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PSG : la mise à l'épreuve réussie du 4-4-2 en L1
12/12/2012 - 23:38

PSG : la mise à l'épreuve réussie du 4-4-2 en L1

Après un essai concluant face au FC Porto en Ligue des champions, Carlo Ancelotti a passé son 4-4-2 au crash-test de la L1 face à Evian et Valenciennes. Avec réussite : deux victoires 4-0. Retour sur ses deux tests plus que concluants face à des sparring-partners complètement opposés, qui ont permis de révéler les hommes forts du nouveau système de jeu parisien : Thiago Silva, Thiago Motta et Jérémy Ménez.


Test n°1 : Evian Thonon Gaillard, le bloc regroupée

Sur le papier, une formation regroupée (en 5-4-1) aurait pu poser beaucoup de problèmes aux Parisiens. Face à Porto, Javier Pastore avait profité des grands espaces disponibles dans le couloir droit, entre l'ailier et le latéral adverse. Repositionné à droite face à Evian, l'Argentin se serait retrouvé dans une situation plus complexe si le milieu gauche adverse avait eu pour tâche première de le suivre à la trace, laissant le soin à son latéral de fermer le couloir face à Christophe Jallet. En bloquant son couloir droit de la même façon, Evian aurait ainsi conservé le surnombre derrière avec un trois contre deux en sa faveur face à Ibrahimovic et Ménez, laissant alors le soin aux deux milieux de terrain axiaux et à l'attaquant de pointe de perturber la préparation parisienne (autour de Thiago Motta et Chantôme).


Mais il n'en a rien été. Auteurs d'une première mi-temps catastrophique, les joueurs de Pascal Dupraz ont vu leur plan de jeu voler en éclats à cause des déplacements de Jérémy Ménez. Il y a quelques semaines, l'ex-Romain était l'attaquant de rupture du PSG, jouant avec le hors-jeu et apportant la profondeur au jeu parisien alors qu'Ibrahimovic décrochait. Avec le changement de système, les rôles se sont inversés. Ibrahimovic est resté en pointe et a laissé son partenaire de l'attaque décrocher. Les deux premiers buts parisiens ont d'ailleurs été révélateurs de ce changement, Ibrahimovic finissant le travail en buteur sur le premier avant d'être à la réception d'une ouverture de Ménez sur le second (avec Lavezzi venu de la gauche pour conclure).


Au-delà de son implication sur le second but, Jérémy Ménez a eu un rôle très important dans l'animation parisienne. En revenant à hauteur de Thiago Motta et Chantôme, il obligeait la première ligne d'Evian à se resserrer dans l'axe afin d'éviter la création d'espaces qui auraient pu lui profiter. Numériquement parlant, il transformait le deux-contre-deux entre les paires de récupérateurs en un trois-contre-deux à l'avantage du PSG. Dès lors, les milieux excentrés d'Evian devaient se rapprocher de leurs axiaux et abandonner les latéraux sur les ailes. Le manque d'agressivité d'Evian dans cette zone du terrain a permis aux Parisiens de faire facilement et rapidement circuler le ballon pour atteindre les couloirs.


A l'instar d'un 4-3-3, le jeu s'est ensuite développé autour des duos formés par les ailiers et les latéraux. Décevants offensivement depuis le début du championnat, ces derniers se sont véritablement lâchés en évoluant très haut dans le camp adverse. Un comportement permis par la couverture assurée par Thiago Motta et Chantôme, toujours présents en soutien. Dans le sapin de Noël, Matuidi et Chantôme (les relayeurs autour de Verratti) n'hésitaient pas à prendre les intervalles, laissant le regista en couverture. Cette fois, c'est le joueur le plus axial qui prenait l'espace, en l'occurrence Ménez qui rejoignait Ibrahimovic en attaque, une fois le jeu envoyé sur les ailes. Si la paire Maxwell-Lavezzi est restée discrète, Jallet a profité de la présence de Motta en couverture pour multiplier les courses et faire les appels qui ont permis à Pastore de briller côté droit.


Test n°2 : Valenciennes, l'ambitieuse


Trois jours après son succès face à Evian Thonon Gaillard, le PSG s'est rendu à Valenciennes pour affronter une équipe d'un tout autre calibre, invaincue dans son stade depuis le début de saison. A l'inverse des Savoyards, les Nordistes avaient fait le choix de ne rien changer à leurs habitudes, s'appuyant sur un bloc haut ayant pour objectif d'aller chercher le ballon dans la moitié de terrain parisienne. Sitôt le ballon perdu, les Valenciennois optaient pour un marquage individuel : Kadir et Le Tallec face à Thiago Silva et Alex, Danic et Dossevi face à Jallet et Maxwell, Sanchez et Ducourtioux face à Thiago Motta et Matuidi, Bong et Mater face à Pastore et Lavezzi et, enfin, Angoua et Isimat-Mirin face à Ménez et Ibrahimovic. En difficulté pendant plusieurs minutes, les Parisiens ont su trouver la faille. Encore une fois, Jérémy Ménez a pesé sur l'équilibre du match.


En décrochant à hauteur de ses milieux de terrain, l'attaquant parisien a une nouvelle fois fait la différence dans l'entrejeu : suivi jusqu'à un certain point par son garde du corps (Angoua), il récupérait les ballons dans sa moitié de terrain et les remontait ensuite en utilisant les relais offerts par Matuidi, Thiago Motta, Lavezzi mais surtout Pastore, toujours côté droit. En décrochant, Ménez faisait à chaque fois sortir un défenseur adverse, ce qui ouvrait d'énormes espaces à exploiter dans la profondeur, pour Ibrahimovic ou Lavezzi notamment. Au coeur de la première mi-temps, Pastore a dézoné à son tour pour venir travailler aux côtés de Thiago Motta et Chantôme. Revenu dans une position plus avancée, Ménez retrouvait son rôle de dévoreur d'espaces, demandant à plusieurs reprises le ballon en profondeur dans le dos de Bong (qui sortait de l'alignement défensif pour rester dans la zone de Pastore).


Au-delà du récital offensif de la deuxième mi-temps, qui peut autant s'expliquer par le talent des Parisiens que par le maintien du même plan de jeu côté valenciennois, cette sortie au Stade du Hainaut a aussi permis de voir la réaction du 4-4-2 parisien face à un adversaire plus ambitieux qu'Evian devant. Bien protégé par la double rideau Thiago Motta-Matuidi, l'axe n'a jamais cédé et le danger n'est venu que par les couloirs. Kadir (à gauche) et Ducourtioux (à droite) ont dézoné pour créer le surnombre sur les ailes, aboutissant à des décalages et des positions de centre intéressantes. Mais tous ont été renvoyés une défense centrale parisienne imprenable et notamment un Thiago Silva sur toutes les trajectoires. Souvent présents sur les seconds ballons, Thiago Motta et Matuidi recherchaient rapidement leurs attaquants afin d'effacer un maximum de Valenciennois dès les premières passes.


Les deux hommes ont aussi contribué à l'équilibre de l'équipe et à une bonne transition attaque-défense. Lorsque le bloc parisien évoluait haut, leur rôle était de couper les transmissions au sol à destination de Kadir (venant de l'axe valenciennois) et d'éteindre la paire Ducourtioux-Sanchez. Contraint de ressortir les ballons par les côtés, Valenciennes y était ensuite enfermé. Thiago Motta et Matuidi contenaient bien les remontées de balle, en se positionnant de manière à empêcher toute possibilité de passe courte vers l'intérieur du terrain. Les deux milieux parisiens coulissaient sur la largeur afin de priver le porteur de balle de solutions, tout en comptant sur le repli de Pastore et Lavezzi pour aller forcer la relance de ce dernier et fermer le côté opposée.


Quel visage contre l'OL ?


Avec deux victoires, huit buts marqués et aucun encaissé, difficile de nier la réussite du nouveau système de jeu parisien. Néanmoins, ni Evian ni Valenciennes n'ont semblé pouvoir réellement rivaliser : les Savoyards ont été punis pour leur manque d'ambitions et les Nordistes ont payé cher leur envie de jouer (l'opposée donc). La semaine dernière, ce sont des détails (coup de pied arrêté, faute de main) qui avaient permis aux Parisiens d'arracher la victoire face au FC Porto. Le test face à Lyon dimanche tombe à pic pour jauger du véritable potentiel du 4-4-2 parisien. Car s'il fallait n'en retenir qu'une, la formation de Rémi Garde détient pour le moment le meilleur collectif de cette première partie de saison de Ligue 1. Bien équilibré derrière, notamment grâce à la présence de Gonalons (qui héritera certainement du marquage de Ménez dimanche), et doté de véritables armes devant, l'Olympique Lyonnais défendra son statut face à un outsider qui aura à n'en pas douter les dents longues.


Florent TONIUTTI
(sur twitter : @flotoniutti)
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