux voient. Je veux croire que je suis toujours la petite fille de Taernaby, celle qui courrait les rues, jouait au football et dévalait les pistes sur ses skis. Je suis encore cette petite fille."
Cinq médailles d'or à Are, est-ce possible ?
A.P. : "Je me suis concentrée sur les épreuves de vitesse parce que je savais que j'avais des chances et ça a bien marché pour moi. Mais maintenant ça va être plus dur dans les disciplines techniques. Je connais bien cette piste de géant et de slalom, elle n'est pas facile et je n'y ai jamais fait de grands résultats. Mais je vais essayer, j'espère avoir encore assez d'énergie et de vitesse en moi pour trois courses de plus (en comptant l'épreuve par équipe). J'espère prendre encore plus de plaisir."
Prendre du plaisir et s'amuser en skiant, ces mots reviennent souvent dans votre bouche...
A.P. : "S'amuser, ça a toujours été la clé pour moi. J'avais un peu perdu ça cette saison en Coupe du monde. Tout le monde en a bavé, ma famille, mes amis, mon entourage, les entraîneurs, car je n'ai pas été la fille la plus agréable qui soit à certains moments... Je deviens très frustrée quand je ne prends plus de plaisir en skiant. Mais cette semaine a été un vrai rêve."
Que pensez-vous de la performance de votre compatriote Patrick Jaerbyn, 3e de la descente messieurs à 37 ans ?
A.P. : "Je suis trop contente pour lui. J'ai commencé à pleurer quand j'ai vu qu'il était sur le podium. C'est le glisseur parfait. Il a été écarté de l'équipe, il est revenu. Il a montré aujourd'hui ce qu'il valait. Mais j'espère qu'à son âge je ne serai plus une skieuse et que je ferai quelque chose que j'aime. Peut-être que je serai entraîneur ? Qui sait ?"
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