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Julien Lizeroux sur les décisions de la FIS : "Ce n'est pas le loto, c'est l'Euromilliards"

Lizeroux : "Ce n'est pas le loto, c'est l'Euromilliards"
Par AFP

Le 14/01/2017 à 17:40Mis à jour Le 14/01/2017 à 17:42

COUPE DU MONDE - Après une série d'épreuves fortement perturbées par la météo, notamment les derniers slaloms et le combiné de Wengen vendredi, la grogne monte chez les skieurs qui voudraient avoir leur mot à dire.

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Samedi, la tempête qui souffle sur les Alpes a eu raison des descentes hommes de Wengen (Suisse) et dames d'Altenmarkt-Zauchensee (Autriche). La décision d'annuler la course de Wengen, prise par la Fédération internationale de ski (FIS) et le comité d'organisation était-elle la bonne ? "Je pense que oui, même si on a toujours envie de courir", a réagi Adrien Théaux, l'un des meilleurs descendeurs français. La FIS ne voulait pas, et nous non plus, disputer une course irrégulière, on en a déjà disputé assez par le passé."

De fait, la veille, c'est un illustre inconnu, le Suisse Niels Hintermann, 23e après la manche de slalom, qui s'est imposé dans le combiné, devant le Français Maxence Muzaton, alors que la neige tombée en abondance après leur passage, et notamment après une coupure due à la télévision, avait fortement ralenti les favoris.

"Hier (vendredi), c'est une course qui nous a souri à nous les Français mais qui était plutôt limite, pas régulière du tout. La FIS ne voulait pas connaître ça aujourd'hui (samedi) surtout sur cette grande classique (la descente de Wengen)", a ajouté Théaux, lui-même éliminé la veille lors du slalom.

Murisier : "Nous sommes des marionnettes"

Les dernières courses, essentiellement les slaloms, ont de fait davantage ressemblé à des loteries en raison de la météo, la FIS ayant décidé de les maintenir coûte que coûte. À Zagreb, début janvier, de fortes rafales de vent ont anéanti les chances de plusieurs coureurs.

Neuvième finalement, après avoir terminé 2e de la première manche, Julien Lizeroux en voulait à la FIS d'avoir maintenu la course dans des conditions aussi difficiles. Sur RMC, il n'y est pas vraiment allé avec le dos de la cuillière.

" Ce n'est pas le loto, c'est la loterie mondiale, c'est l'Euromilliards. Il y a des mecs qui ont (des) responsabilités. Ces responsables ne prennent aucune responsabilité, car ils s'en foutent."

Rebelote une semaine plus tard à Adelboden où les cinq premiers dossards de slalom avaient skié dans de bonnes conditions avant que le brouillard ne recouvre la piste. Là encore, la décision de la FIS de laisser se poursuivre la 1re manche, malgré une visibilité nulle, fut fortement critiquée.

Pas de syndicat chez les skieurs

"En tant que skieurs, nous sommes des marionnettes, tonnait le Suisse Justin Murisier, parti à Adelboden en pleine purée de pois et pas qualifié pour la seconde manche. C'est la FIS qui prend les décisions et nous devons nous y plier".

Les skieurs sont-ils consultés par la FIS ? "Non pas du tout", répond Théaux, pourtant référent des skieurs auprès de la Fédération internationale à l'occasion de la course de Wengen. "On nous demande notre avis de temps en temps, mais il n'est pas toujours pris en compte voire très rarement".

"Ils nous demandent notre avis juste pour la forme mais pas pour le fond. On n'est pas au tennis, il n'y a pas de syndicat des skieurs", déplore encore Théaux qui explique que ce syndicat, évoqué depuis longtemps, est "difficile à mettre en place, car il n'y a pas d'unité entre les disciplines ni entre les nations".

Adrien Théaux, lors du Super-G de Val d'Isère en décembre 2016

Adrien Théaux, lors du Super-G de Val d'Isère en décembre 2016AFP

"Il y a des enjeux qui dépassent le monde du sport, les intérêts des sponsors et des télévisions, ajoute encore le descendeur. Il y a un globe pour le combiné qui est attribué après seulement deux courses, ce qui est totalement hallucinant, donc ils voulaient absolument disputer le combiné car ils auraient eu du mal à le replacer plus tard".

"La parole des coureurs n'est pas écoutée, je le regrette, déplore aussi l'autre descendeur Johan Clarey, qui détient le record de vitesse à Wengen sur le Lauberhorn et sur la Coupe du monde (161,9 km/h en 2013). Ce qui dirige les décisions, c'est l'argent, le business. Mais c'est comme ça que tourne le monde. Je serais en faveur d'un syndicat des skieurs puissant, mais ce n'est pas près d'arriver".

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