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Le petit Ancelotti illustré
14/09/2012 - 08:06

Le petit Ancelotti illustré

N'ayant pas convaincu les spécialistes après les trois premières journées de championnat, Carlo Ancelotti était convié à passer un grand oral tactique sur Canal+ dimanche dernier. Lors d'un entretien réalisé par le duo Dugarry/Bravo, il est revenu sur les débuts de son PSG version 2012/2013. A quelques heures d'un match face à Toulouse attendu comme celui de la confirmation, petit retour sur les différents points tactiques abordés durant l'interview, et d'autres oubliés...


Le système de jeu et son équilibre


C'est la première phrase de Carlo Ancelotti : "Lors des quatre premiers matches, nous n'avons pas montré une bonne identité." Sous-entendu un bon équilibre. Principal facteur selon lui de ce début de saison en demi-teinte, le match face à Lorient a entraîné une grosse remise en question de l'équipe. Le but encaissé très rapidement (3e minute) avait poussé les Parisiens à courir après le score et à se découvrir. Seul Zlatan Ibrahimovic et ses deux réalisations, déjà, avaient permis aux Parisiens d'éviter une défaite d'entrée devant leur public. Après ce match, Carlo Ancelotti a avoué à ses deux interlocuteurs avoir focalisé les entraînements sur ce fameux "équilibre de l'équipe".


Dans un système avec "quatre défenseurs, trois milieux de terrain et trois attaquants dont les positions peuvent changer en cours de partie", il est aisé à décrypter. Lorsque l'équipe est en possession du ballon dans le camp adverse, les onze joueurs peuvent être répartis en trois groupes : ceux chargés de la couverture, ceux chargés de rester en soutien de l'action et ceux chargés d'animer l'attaque. Pour certains, les rôles sont le plus souvent fixes : c'est le cas des défenseurs centraux, qui restent en couverture, et des trois attaquants, qui bougent sur le front de l'attaque. Le véritable équilibre est donné par les milieux de terrain et les latéraux, qui doivent compenser leurs déplacements.


Jusqu'ici, le 6 est toujours resté en soutien des actions, complétant parfois la couverture. De leur côté, milieux excentrés et latéraux travaillent de concert : si l'un prend la profondeur, l'autre reste en soutien et inversement. Selon le côté où se développe l'offensive, le latéral à l'opposé de l'action peut aussi rester en couverture, à hauteur de ses défenseurs centraux, afin de renforcer la ligne défensive. Si le jeu vient à être renversé de son côté, il peut monter à son tour alors que l'autre latéral se replacera en couverture. Dans quelques semaines, les Parisiens oseront peut-être jouer avec deux latéraux positionnés haut sur le terrain, se contentant d'une couverture à trois têtes avec deux défenseurs centraux et un seul milieu.


Ibrahimovic, plus qu'un avant-centre

Le match face à Lille l'a parfaitement démontré : Zlatan Ibrahimovic est plus qu'un simple avant-centre, même s'il a déjà marqué quatre buts cette saison... Lors de sa dernière sortie avec le PSG, Ibra a pu étaler toute sa palette technique en décrochant dans l'entrejeu pour libérer ses partenaires de l'habituel pressing des hommes de Rudi Garcia. Déjà au début de l'été avec la Suède, l'attaquant avait posé des problèmes insolubles aux milieux de terrain français lors d'une défaite qui avait fait très mal aux Bleus. Des prestations qui n'ont évidemment pas surpris son entraîneur : "Tout le monde pense que Ibrahimovic est un avant-centre, mais il aime participer au jeu comme il l'a très bien fait à Lille. S'il vient jouer derrière, il faut un joueur qui puisse attaquer la profondeur."


Dans le Grand Stade, ce joueur se nommait Jérémy Ménez, dont l'activité sur le front de l'attaque avait déséquilibré la défense lilloise à plusieurs reprises durant la première demi-heure. Logiquement, il avait baissé de régime en même temps que Zlatan au fil des minutes. Deuxième enseignement concernant Ibrahimovic, sa possible utilisation en tant que faux n°9 ne concorde pas avec l'utilisation d'un véritable n°10 positionné en soutien. Les deux joueurs se marcheraient en effet le plus souvent sur les pieds. Un constat évident et qui rejoint l'envie de Carlo Ancelotti d'éviter de composer avec des joueurs statiques aux avants-postes, plus faciles à marquer pour une défense. Eteint par Mavuba face à Lille, Pastore n'a pas pu le faire mentir.


Offensivement, il semblerait donc que le PSG se dirige vers un trio d'attaque misant tout sur sa mobilité et sa complémentarité de manière à perturber les défenses adverses. D'entrée de jeu, Carlo Ancelotti avait d'ailleurs expliqué son système en évoquant les différentes formules possibles devant : un attaquant reculé derrière deux pointes, un avant-centre et deux ailiers etc... Les joueurs avares en déplacements entre les lignes ne feront certainement pas long feu. En revanche, les tours de contrôle seront très utiles face aux équipes regroupées, lorsque la profondeur viendra à manquer pour les attaquants.


Paris face aux équipes regroupées


Car dans ce cas, les Parisiens devront utiliser les côtés pour étirer les défenses adverses et créer le danger dans la surface de réparation. Face à des blocs défensifs positionnés sur leur surface de réparation, les attaquants parisiens changeront de rôles. N'ayant plus d'espaces à dévorer, ils deviendront des relais supplémentaires pour approcher les buts adverses. De faux numéro 9, Ibra deviendra un véritable point d'ancrage dans l'axe, censé peser sur la défense centrale et être à la retombée des centres dans la surface adverse. Les deux autres attaquants rejoindront eux les côtéspour construire des triangles avec les latéraux et les milieux axiaux. Comme l'a rappelé Ancelotti, dans ces conditions, "un des trois doit attaquer la profondeur, dans le dos de l'arrière latéral."


Là encore, ce n'était pas arrivé contre Bordeaux. De retour sur le plateau du CFC, Dugarry avait signalé l'incohérence de l'organisation parisienne lors de ce match, évoquant notamment la situation de Rabiot, gaucher positionné côté droit et donc en difficulté au moment de centrer. Il avait ensuite rappelé la situation similaire de Thiago Motta à Lille (gaucher positionné à droite). A aucun moment le rôle très important des latéraux n'a été évoqué par les consultants. Evoluant tous les deux sur leurs meilleurs pieds pour centrer, Jallet et Maxwell auraient dû se retrouver dans des positions favorables de centre sur ce match, en se livrant plus offensivement. La présence de milieux axiaux inversés leur offraient qui plus est une solution pour revenir à l'intérieur du terrain via une passe ou un centre en retrait.


Chaque triangle du 4-3-3 parisien aura sa propre histoire. Positionné à droite du milieu en début de saison, Chantôme apparaît comme la solution supplémentaire au latéral pour prendre la profondeur et centrer. Matuidi est son pendant côté gauche. Si Ancelotti décide d'associer Chantôme à Lavezzi ou Ménez et Jallet côté droit, le PSG se retrouvera avec trois joueurs capables de prendre efficacement la profondeur dans ce couloir. Nene apparaît, lui, comme le complément idéal à Matuidi et Maxwell pour une aile gauche 100% gaucher. Mais là encore, l'équipe entrera en ligne de compte. Le centre ne devra pas forcément être la seule solution à employer. Ainsi, avoir un troisième joueur pied opposé peut être utile afin de varier les attaques. A ce niveau, Nene à droite ou Lavezzi à gauche sont deux solutions déjà utilisées par le coach parisien.


Un oubli : le regista


Oublié à cause de l'obsession de "la profondeur", l'entretien n'a à aucun moment mentionné le rôle pourtant primordial du n°6 dans le schéma de jeu parisien. Non lié aux triangles formés sur les ailes, le rendement de ce dernier est garant du bloc-équipe en phase offensive. Plus il sera efficace dans l'orientation du jeu et plus vite les triangles pourront se former, d'une aile vers l'autre. Dis autrement, moins il aura besoin de soutien de la part de ses milieux axiaux, plus ces derniers pourront peser offensivement. Intéressant face à Lille, bien qu'ayant parfois des soucis de placement en phase défensive, Verratti est certainement appelé à de grandes responsabilités dans les prochaines semaines. Son activité dans l'entrejeu et l'efficacité d'Ibra devant seront peut-être les deux vraies clés individuelles de la réussite collective parisienne cette saison.


Florent TONIUTTI
(sur twitter : @flotoniutti)


 
 
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