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Affaires Troicki et Cilic: le tennis face au spectre du dopage

Le tennis face au spectre du dopage
Par AFP

Le 28/07/2013 à 01:22

Avec deux cas différents révélés à quelques jours d'intervalle, le tennis est rattrapé par les affaires de dopage. Et se voit un peu plus montré du doigt.

La suspension du Serbe Victor Troicki délivrée par la Fédération internationale (ITF) et le contrôle positif, annoncé par la presse, du Croate Marin Cilic placent le tennis face au spectre du dopage. Jusque-là relativement épargné, le tennis commence à être pointé du doigt dans le milieu du sport avec deux cas différents, sortis en quasi-simultané mais font couler beaucoup d'encre.

Victor Troicki, ancien 12e joueur mondial - il est aujourd'hui N.53 - et vainqueur de la Coupe Davis en 2010, a été suspendu 18 mois jeudi par la FIT pour avoir refusé de se soumettre à un test sanguin lors du tournoi de Monte Carlo, en avril 2013. Le joueur, qui a annoncé son intention de faire appel, a indiqué qu'il ne se sentait pas bien au moment du prélèvement. De son côté, le N.15 mondial croate Marin Cilic a été contrôlé positif à une "utilisation imprudente du glucose" lors du tournoi de Hambourg, le même mois, selon des médias croates qui citent des "sources fiables".

Pointé par la Commission sénatoriale française

Outre l'ancien deuxième joueur mondial et vainqueur de l'Open d'Australie 1998, le Tchèque Petr Korda, contrôlé positif à la nandrolone en 1998, il faut remonter à 2005 pour voir un joueur de premier plan convaincu de dopage. Mariano Puerta, finaliste de Roland-Garros cette année-là et déjà contrôlé positif au clenbutérol deux ans auparavant, écope de huit ans de suspension pour l'utilisation d'un anabolisant. La sanction fut réduite à deux ans en appel devant le Tribunal arbitral du sport. La même année, son compatriote argentin Guillermo Canas fut suspendu deux ans pour usage de diurétique. En fait, les suspensions récentes ont surtout frappé des joueurs positifs à la cocaïne comme Richard Gasquet en 2009, Martina Hingis (2007) ou, plus loin, Mats Wilander (1995).

Les affaires Troicki et Cilic interviennent alors que Francesco Ricci Bitti, président de l'ITF, a déclaré que "le tennis est un sport où le dopage n'a pas un impact direct sur la performance" le 15 mai devant la commission sénatoriale française sur l'efficacité de la lutte contre le dopage. Dans son rapport rendu public mercredi, la commission sénatoriale déplore que l'ITF n'autorise pas l'Agence française de lutte contre le dopage (AFLD) à procéder à des tests sur son initiative propre, lors des compétitions se déroulant en France, comme Roland-Garros ou le tournoi de Paris Bercy.

SID

La commission sénatoriale a proposé de "systématiser les conventions entre l'AFLD et les fédérations internationales en vue de partager les programmes de contrôles sur les manifestations internationales", en s'appuyant sur une déclaration de Travis Tygart. Le président de l'Usada, lors de son audition du 25 avril 2013, avait en effet assuré qu'il était "très difficile d'assurer la promotion de son sport et, en même temps, de faire la police".

Sur 2185 contrôles dans et hors compétitions mondiales, seulement 187 contrôles sanguins

Francesco Ricci Bitti s'était retrouvé sous le feu nourri des sénateurs lors de son audition. Les parlementaires voulaient comprendre pourquoi la fédération internationale semble moins engagée dans la lutte contre le dopage. "En 2012, nous avons effectué un peu plus de 2000 prélèvements, dont 15% hors compétition, et 10% sous forme sanguine", avait répondu Stuart Miller, responsable de la lutte antidopage à l'ITF, qui accompagnait M. Ricci Bitti. Le président de l'ITF avait souligné que sa fédération était la seule, avec le football et le cricket, à consacrer environ "deux millions de dollars" au programme de lutte.

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