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ATP World Tour Finals - Pour Nadal, Federer est l'exemple à suivre

Pour Nadal, Federer est l'exemple à suivre

Le 14/11/2017 à 11:34Mis à jour Le 14/11/2017 à 12:57

ATP WORLD TOUR FINALS - Rafael Nadal a fait tout ce qu'il a pu lundi soir contre David Goffin. Manifestement diminué par son genou endolori, le numéro un mondial a tenu à se battre jusqu'au bout. Mais il a perdu, avant d'annoncer qu'il quittait le tournoi. Il doit à tout prix se forcer à se ménager. Comme a su le faire un certain Roger Federer cette saison...

Pour tout dire, quand Rafael Nadal a annoncé tard lundi soir que son Masters et sa saison s'arrêtaient là, personne n'a vraiment été surpris. Quelques minutes plus tôt, il venait de s'incliner en trois sets contre David Goffin. A le voir grimacer et trainer la patte, on se doutait bien que son espérance de vie à Londres était à peine plus élevée que celle d'un hérisson traversant l'autoroute. Et la manière dont il a salué le public de l'O² Arena après le match s'apparentait davantage à une façon de dire au revoir qu'à un traditionnel remerciement poli d'après-défaite.

Comme à Bercy, le numéro un mondial a donc mis la clé sous la porte prématurément à cause de son genou en vrac. C'est toute sa fin de saison qui se sera terminée en queue de poisson. Depuis sa finale perdue à Shanghai contre Federer le mois dernier, il n'a été présent que virtuellement : forfait à Bâle, un match à Paris avant de partir et idem à Londres. Evidemment, il est tentant de se demander pourquoi il est allé au Masters. Lors de sa conférence de presse d'avant-tournoi, il avait glissé que s'il pensait ne pas pouvoir défendre pleinement ses chances, il ne serait pas venu. Mais contre Goffin, il est vite devenu évident qu'il n'était pas à 100%. Loin de là.

Etre plus égoïste

Sachant qu'il avait assuré la place de numéro un mondial en fin de saison dès Bercy, à quoi bon prendre le risque de s'aligner à Londres ? Avec ce genou-là, il n'avait quasiment aucune chance de remporter un titre que, même à 100%, il n'a jamais réussi par le passé à épingler à son palmarès. Il a d'ailleurs avoué avoir pris sa décision pendant le match contre David Goffin. Victoire ou défaite, il allait se retirer. Preuve que la douleur était trop forte et j'ai peine à croire qu'il ne le savait pas en amont. On parle d'un problème récurrent depuis des semaines ; il y avait eu l'alerte à Shanghai, le retrait à Bercy et il devait bien sentir ces derniers jours à l'entraînement que la situation ne s'améliorait pas franchement.

Alors, à quoi bon ? Pourquoi ? Sans doute parce que son goût de la compétition est plus fort que tout. Plus fort que la raison. Le renoncement n'est pas dans son ADN. Je ne dirais même pas qu'il a voulu essayer, pour voir. Je pense juste qu'il en a fait une question d'honneur et de principe. En jouant lundi, Nadal a respecté le tournoi et son sport. "J'avais un engagement envers le tournoi et envers moi-même", a-t-il dit.

C'est louable, remarquable même, mais l'Espagnol va aussi devoir penser à lui. Peser les poids respectifs des risques et des gains potentiels. Dans le cas du Masters, il y avait sans doute trop peu à gagner pour lui au regard du risque d'aggravation de sa blessure. Je n'irai pas, comme Greg Rusedski lundi soir sur Sky Sports, jusqu'à dire que Nadal doit se montrer plus "smart" dans sa manière de se gérer, mais il doit sans doute devenir plus pragmatique. Plus égoïste, d'une certaine manière, et ranger ses états d'âme. Comme un certain Roger Federer a su le faire.

24 matches de plus que Federer avant Londres

En amputant sa saison d'un quart du programme lorsqu'il a purement et simplement zappé la saison sur terre battue au printemps, le Suisse n'a pas lésiné. Il a pensé à lui et à lui seul. Idem pour Bercy en fin de saison. Mais sa gestion lui aura permis d'être compétitif en permanence quand il s'est aligné. Et cette semaine, alors que Nadal repart à l'infirmerie, il apparait comme l'immense favori de ce Masters.

Avant d'arriver à Londres, Federer avait joué 53 matches cette saison. Nadal 77. Sans se montrer aussi extrême que le Bâlois (après tout, il a cinq ans de moins), Rafa aurait peut-être intérêt à se montrer plus parcimonieux. Est-il nécessaire de jouer en février pour lui, comme il l'a fait à Acapulco ? Doit-il s'accorder, au moins une fois dans la saison, une vraie plage de repos ? Ce sont les questions qu'il doit se poser.

Surtout, à la moindre alerte significative, il aurait sans doute intérêt à mettre le clignotant de façon plus radicale. Car il serait quand même dommageable que son effort londonien puisse compromettre son début de saison 2018. "Ça ne changera pas ma vie si je ne joue pas en Australie", a-t-il soufflé. Certes, mais en quoi aurait-elle changé s'il n'avait pas joué à Londres ? Nadal doit se protéger. C'est aussi le rôle de son staff. Revenu au sommet dans des proportions inespérées cette année, le Majorquin a tout pour continuer à briller au plus haut niveau. A condition de penser un peu plus à lui.

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