Manfred Pranger (AUT, 1er): "Je savais que Grange était sorti. J'ai décidé de ne pas prendre trop de risques au départ, ce qui ne m'a pas empêché de faire quelques fautes sur le haut du parcours. Mais j'ai repris mon calme et réussi à rétablir ma constance après cela. Quand j'ai passé la ligne, je me suis retourné. Je n'ai pas vu tout de suite mon nom. Ensuite, l'émotion m'a saisi. C'était ma 5e grande compétition (4 Mondiaux et JO 2002) et ma première médaille. Cet or est un grand succès pour moi mais aussi pour l'équipe d'Autriche qui a traversé des moments difficiles. Il y a eu beaucoup d'éliminations et d'abandons. Les conditions étaient excellentes mais aux Mondiaux seule compte la médaille. Tout le monde s'est donc battu à fond et sur une piste aussi difficile les déchets sont importants. Si ça avait été une épreuve de Coupe du monde, je pense que 24 ou 25 (sur 30) seraient arrivés, et non pas 17".
Julien Lizeroux (FRA, 2e) : "Ce qui est incroyable, c'est que quand on arrive aux Championnats du monde en France, on se dit qu'avoir une médaille ce serait génial, et aujourd'hui, il y a une petite déception de ne pas être champion du monde. Vice-champion du monde en France, ça sonnait bien, finalement c'est double vice-champion du monde. J'ai tout donné dans la 2e manche".
Michael Janyk (CAN, 3e): "C'est quelque chose d'incroyable. L'an dernier, on n'existait pas en slalom. Je revenais d'une saison difficile avec une blessure musculaire au dos. Avec les entraîneurs, on s'est dit qu'on ne pouvait rester une équipe de 3e zone (en slalom) et qu'il fallait beaucoup travailler. On nous a mis à notre disposition une piste d'entraînement à Kirchberg (Autriche), et ça nous a beaucoup aidés Je savais que je pouvais bien faire, mais de là à accrocher une médaille. La première pour un Canadien en slalom, c'est inimaginable. L'or de John Kucera en descente nous a donné une grande force. L'année prochaine, j'ai une grande chance. La pente des jeux Olympiques (à Whistler Mountain) est à 5 minutes de chez moi, c'est là que je me suis cassé une jambe à 13 ans. C'est une grande chance de pouvoir évoluer dans son pays, devant sa famille, ses amis".
Jean-Baptiste Grange (FRA, éliminé en 2nde manche) : C'est des moments qui ne sont pas faciles. Je n'ai pas à rougir, je me suis bien donné. Ca se joue à pas grand-chose. Ce sont des fautes qui arrivent, mon ski droit a touché la spatule de mon ski gauche. Mais avec la manière que j'ai mis, c'est déjà beau. (A propos de Julien Lizeroux, médaillé d'argent) C'est chacun son tour. J'ai eu aussi mes moments de gloire, il y en aura d'autres. Je vais essayer d'aller chercher le globe".
Yves Dimier (DTA de l'équipe de France): "C'était un beau slalom. Il y a eu beaucoup d'abandons dont Jean-Baptiste (Grange). C'est difficile mais il va digérer et repartir sur la Coupe du monde. C'est un sportif de haut niveau. Julien (Lizeroux) a été transcendé. Avant Kitzbühel, il n'avait jamais fait de podium. Et en mois, il compte une victoire (Coupe du monde) et deux médailles."
Jacques Théolier (Entraîneur des slalomeurs français et auteur du tracé de la 2nd manche): "On avait décidé d'y aller pour gagner. Pour Jibé (Grange), ça se joue à deux centimètres. Malheureusement, il a croisé les skis. Il est passé à côté de ses Mondiaux. Il a eu l'impression d'avoir toute la pression des Mondiaux sur le dos. Il lui reste deux slaloms (Kranjska Gora et Äre/finale, ndlr) et s'il réussit, il oubliera ses Mondiaux. Julien (Lizeroux) a été phénoménal, avec deux médailles (argent en super-combiné et slalom). Il monte en régime. Je ne suis pas surpris. Le mental a fait la différence."
Gilles Brenier (Directeur sportif de l'équipe de France masculine): "C'est fantastique. Depuis Kitzbühel, il (Julien Lizeroux) monte en puissance. Il est même un outsider. C'est la récompense du courage. Le super-combiné (2e) l'a libéré. Jean-Baptiste (Grange) avait beaucoup de pression. Ce n'est pas évident à gérer si jeune. Il était venu avec de grosses ambitions. Il n'a pas démérité. Il a tapé et croisé ses skis. Il ne fait pas de mauvais Championnats du monde, c'est de l'expérience pour les JO. Maintenant son objectif, c'est le globe (le classement de la Coupe du monde de slalom)."



dpa





















