Il ne fallait pas remonter bien loin pour trouver trace du dernier affrontement entre Français en finale d'un tournoi ATP. Avant Gasquet-Simon de dimanche à Bangkok, l'affiche Tsonga-Monfils avait ouvert la saison 2012 à Doha, avec une victoire du Manceau en deux manches (7-5, 6-3). Mais dimanche, il y aura une petite rallonge avec, en plus, Julien Benneteau qui tentera de remporter son premier titre ATP en Malaisie du côté de Kuala Lumpur. Pour le coup, il faut remonter à 2007 pour voir trois Français en finales ATP la même semaine. Le 15 juillet de cette année-là, Paul-Henri Mathieu gagnait à Gstaad tandis que Fabrice Santoro dominait Nicolas Mahut sur le gazon de Newport. Le 30 septembre 2012 pourrait bien être tout aussi tricolore.
A bien regarder les dernières finales entre Français sur le circuit ATP, la rencontre entre Gasquet et Simon devrait se jouer en deux manches, comme les neuf derniers matches 100% français depuis 2004. Le spécialiste de ce genre de rendez-vous est Jo-Wilfried Tsonga, vainqueur de ses trois finales face à Jérémy Chardy à Johannesbourg et Michaël Llodra à Marseille en 2009, avant de récidiver face à Gaël Monfils début 2012 au Qatar. En Thaïlande, Richard Gasquet jouera aussi sa troisième finale face à un de ses compatriotes. Ses deux premières tentatives ont connu deux fortunes différentes : une défaite face à Jérôme Haehnel à Metz en 2004 et une victoire face à Marc Gicquel à Lyon en 2006. A Bangkok, le Biterrois sera sur le qui-vive pour remporter le septième titre de sa carrière. Face au Niçois, il n'a jamais perdu en cinq rencontres entre 2006 et 2011, dont trois fois sur dur, surface sur laquelle ils s'affrontent dimanche à partir de 10h30 (en France).

En s'imposant en Thaïlande, Gilles Simon pourrait marquer l'histoire des joueurs français dans l'ère Open. A l'heure actuelle, l'actuel 19e mondial est le joueur tricolore en activité le plus titré sur le circuit avec dix trophées au compteur, juste devant Jo-Wilfried Tsonga, qui a décroché son neuvième titre à Metz la semaine dernière. Cette saison, le futur ex-élève de Thierry Tulasne, qu'il quittera à l'issue de la semaine, a déjà rajouté une ligne à son palmarès sur la terre battue de Bucarest au mois d'avril. Avec un nouveau trophée, il égalerait Guy Forget qui s'est arrêté à onze récompenses, dont deux Masters 1000 à Cincinnati et Paris-Bercy. Deux titres de marque que le Niçois n'a jamais épinglés sur sa veste de tennisman.
S'il n'a jamais gagné face à Gasquet, Simon aura tout de même une autre statistique pour lui : en douze finales jouées sur le circuit, il n'en a perdu que deux : une en Masters 1000 à Madrid en 2008 face à Andy Murray (6-4, 7-6) et une autre en Espagne, à Valence, en 2006 face à Nicolas Almagro (6-2, 6-3). Soit un pourcentage de réussite intéressant de 83% en finale, plus du double de celui de Richard Gasquet, vainqueur de six titres en quinze finales (40%). Le Biterrois n'est pas le pire dans cette catégorie, Gaël Monfils étant celui qui a subi le plus de défaites (13 en 17 finales), juste devant Cédric Pioline (12 en 17 finales).
A Kuala Lumpur, Julien Benneteau jugera bon de briser un autre signe indien : en six tentatives, le Bressan n'a jamais connu la réussite en finale (Lyon, Casablanca en 2006, Kitzbühel 2009, Marseille 2010, Winston-Salem 2011 et Sydney 2012). Après sa belle performance face à David Ferrer (cinquième mondial et tête de série N.1 en Malaisie) en demi-finale, le 34e mondial espère enfin ouvrir son compteur face à Juan Monaco qui a déjà remporté six titres ATP, dont trois cette saison. S'il y parvenait, il serait le 29e Français de l'ère Open à s'imposer au moins une fois dans un tournoi ATP.

DPPI