Tennis - Coupe Davis
07/03/2010 - 11:41Forget: "La mayonnaise a pris"

Guy Forget se montre satisfait de la qualification très propre obtenue face à l'Allemagne au premier tour de la Coupe Davis, ce week-end, à Toulon. Le capitaine de l'équipe de France est surtout heureux de voir que les personnalités très différentes qui composent son groupe semblent se compléter.
Guy FORGET, une victoire en double et la qualification est au bout…
G.F. : Quel bonheur pour le capitaine que je suis ! Je vais passer une bonne nuit ce soir. Je ne vais stresser jusqu’à dimanche après-midi. Au-delà de la qualification et de la victoire, les débuts de Julien Benneteau m’ont fait très plaisir. Il a été impérial dès le début, même s’il a ensuite connu une baisse de régime dans le troisième set. Epaulé par Mika, il arrive à gagner cette rencontre. Ils font gagner l’équipe. C’est chouette, car il y a eu plein de petits signes tout au long du week-end.
Quels étaient ces signes justement ?
Déjà, il y avait pas mal d’inconnues par rapport à Gaël. On se souvient de son week-end à Maastricht, l’an passé. Je sais qu’il avait hâte, dans des conditions différentes, de montrer son vrai visage. Il a fait plus que le montrer car il était vraiment très efficace, constant, concentré. Il a livré le match que je souhaitais qu’il fasse. Je vais vous faire une confidence. Il a beaucoup mieux joué sur ce match que sur ce qu’il faisait à l’entraînement ces derniers jours. C’est probablement son meilleur match de l’année. Il fallait le sortir hier. Il l’a fait et c’est vraiment une grande satisfaction. Pour Julien Benneteau, même s’il a déjà vécu des victoires dans des grands tournois en double, une sélection en Coupe Davis n’est jamais simple. Il a répondu présent. Il a été maître de ses émotions. C’est une solution supplémentaire pour cette équipe de France de Coupe Davis. Voilà, plein de points positifs.
Et il y a aussi Richard Gasquet et Gilles Simon…
G.F. : Cela faisait longtemps que je n’avais pas vu six garçons vivre un week-end tous ensemble. Ce sont des garçons qui sont très proches et qui s’entendent bien. Ils ont envie de faire partie de l’aventure. Je crois qu’aujourd’hui, c’était symbolique de voir Richard et Gilles porter les sacs sur le terrain de Julien Benneteau et de Michaël Llodra. C’était un petit clin d’œil. Cela a un peu chambré mais ils l’ont fait avec bon cœur et les connaissant un petit peu, ils ont hâte d’être à nouveau les acteurs de cette campagne. Ils étaient présents ici pour montrer qu’ils soutenaient les autres mais aussi qu’à un moment donné, ce sera peut-être l’inverse. Je crois que c’est une saine émulation.
C’était symbolique de voir les six joueurs au milieu du court communier avec le public…
G.F. : Je leur ai répété depuis des semaines et de nombreux mois. La Coupe Davis, ce n’est pas le truc d’un numéro 1 français ou d’une ou deux personnes. C’est pour l’équipe toute entière. Je leur ai dit : « Vous allez avoir besoin de Pierre, Paul, Jacques, car à un moment donné, vous aurez une défaillance, une blessure. Une combinaison de double ne pourra pas être effectuée à ce moment là et il faudra être polyvalent. Il faudra se serrer les coudes. » Une nouvelle fois, le fait de les voir tous les six ici, cela illustrait très bien ce que le staff essaie de mettre en place dans cette équipe.
Ce n’était qu’une victoire au premier tour, mais on a l’impression que
c’était
plus que ça…
G.F. : Je suis très prudent quand on parle de ce genre de chose parce qu’effectivement, il y a des gens qui me disent que c’est fabuleux. Mais attention, on a gagné le premier tour. On a battu l’Allemagne. On était favori sur le papier même si ce n’était pas une rencontre forcément simple. On risque maintenant de jouer l’Espagne qui est double tenante du titre avec Rafael Nadal et Fernando Verdasco. Ils seront favoris contre nous. Il va falloir mettre la barre très haute pour essayer de les battre. L’esprit d’équipe, les blagues et la bonne entente entre les joueurs ont souvent été présents mais maintenant ce qui est important, c’est la qualité des joueurs le jour J sur le terrain. C’est pour ça que l’on gagne. C’est sympa, mais c’est de la décoration. L’ambiance est importante bien sûr, mais sur le terrain, il va falloir battre Nadal, Verdasco… Aujourd’hui, le décor est planté. Que ce soit Gaël, Gilles, Jo, Mika ou Bennet’ et il y en aura peut-être d’autres à ce moment là, ils savent à quel point cela va être difficile. A nous de répondre présent le jour J et surtout d’être capable de battre ce genre de joueurs.
Si vous affrontez l’Espagne en quart de finale, ce sera un véritable test…
G.F. : Ce sera beaucoup plus qu’un test ! C’est une montagne à gravir ! On joue au tennis pour jouer ce genre de match. On avait affronté l’Espagne il y a quelques années (NDLR : en demi-finale en 2004), on avait perdu. On va essayer de prendre une petite revanche chez nous. On va parler de la surface, de la vitesse du court, des balles. Va-t-on jouer en indoor ou à l’extérieur ? Il va falloir aborder tous ces sujets avec la Fédération pour voir quels sont les différents endroits susceptibles d’accueillir une telle rencontre. On a tout cela dans un coin de notre tête. Ce qu’il faut maintenant souhaiter d’ici là, c’est que les garçons jouent bien, notamment en Grand Chelem. D’abord à Roland-Garros, puis à Wimbledon dans la foulée. Si on pouvait faire des quarts, des demies, voire des finales – soyons rêveurs – cette équipe serait encore plus forte qu’elle ne l’est aujourd’hui.
Comment se passe la vie au sein de ce groupe qui commence à bien se connaître maintenant ?
G.F. : Cela se passe très bien. Encore une fois, les garçons sont différents. Chacun avance à sa vitesse. Ils ont leurs habitudes. Dans ce groupe, je suis un peu le chef d’orchestre. Mon rôle, c’est de passer des messages aux uns, aux autres, de faire en sorte que la mayonnaise prenne. Là, elle a pris. On l’a vu de par les résultats sur le court. Vous savez, Gaël est différent de Jo. Jo est différent de Richard, mais ils ont compris qu’ils ont un intérêt commun dans cette aventure et ils se serrent les coudes. Maintenant, il va falloir oublier un peu ce qui s’est passé à Toulon, que l’on se retrouve au mois de juillet avec cette même envie, ce même esprit d’équipe, cette même qualité tennistique. Je vais les suivre dans les prochaines semaines sur le circuit pour faire une petite piqûre de rappel – comme les vaccins – pour être prêt à en découdre avec une équipe qui sera plus forte que nous.
Mais plus précisément, pouvez-vous nous décrire l’ambiance au sein de ce groupe ?
G.F. : Pour ceux qui ont une famille et des enfants, vous savez ce que c’est. On s’adore, on s’aime, mais parfois aussi on s’engueule, on se chamaille, on rigole, on se prend dans les bras, et c’est ce qui fait le charme d’une vie d’équipe. Ce sont plein de moments différents. Aujourd’hui, les garçons ont plaisir à vivre ce genre de choses. Ce sont des émotions, pour l’instant fortes et belles, mais il faudra aussi savoir passer les obstacles, en gardant cette solidarité.
Vous avez maintenant pas mal de campagnes de Coupe Davis derrière vous. Et notamment celle de 2001. Après la victoire de Gand, en Belgique, au premier tour, il s’était passé quelque chose. Ressentez-vous la même chose après cette victoire ?
G.F. : Je suis trop terre à terre pour essayer de trouver des éléments de comparaison. Je vis les choses au jour le jour et j’essaie d’éliminer tous les parasites qui peuvent perturber le groupe, de faire des choix judicieux par rapport au groupe. Aujourd’hui, je me projette jusqu’au mois de juillet. Je sais que cette prochaine rencontre va être difficile. Je ne veux pas penser dès maintenant à une éventuelle finale ou victoire alors que l’on en est tellement loin…















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