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Le club des six
26/09/2012 - 19:55

Le club des six

La Coupe de la Ligue reprenant ses droits cette semaine avec l'entrée en lice des clubs de L1, les six représentants français en Coupe d'Europe vont pouvoir se requinquer et travailler en attendant les prochaines échéances. Le bon moment pour faire un point des organisations, joueurs-clés et évolutions possibles des systèmes de jeu de Lyon, Marseille, Paris, Bordeaux, Lille et Montpellier.

Marseille (1er, 18 points) :

Débarqué sur la pointe des pieds dans la Canebière, Elie Baup n'a pas perdu de temps. Bénéficiant de l'adhésion d'un groupe revanchard, l'entraîneur à la casquette a conservé le 4-2-3-1 de Didier Deschamps en l'adaptant à sa sauce en phase offensive. Equilibrée par deux milieux défensifs toujours prêts à couvrir leurs partenaires, l'organisation marseillaise fait passer le jeu par les couloirs, usant des doublettes ailier-latéral et de l'apport d'un Mathieu Valbuena en très grande forme et toujours disponible. Sans grand rendez-vous au programme, l'OM a pu s'appuyer sur ce système de jeu très simple afin de marquer le début du championnat de son empreinte, grâce au retour en grâce d'André-Pierre Gignac. Désormais, Elie Baup va devoir plancher sur la réintégration de Loïc Rémy avec une question principale : à quel poste ? Son collectif passera lui son premier grand test le 7 octobre prochain face au PSG : le résultat et le contenu fourni par les Marseillais lors de ce match offriront certainement une idée du véritable potentiel de cet Olympique de Marseille 2012/2013.

Lyon (2e, 14 points) :


Pour sa deuxième saison à la tête de l'équipe première, Rémi Garde a fait dans la continuité. De retour, Yoann Gourcuff était attendu en début de saison mais une nouvelle blessure l'a écarté du poste central dans le 4-2-3-1 de son entraîneur. Alors en partance pour Nice, Clément Grenier a repris sa panoplie avec réussite. S'appuyant sur le projet de jeu de la saison dernière, l'OL a réalisé un très bon début de saison, recevant au passage le poids de deux renforts intéressants dans l'entrejeu (Mvuemba et Malbranque) pour épauler Gonalons au sein du double-pivot. Derrière, les départs de Cissokho et Cris ont été compensés et l'OL devrait s'avancer dans quelques semaines avec une ligne défensive capable de résister à beaucoup d'équipes de L1 (Réveillère, Bisevac, Lovren, Monzon). En attaque, les cartes semblaient distribuées jusqu'à ce dimanche et le déplacement de l'équipe à Lille : Gomis prenait la pointe et renvoyait Lisandro dans le couloir gauche. Le 4-4-2 ayant été mis en échec par les Nordistes dimanche, les Lyonnais devraient revenir à leur schéma habituel dès les prochains matchs. Le changement de schéma avait d'ailleurs été dû en partie au besoin de souffler de Grenier qui a enchaîné les matchs depuis le début de saison. D'ici peu, le retour de Gourcuff devrait faciliter la rotation à ce poste de soutien à l'attaquant.


Paris Saint-Germain (3e, 12 points) :


Carlo Ancelotti l'avait annoncé, il l'a fait : malgré un début de saison compliqué, il a maintenu coûte que coûte son 4-3-3 et en récolte les fruits aujourd'hui. Devant une défense qui se reposera sur Thiago Silva d'ici quelques semaines, Verratti et Ibrahimovic ont impressionné individuellement et commencent même à se trouver sur le terrain comme témoigne la passe du premier pour le but du second à Bastia samedi dernier. Autour de cet axe venu de la Serie A, Ancelotti n'a plus qu'à gérer au mieux un groupe pléthorique en associant des joueurs complémentaires. Devant, Ménez est l'homme de profondeur tandis que Pastore et Nenê jouent entre les lignes adverses. Dans l'entrejeu, Matuidi et Chantôme apparaissent comme les gardes du regista Verratti. Titulaire depuis le début de l'ère Ancelotti, Matuidi est aujourd'hui en pleine progression et commence à vraiment peser offensivement. Relégué dans la hiérarchie, Thiago Motta semble être aujourd'hui le joueur des grands rendez-vous, aligné pour renforcer le milieu de terrain comme face à Lille fin août. Au bout du compte, une seule inconnue subsiste encore aujourd'hui : quid d'Ezequiel Lavezzi ? Touché à la cuisse, l'Argentin doit se contenter d'observer le collectif tourner en attendant son heure. Mais qui fera les frais de son retour ?


Bordeaux (4e, 10 points) :


Certainement l'équipe la plus pragmatique depuis le début du championnat. A l'inverse des cinq autres Européens, Bordeaux ne semble pas avoir de système attitré. Depuis le coup d'envoi de la saison, les Girondins en ont en effet utilisé trois : le 4-2-3-1, le 3-5-2 et, dernièrement, le 4-4-2 en losange. Francis Gillot a dû et doit encore composer avec les pépins physiques de certains de ses cadres de la saison dernière. Véritable accélérateur du jeu, Maurice-Belay n'est apparu que par intermittence, tandis que la paire Nguemo-Plasil a passé la préparation entre les terrains et l'infirmerie. L'entraîneur bordelais a donc dû faire avec un groupe réduit, et donner de nouvelles responsabilités à certains. La paire Sané-Sertic s'est ainsi révélée comme une solution de remplacement intéressante dans l'entrejeu, tandis que Saivet apparaît aujourd'hui comme un potentiel titulaire parmi les créateurs. Devant, Obraniak et Gouffran semblent sur la lancée de leur dernière demi-saison tandis que sur les côtés, Mariano et Trémoulinas sont toujours très importants dans l'animation de l'équipe. Au-delà des points perdus dans les arrêts de jeu, mal récurrent depuis plusieurs saisons en Gironde, les Bordelais risquent de se retrouver en grande difficulté en cas de blessures en défense. Ciani parti, il ne reste plus que Planus et Henrique en tant que spécialistes en défense centrale (Sané étant aussi utilisé dans l'entrejeu).


Lille (12e, 7 points) :


Les conséquences du départ d'Eden Hazard étaient l'une des grandes inconnues du début de saison. Après six rencontres de championnat et une humiliation en Ligue des champions, Rudi Garcia y voit certainement plus clair. Pour le moment, les recrues (Martin et Kalou), censées faire à la fois oublier la créativité et la finition du Belge, ont été décevantes. Mais ils n'ont pas été seuls puisque d'autres Lillois ne sont pas apparus à leur meilleur niveau depuis le début de saison. Du coup, Rudi Garcia a revu ses plans lors de la dernière journée en revenant aux fondamentaux de son équipe : un milieu de terrain agressif soutenu par des attaquants capables de très vite se projeter vers l'avant. Au menu : pressing et exploitation des espaces sitôt le ballon récupéré. Malgré le match nul, le LOSC a certainement joué sa meilleure partition de la saison face à l'OL. Quelques semaines plus tôt, il s'était appuyé sur ces mêmes points forts pour renverser la vapeur face au FC Copenhague et se qualifier pour la Ligue des Champions. De quoi donner des idées claires à Rudi Garcia dans ses travaux des prochaines semaines.


Montpellier (16e, 5 points) :


En difficulté le champion de France ? Difficile de le nier après ses débuts poussifs. Conservant l'ossature de la saison dernière et leur 4-2-3-1, les Héraultais souffrent aujourd'hui de l'absence d'Olivier Giroud, que Herrera ne parvient pas à faire oublier. L'Argentin s'est en effet plus révélé comme un pur buteur que comme un remplaçant du néo-Gunner, dont le volume de jeu impressionnait la saison dernière. Logiquement, la qualité de l'animation s'en est ressentie et René Girard doit maintenant trouver la bonne formule en attaque pour relancer son équipe. Aucun Montpelliérain n'étant capable de se fondre dans le costume de Giroud, le renouveau montpelliérain passera sans doute par un changement de projet de jeu offensif et notamment plus de libertés données aux ailiers pour soutenir leurs joueurs axiaux. Dans cette optique, des joueurs comme Utaka ou Camara pourraient à terme se voir remplacés par Mounier, Aït-Fana ou Cabella, plus imprévisibles et à l'aise balle au pied. Au-delà de cet aspect tactique, la remontée du MHSC s'accompagnera aussi forcément d'un retour aux fondamentaux défensifs de l'équipe, qui a parfois manqué d'agressivité dans sa moitié de terrain.


Florent TONIUTTI
(sur twitter : @flotoniutti)

 
 
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