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Ancelotti, de la théorie à la pratique
31/08/2012 - 12:11

Ancelotti, de la théorie à la pratique

Huit mois après son arrivée sur le banc parisien, Carlo Ancelotti cherche encore. En début de saison, il avait quand même réglé une question cruciale : celle du schéma de jeu. "Quatre défenseurs, trois milieux, trois attaquants" : une maxime qui a confirmé le 4-3-2-1 qu'il tente de mettre en place depuis ses débuts dans la capitale. Sur ce point, il lui sera difficile de reculer, puisque le recrutement du PSG s'est fait en conséquence. Verratti est fait pour jouer au sein d'un milieu à trois, Ibrahimovic et Thiago Silva connaissent le schéma pour l'avoir pratiqué au Milan AC et Lavezzi apprécie les libertés offertes par un entrejeu renforcé. Bref, c'est en ornant correctement ce sapin de Noël qu'Ancelotti apportera les réponses aux problèmes collectifs connus par les Parisiens lors des trois premières journées de championnat.


Certains n'ont pourtant pas attendu pour remettre en question les compétences tactiques du technicien. Au sortir du match nul contre Bordeaux, le troisième d'affilée, les critiques étaient vives concernant ses choix. Mais en ce début de saison, Ancelotti a un premier objectif à remplir : permettre à tous ces joueurs d'atteindre leur meilleur niveau sur le plan physique. Tous n'ont pas repris à la même période et certains, notamment ceux arrivés d'Italie, doivent s'acclimater à un championnat qui démarre plusieurs semaines avant le Calcio. Cette disparité des conditions physiques peut expliquer en partie les débuts poussifs du PSG. Après tout, sur les quatre recrues de l'été, seulement deux ont été réellement intégrées au sein du onze de départ parisien (Ibrahimovic et Lavezzi).


Complémentarité en attaque


Sauveur du PSG face à Lorient, le Suédois est d'ailleurs déjà indiscutable à la pointe de l'attaque. Comme prévu, il pèse sur les défenses adverses et offre des relais au coeur du jeu à ses partenaires. Même s'il n'a pas encore été décisif, Lavezzi s'est déjà posé comme un complément idéal. Ses courses vers l'avant offrent des solutions à Ibrahimovic ainsi qu'au milieu créateur positionné à sa hauteur. Face à Bordeaux, l'absence de l'Argentin, ou d'un joueur de son profil, s'est d'ailleurs faite sentir, le PSG combinant efficacement dans la moitié de terrain bordelaise mais manquant de solutions à l'approche de la surface de réparation. Lavezzi, ou un joueur au profil similaire (Ménez, Gameiro), apparaît aujourd'hui indispensable dans le trio d'attaque afin de profiter du travail de fixation d'Ibrahimovic et des milieux de terrain.


Reste à connaître le nom du joueur à associer à cette paire pour compléter le trio offensif. Deux semblent lutter pour cette place : Pastore et Nene. Si la situation du Brésilien est encore à éclaircir, celle de Pastore a déjà évolué depuis le début de la saison. Même si aucun néo-Parisien n'est venu directement marcher sur ses plates-bandes, le recrutement du PSG l'a clairement mis sous pression en confirmant le nouveau système de jeu (4-3-2-1). Les conséquences ne se sont pas faites attendre puisque l'Argentin a été testé à plusieurs reprises en tant qu'axial gauche dans le milieu à trois parisien, derrière le trio d'attaque. S'il a brillé en amical, sa première sortie en compétition officielle à ce poste, face à Ajaccio, s'est révélée être un échec. Pris par le pressing haut des Corses, Pastore a eu beaucoup plus de mal que ses partenaires de l'entrejeu (Matuidi et Chantôme), multipliant les approximations et les pertes de balle. Preuve de cet essai non-concluant : son replacement en soutien d'Ibrahimovic dès le match suivant, face à Bordeaux.


A la recherche de la plaque tournante


Si le choix du titulaire entre Pastore et Nene reste à la discrétion de l'entraîneur qui les voit tous les jours à l'entraînement, l'échec de Pastore relayeur a des conséquences sur l'entrejeu parisien. Car après trois journées de championnat, celui-ci se cherche toujours une plaque tournante. Preuve des hésitations d'Ancelotti dans cette zone, il n'a jamais aligné le même milieu de terrain depuis le début du championnat. Verratti avait coulé avec le reste de l'équipe lors d'une première heure de jeu désastreuse face à Lorient. Et après le raté de Pastore face à Ajaccio, c'est Thiago Motta qui devait être le regista face à Bordeaux. De retour de blessure et certainement en retard dans sa préparation, l'ancien Intériste n'a que très peu pesé sur le jeu, disparaissant complètement de la circulation en deuxième mi-temps.


Restant en soutien des offensives, il bénéficiait pourtant d'une certaine liberté dans le camp bordelais, due au non-repli de Jussiê qui était le deuxième attaquant des Girondins derrière Diabaté. Peu inspiré, le milieu italien n'avait pas su profiter du champ libre laissé par l'adversaire, à l'instar de ses deux latéraux (Jallet et Maxwell). Voilà un autre point-clé de la dernière sortie du PSG. Malgré plusieurs situations favorables, les latéraux parisiens n'ont jamais su mettre assez de rythme dans leurs montées pour accélérer le jeu et déstabiliser le bloc adverse. En positionnant trois joueurs au coeur du jeu, les Bordelais avaient fait le choix d'abandonner les ailes et de laisser les Parisiens progresser ainsi dans leur camp en utilisant les couloirs. Mais ni Jallet ni Maxwell n'ont semblé avoir l'allant nécessaire pour profiter des espaces et apporter la vitesse et la percussion nécessaires au jeu parisien. Peut-être avaient-ils encore en tête leur première sortie de la saison face à Lorient, qui avait vu leurs adversaires utiliser les espaces dans leur dos pour mener leurs contre-attaques...


Besoin de vitesse


Récapitulons. Carlo Ancelotti a bien les joueurs pour former un trio d'attaque complémentaire. Mais ces trois hommes ne pourront montrer l'étendue de leurs talents qu'avec une transition défense-attaque efficace et des joueurs capables d'accélérer le rythme dans l'entrejeu. Ce manque de vitesse, Ancelotti l'avait d'ailleurs ciblé face aux Girondins de Bordeaux, lorsque Ménez avait remplacé Rabiot. Au lieu de se placer à hauteur de Pastore ou d'Ibrahimovic, l'international français avait évolué à hauteur de ses milieux de terrain, récupérant le ballon assez bas pour avoir du champ libre et accélérer balle au pied avant de chercher les relais de ses attaquants dans les 30 derniers mètres. Ce soir-là, le coaching n'avait pas payé mais les intentions étaient évidentes : Paris devait partir de plus loin.


Pastore n'ayant pas convaincu dans ce rôle de premier catalyseur à Ajaccio, Carlo Ancelotti devrait désormais se tourner vers d'autres anciens pensionnaires de Série A. En pleine forme, Thiago Motta retrouverait certainement le volume de jeu nécessaire pour occuper correctement le poste. Mais en attendant, les regards devraient se tourner vers Marco Verratti. L'ancien meneur de Pescara devait être une solution à moyen voire long terme pour le milieu de terrain parisien. Les circonstances actuelles pourraient pousser Ancelotti à lui offrir les clés du jeu plus tôt que prévu ; cela expliquerait l'envie de l'entraîneur de voir son espoir irréprochable à l'entraînement. En attendant la transformation de Pastore ou le retour au plus haut niveau de Thiago Motta, ce PSG pourrait bien avoir besoin de Verratti. Sinon, il devra certainement s'en remettre à la capacité de Thiago Silva à dépasser sa fonction de défenseur. Le Brésilien pourrait en effet lui aussi participer à la relance parisienne en profitant des espaces laissés libres par des adversaires repliés dans leur camp.


Bref, le chantier est encore grand mais les huit mois d'Ancelotti n'ont pas servi à rien. Le coach italien peut désormais compter sur un effectif construit pour son schéma de jeu préférentiel et des postes doublés. Certains joueurs ont même semblé gagner en volume de jeu (Matuidi en tête). Si les trois premiers résultats de la saison ont évidemment été en-deça des attentes, ils ont permis à l'entraîneur et à son staff de se faire un premier avis sur certaines configurations. A eux désormais d'en tirer les conséquences afin d'aligner le meilleur onze possible ce dimanche soir à Lille.


Florent TONIUTTI
(sur twitter : @flotoniutti)

 
 
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