Chaque semaine, trouvez ici la crème du blog e-foot.eu, tenu depuis 2009 par Florent Toniutti. Analyses de match et rapports tactiques fouillés, comme à l'entraînement.
Pas de révolution chez les cadors
Habituellement, c'est elle qui ouvrait la saison en Espagne. Le championnat ayant repris ses droits une semaine plus tôt que d'habitude, la Supercoupe d'Espagne se retrouve coincée entre deux journées de championnat. Mais qu'importe : à l'instar du précédent exercice, elle va nous offrir deux Clasicos qui vont sans aucun doute booster de la plus belle des manières le début de saison. A gauche, le Real n'a pas bougé d'un pouce par rapport à la saison dernière ; à droite, le Barça ouvre un nouveau cycle après le départ de Pep Guardiola. Retour sur le début de saison des deux clubs les plus scrutés de la planète foot.
Le Real : en attendant Modric ?
Pourquoi changer une équipe qui a battu le FC Barcelone sur une saison l'année dernière ? Pour sa troisième saison sur le banc madrilène, José Mourinho a décidé de faire dans la continuité. Sur le marché des transferts, le Real Madrid n'a pas lâché un centime pour le moment. Seule la piste menant à Luka Modric semble être aujourd'hui en mesure d'aboutir. Maître à jouer des Spurs et de la sélection croate, le sosie de Johan Cruyff pourrait sans difficulté se faire une place dans l'inamovible 4-2-3-1 de la maison blanche. Sa polyvalence lui permettrait d'offrir des solutions aux trois postes au coeur du jeu : en organisateur reculé à la manière de Xabi Alonso, en complément de ce dernier chargé de participer aux offensives ou carrément à la place de Özil en soutien de l'attaquant de pointe. Dans les deux premiers cas, il retrouverait un rôle similaire à ce qu'il a pu faire à Tottenham. Le troisième cas ferait de lui le meneur de jeu qu'il peut être avec la Croatie. Personne n'a oublié sa prestation à ce poste face à l'Espagne lors de l'Euro 2008.
Mais jusqu'ici, tout ceci n'est qu'hypothèse. Les négociations pour le transfert du Croate se poursuivent entre toutes les parties et le Real a débuté sa saison sans la moindre recrue à présenter à Bernabeu. Dimanche, les Madrilènes ont concédé le nul face à Valence (1-1). Tactiquement, c'était aussi le statu-quo. Offensivement, les Madrilènes ont penché à gauche malgré l'absence de Marcelo (remplacé par Coentrao). Özil, Ronaldo et même Higuain ont travaillé avec le latéral portugais pour créer des brèches dans la défense valencienne. A l'opposée, Di Maria s'est surtout distingué par quelques ouvertures bien senties, l'une entraînant d'ailleurs l'ouverture du score rapide de l'avant-centre argentin. Gageons qu'au vu des habitudes de Benzema, la donne ne changera pas et le côté gauche sera toujours le plus fort des Madrilènes cette saison. L'absence d'alternatives plus offensives à Arbeloa sur le flanc droit renforce encore un peu plus cette constatation.
Dimanche, Xabi Alonso a été le Madrilène le plus en vue, approchant les 80 passes et orientant parfaitement le jeu depuis le milieu de terrain. Défensivement, il est aussi celui qui donnait le tempo à la récupération, sa position définissant la hauteur du bloc-équipe. Il est important de noter que sans le ballon, le Real conserve son 4-2-3-1 qui lui permet d'aller chercher haut son adversaire si besoin, alors que d'autres équipes le transforment souvent en 4-4-1-1 ou 4-4-2 avec les ailiers se repliant à hauteur des milieux récupérateurs. Néanmoins, le Real était venu à bout du Barça la saison dernier en adoptant une approche plus attentiste que lors des précédents Clasicos. Pepe, le gage d'agressivité des Merengues, étant en plus absent ce soir, les Madrilènes devraient renouer avec la formule qui leur avait permis d'aller s'imposer au Nou Camp en fin de saison dernière.
Le Barça : retour aux fondamentaux
Lorsque Pep Guardiola annonçait son départ du club après deux échecs en championnat et en Ligue des Champions, l'hypothèse de la fin de cycle était sur toutes les bouches. Quelques mois plus tard, elle paraît bien loin. Tito Vilanova a repris les rênes de l'équipe et devrait opérer un retour aux fondamentaux tactiques que Guardiola et lui avaient posé à leurs prises de fonction sur le banc du Barça en 2008. Finie l'utopie du 3-4-3, Barcelone va retrouver le 4-3-3 qui a toujours sa force depuis plusieurs saisons. Un peu plus actif sur le marché des transferts que les Madrilènes, les Barcelonais ne se sont toutefois pas renforcés quantitativement : les arrivées de Jordi Alba et Song compensent l'absence à durée indéterminée de Abidal et le départ de Seydou Keita pour Shanghai. Néanmoins, les deux hommes vont offrir aux Catalans des solutions qui leur ont peut-être manqué la saison dernière.
Inarrêtable durant l'Euro 2012, Jordi Alba va permettre au Barça de rééquilibrer son animation offensive en devenant le pendant de Daniel Alves sur le flanc gauche. Pendant l'Euro, l'ex-Valencien s'était déjà parfaitement entendu avec Iniesta et Xavi. Vilanova devrait sans nul doute s'appuyer sur ses automatismes acquis en sélection pour construire un côté gauche dangereux pour les défenses adverses. En cas de reconstruction du couloir Iniesta-Jordi Alba, Villa pourrait en profiter pour récupérer la pointe de l'attaque lorsqu'il reviendra au sommet de sa forme. Le Barça retrouverait alors un schéma plus conventionnel et bénéficierait des déplacements d'un véritable avant-centre, profil qui lui a parfois manqué lors des matchs décisifs en fin de saison dernière. Concernant les postes défensifs, Alex Song s'inscrit dans la lignée des joueurs à tout faire adorés par Guardiola (Mascherano). Le Camerounais pourra à la fois couvrir les postes de l'entrejeu et de la défense centrale en cas de besoin.
Pour sa première de la saison, le Barça a écrasé la Real Sociedad au Camp Nou (5-1) et pris la tête de la Liga. Déjà. Sur la pelouse, Tito Vilanova avait sans surprise présenté un 4-3-3, non sans déjà débuter dans son rôle de gestionnaire de l'effectif. La saison sera longue et certains joueurs ne sont plus en mesure de tenir le rythme effréné d'un candidat à tous les titres. Iniesta, Piqué et Villa ont ainsi débuté la partie sur le banc de touche, laissant leurs postes à Fabregas, Puyol et Tello avant de les remplacer en deuxième mi-temps. Le Barça menait déjà 4-1 et n'avait plus qu'à gérer le second acte. Si Villa sera peut-être encore ménagé ce soir, les deux premiers cités risquent d'être de la partie. Et les spectateurs que nous sommes pourront émettre un premier jugement sur le Barça de Vilanova. Un Barça qui s'inscrit plus que jamais dans la continuité de celui de Pep Guardiola.
Florent TONIUTTI
(sur twitter : @flotoniutti)























